Wiggins peloton dauphiné 052012
Bradley Wiggins | AFP-Pavani

Wiggins impressionne, Andy Schleck renonce

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A mois de trois semaines du Tour de France, voici un petit baromètre des coureurs susceptibles de faire parler d'eux lors du grand rendez-vous cycliste de l'année.

Sur la pente ascendante

Bradley Wiggins
Vainqueur du Critérium du Dauphiné dimanche, le coureur britannique est à la fois sûr de lui, et dans une forme qui le place forcément parmi les favoris de la Grande Boucle. A 32 ans, l'ancien pistard a fait parlé de lui cette année à chacune de ses prestations, comme dans le contre-la-montre du Tour d'Algarve ou encore celui du Col d'Eze dans Paris-Nice. "La question n'est pas de savoir si je vais gagner le Tour, mais quand", disait le coureur de la formation Sky l'an passé. Il semble cette année en bonne voie pour devenir le premier Britannique à remporter le Tour de France.

Cadel Evans
Le vainqueur de la dernière édition monte en puissance, et c'est peut-être sa stratégie qui pourrait s'avérer la plus judicieuse. Le leader de la BMC ne s'est pas brûlé les ailes dans le Dauphiné, mais a démontré qu'il avait du répondant dans les moments clés, avec une notamment une victoire d'étape. "Je ne suis pas du tout inquiet", a même indiqué l'Australien après sa troisième place décroché à Châtel.

Michael Rogers
Victime d'une mononucléose l'an passé, le champion d'Australie du contre-la-montre 2009 avait dû renoncer à sa participation au Tour. Cette fois, celui qui avait notamment terminé neuvième du Tour de France 2006, devrait être un précieux coéquipier de Wiggins. Deuxième du Dauphiné à 1 min 17 sec de son leader, il en a sous la pédale.

Vincenzo Nibali
Un peu comme Evans, l'Italien prend confiance au fil des semaines. Si l'Italien n'a terminé que 28e du Dauphiné, c'est surtout en raison d'une défaillance dans la sixième étape (Joux-Plane). "Je n'étais pas dans un bon jour. J'ai préféré monter Joux-Plane à mon rythme. Je l'ai pris comme un entraînement", a expliqué le membre de l'équipe Liquigas. Le Sicilien avait notamment répondu présent dans la cinquième étape aux côtés d'Evans. "J'espère avoir un bon classement final, mais j'irai le plus tranquille possible", avait prévenu Nibali…

Jérôme Coppel
Côté Français, on cherche évidemment toujours le successeur de Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore sur le Tour en 1985. Si concernant le général on peut rester optimiste pour Pierre Rolland, le coureur français en forme de la semaine passée s'appelait Jérôme Coppel. Premier Tricolore du classement final dans le Dauphiné (17e), Coppel qui avait terminé 13e (après déclassement de Contador) de la dernière Boucle semble de nouveau sur la bonne voie.

Sur la pente descendante

Andy Schleck
Le cadet des frères Schleck  (RadioShack), vainqueur du Tour 2010 sur tapis vert, vient de jeter l'éponge pour 2012. Le Luxembourgeois vient de déclarer forfait suite à sa chute (fracture du bassin) lors du Critérium du Dauphiné. Deuxième du Tour 2011, Andy Schleck  (27  ans) n'avait raté aucune édition de la Grande Boucle depuis ses débuts dans  l'épreuve en 2008. Le 29 mai, Andy Schleck  avait reçu le maillot jaune le récompensant pour ce succès avant qu'il se présente au départ du Dauphiné. Mais cette épreuve, qui devait lui permettre de se relancer pour juillet  après des ennuis répétés cette saison, s'est transformée en cauchemar pour le  Luxembourgeois, contraint à l'abandon samedi sur la route de Morzine. Il sera le grand absent de la bataille de juillet.

Frank Schleck
Les doutes sont moins importants pour l'aîné des frères Schleck. Son abandon sur le Giro n'est pas très bon pour le moral, mais il assure ne pas avoir douté de sa condition. Deuxième de la deuxième étape du Tour de Suisse, le Luxembourgeois a endossé le maillot vert de meilleur grimpeur, mais il semble encore loin de son meilleur niveau.

Denis Menchov
Sa 42e place au Dauphiné traduit sa méforme. Denis Menchov n'a pas pris le moindre risque du début à la fin. Troisième du Tour 2010, double vainqueur de la Vuelta (2005, 2007) et vainqueur du Giro 2009, le Russe n'a aujourd'hui plus rien d'un leader, et c'est ainsi qu'on l'a vu au service de son coéquipier espagnol Daniel Moreno.

Rein Taaramae
Plus jeune coureur classé au classement UCI en 2004, l'Estonien avait terminé l'an passé 11e du Tour, ce qui lui offrait un avenir prometteur sur les routes de la Grande Boucle. Mais cette année ne s'est pas déroulée comme il l'entendait. Victime lui aussi d'une mononucléose après Paris-Nice, Taaramae s'est fracturé le coude gauche sur le Tour de Castille-et-Leon... Il a malgré tout dû se contenter d'une 96e place sur le Dauphiné, mais ses déboires risquent de peser lourd dans sa préparation.

Thomas Voeckler
Il n'aura pas pu voir la ligne d'arrivée du Dauphiné. L'Alsacien souffrait trop au genou pour pouvoir reprendre le vélo dimanche, lors de la dernière étape. Le quatrième du Tour 2012 s'est dit "peu rassuré" à trois semaines du grand rendez-vous. Voeckler qui avait porté le maillot jaune pendant dix jours l'an passé a toutefois démontré à maintes reprises qu'il avait un moral de guerrier et qu'il savait rebondir dans l'adversité. Voeckler sait aussi qu'il lui reste encore trois semaines pour se remettre sur les bons rails.

Romain Bonte