Wiggins en jaune avec ses coéquipiers Cavendish et Froome
Wiggins en jaune avec ses coéquipiers Cavendish et Froome | JOEL SAGET / AFP

Wiggins reste vigilant

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A la veille de la première grande étape des Pyrénées, et à quelques jours de l'arrivée sur les Champs Elyseées, Bradley Wiggins croit de plus en plus à son étoile. Conforté par la solidité de son équipe, il a tous les atouts en main pour ramener le maillot jaune à Paris. Il s'est exprimé mardi à Pau lors de la journée de repos. Il sait que rien n'est fait, qu'il ne faudra pas relâcher son effort ni sa vigilance. Le Tour n'est pas encore gagné pour lui, et il sait que, en revanche, tout excès de confiance peut lui faire perdre.

Vous attendez-vous à une étape difficile mercredi ?
"Elle n'est pas plus difficile que celles que nous avons faites jusqu'à présent. On va continuer ce qu'on fait depuis le début de l'année, courir en équipe. Je ne fais pas de scénarios, on verra ce qui se passe sur la route. On évite de trop anticiper. Même avec le Tourmalet. C'est une ascension aussi difficile que les autres. Le Tourmalet, c'est une montée, il y a du goudron, peu importe le nom que ça a. Il faut la monter en vélo, peu importe où l'on est."

Redoutez-vous la chaleur annoncée ?
"On y est préparé. On s'est entraîné à Tenerife cette année et il faisait bien plus chaud que ça. On n'a pas laissé ça au hasard."

Que craignez-vous le plus ?
"Je ne crains rien. Il faut juste s'appliquer à réaliser une bonne performance chaque jour. C'est tout ce qu'il y a à faire, chaque jour. Qu'y a-t-il à craindre ? Ce n'est qu'une course cycliste. Il faut continuer à faire ce qu'on fait depuis le début de l'année et puis ce qui doit arriver arrivera."

Votre équipe montre une grande solidité...
"Dave (Brailsford, manager général) dit qu'on est une équipe de stars, mais notre équipe en elle-même est une star. On l'a montré dans chaque course qu'on a courue cette année, quelle qu'ait été la composition. On se fait une fierté de rouler en équipe, d'arriver avec un plan de course, de le respecter, de travailler les uns pour les autres. Sur le vélo et en dehors, on se
soutient. Chaque coureur peut faire quelque chose sur le Tour. J'ai de la chance d'être leader de cette équipe. Ça ne se reproduira peut-être plus en cyclisme. On montre le chemin et on pose un précédent et un exemple à tout le monde."
   

Comment abordez-vous ces jours qui vous séparent d'une possible victoire ?
"Il faut courir tous les jours avec la même intensité que si c'était le dernier du Tour. C'est ce qu'on fait depuis le début et c'est ce qui nous a amenés dans cette position. Le jour où tu te relâches et tu te dis +C'est fini+. Ce jour-là, tu peux perdre le Tour. Ce n'est jamais fini."

Qu'est-ce qui vous motive aujourd'hui.
Simplement réaliser le meilleur de moi-même. Ces dernières années j'ai  échoué en tant qu'athlète. Avec les bonnes personnes pour m'entourer, j'ai pris conscience de mon potentiel. Quand on prend sa retraite, et qu'on regarde en arrière et qu'on a fait ça, on est satisfait. C'est ce à quoi tout le monde aspire dans la vie."

Votre vie va changer si vous gagnez dimanche ?
"Je veux juste retourner à une vie normale et j'espère que les choses ne changeront pas, même si je comprends que certaines changeront. Mais c'est bien d'être reconnu pour avoir réalisé quelque chose. La culture britannique est pleine de gens célèbres pour n'avoir rien réalisé. C'est bien d'être arrêté dans la rue pour ce qu'on a fait. C'est un sentiment agréable. Et puis j'ai la
chance d'habiter à Wigan, où tout le monde s'en moque de qui tu es. Pour l'instant, je ne mesure pas trop l'attente qui m'entoure. Pendant le Tour, on vit dans une bulle. On a une routine instituée: on se lève, on mange, on boit, on court, on retourne au lit, les massages... On n'a pas beaucoup de temps pour appeler la famille. On ne sait pas ce qui se passe dans le reste du monde."

​Aiderez vous Chris Fromme l'année prochaine ?
On va d'abord finir ce Tour. "On est un groupe soudé et on l'a été toute l'année, c'est pour ça qu'on en est là. Quoi qu'il arrive, je fais partie de cette équipe et je veux en faire partie jusqu'à la fin de ma carrière. Le but, c'est la réussite de l'équipe, je veux faire partie d'une équipe qui réussit quelle qu'en soit la composition l'année prochaine, quel qu'en soit le leader". Cette année, j'ai été désigné pour mener l'équipe sur le Tour, j'ai endossé cette responsabilité et j'ai répondu aux attentes jusqu'à présent. "e suis entouré de coureurs de grand talent y compris Chris Froome, qui a le potentiel pour gagner le Tour, sans aucun doute, sinon il ne serait pas deuxième du classement général. Il gagnera le Tour un jour et je serai là pour l'aider. Quant à savoir ce que je ferai l'année prochaine si je gagne dimanche ? Je dois encore penser au contre-la-montre des jeux Olympiques. Quand tout ça sera fait, je rentrerai chez moi, je reviendrai à la réalité...Une fois que tout sera retombé, je penserai à tout ça, je réfléchirai à mes objectifs"

Christian Grégoire