Jean Patry (au centre) entouré de Nicolas Le Goff (à gauche) et de Jenia Grebennikov (à droite)
Jean Patry (au centre) entouré de Nicolas Le Goff (à gauche) et de Jenia Grebennikov (à droite) | MAXPPP

Volley : Patry et les Bleus visent la tête

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Laurent Tillie, le sélectionneur de l'équipe de France de volley, savoure l'éclosion au poste de pointu du jeune Jean Patry, qui a remplacé au dernier moment l'habituel titulaire Stephen Boyer. Les Bleus affrontent mercredi les Pays-Bas pour le dernier match du groupe (20h45) avec, en ligne de mire, la première place.

"Jean Patry peut nous emmener aux JO !" profère Laurent Tillie, le coach des Tricolores. Meilleur marqueur bleu des deux premiers matches de la France au tournoi de qualification olympique cette semaine à Berlin, Jean Patry sera encore sollicité mercredi, pour un premier match couperet : contre les Pays-Bas (20h45), une victoire qualifierait automatiquement les Français pour les demi-finales. Une défaite pourrait les éliminer.

Les Néerlandais sont déjà hors-jeu, mais le capitaine français Benjamin Toniutti redoute néanmoins "un match compliqué, parce qu'on ne sait pas avec quelle formation ils vont jouer, ils ne vont avoir aucune pression". Il restera ensuite deux matches pour atteindre le nirvana : seul le vainqueur de la finale vendredi décrochera un ticket pour les Jeux de Tokyo.

Ce ballottage favorable, la France l'a arraché en battant les favoris serbes, champions d'Europe il y a trois mois, 3-0 dès le premier match, puis en contraignant les Bulgares au tie-break : une défaite 3-2 qui lui a néanmoins permis de marquer un point précieux.

La "métamorphose" de Patry

Contre la Serbie, Patry a marqué 22 points, et 20 encore contre la Bulgarie. Lui qui n'avait jamais été titulaire au poste crucial de pointu lors d'un grand tournoi avec l'équipe de France! Et qui doit sa place à l'absence de Stephen Boyer, révélation et meilleur marqueur de l'Euro 2019, pour raisons personnelles.

L'attaquant de 23 ans peut-il emmener la France aux JO ? "S'il continue comme ça, oui. Ce qui n'était pas du tout évident il y a trois jours", sourit Laurent Tillie, heureux d'avoir fait confiance à un joueur qui a connu un passage à vide la saison dernière à Montpellier, avant de se régénérer en partant jouer à Latina, un grand club italien. "Cet été, ça allait mal pour lui, on lui a fait confiance, on n'a pas mis de pression", explique le coach, "et là il se prend en charge. Il a une hygiène de vie remarquable, il a pris un préparateur mental, il est allé se mettre dans un championnat difficile, et ses deux premiers matches ici à Berlin sont vraiment très concluants".

Tillie voit même "une métamorphose" dans les progrès de son pointu : "Il est plus serein, plus agressif, alors qu'il était parfois trop timide, trop gentil. Et il a progressé aussi dans la régularité. La qualité d'entraînement est bien meilleure en Italie, comme la qualité des oppositions".

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Duel de pointus

Pour l'expérimenté Toniutti, qui a dépassé la barre des 300 sélections lors de l'Euro-2019, le début de tournoi réussi de Patry n'est pas une surprise : "On connaissait son potentiel. C'est un joueur qui a beaucoup de qualités, il fallait juste que mentalement il débloque quelque chose, et il est en train de le faire".

Patry, lui, reçoit ces compliments avec humilité. "J'avais un peu de pression avant le premier match. Passer pointu titulaire sur un tournoi de qualification aux Jeux olympiques, c'est pas rien!", admet-il. Mais son expérience italienne l'a fait mûrir très rapidement : "J'ai passé un cap au niveau de mon volley", assure-t-il. "Je me sens plus en confiance, avec plus d'assurance, physiquement je me sens bien".

Il reste maintenant à confirmer sur la durée, et sans joker! Jusqu'à la finale, tous les matches sont désormais des matches couperets. Face à lui mercredi, Patry trouvera l'un des tous meilleurs pointus du monde, le capitaine néerlandais Nimir Abdel-Aziz, qui évolue aussi en Italie, à Milan. De l'issue de leur duel dépendra en partie le sort olympique des Bleus.

AFP