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La joie des volleyeurs brésiliens | AFP - Christophe Simon

Troisième sacre de rang pour le Brésil

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Après 2002 et 2006, le Brésil a été sacré champion du monde de volley-ball pour la troisième fois de suite en dominant de la tête et des épaules Cuba 3-0 (25-22, 25-14, 25-22) en finale dimanche à Rome. Ce n'est que la deuxième fois de l'histoire qu'une équipe réussit une telle performance après la grande Italie des années 90. La Serbie obtient la médaille de bronze après avoir battu l'Italie. La France termine onzième.

Au Brésil, les problèmes de succession n'ont pas l'air d'exister, tant le réservoir est riche en joueurs d'exception. Pour la première fois depuis 10 ans,  l'entraîneur Bernardinho a laissé sur le banc le meilleur joueur des années 2000, Giba, sans pour autant mettre son équipe en péril. Avec les joueurs comme Murilo (élu meilleur joueur de ce Mondial), Dante, Vissotto et Lucas, les Brésiliens ont pu continuer à écrire les grandes lignes de l'histoire du volley. Même diminués par les pépins physiques de leurs deux passeurs, Marlon et Bruno, les Brésiliens ont dominé le tournoi dans lequel ils ont toutefois encaissé deux défaites, dont une face à Cuba (3-2) au premier tour.

Cette première défaite les avait conduits à perdre volontairement contre la Bulgarie pour éviter de retrouver les Cubains dès le troisième tour. L'épisode restera comme une vraie tache pour les Auriverde dans ce Mondial, et les  sifflets du public italien les ont dès lors accompagnés jusqu'au bout. Mais sur le terrain, ils sont restés intouchables, et Cuba n'a pas pesé  davantage dimanche que l'Italie la veille. Dans un match à sens unique, les  Brésiliens ont appliqué la même recette, imprimant une grosse pression en début  de set (9-3 au premier, 7-1 au deuxième) pour mettre les Cubains dans le rouge.

Brillants techniquement, les Brésiliens ont également impressionné par leur  puissance au service. Cuba, en revanche, a multiplié les erreurs, à l'image de son passeur Hierrezuelo, payant clairement son manque d'expérience. La plus jeune équipe du tournoi a aussi semblé manquer de fraîcheur après  avoir joué quatre de ses huit premiers matches en cinq sets. Sa médaille  d'argent, la deuxième dans un Mondial après 1990, reste cependant un bel exploit  pour une équipe dont le leader, Wilfredo Leon, n'a que 17 ans.


Réactions:
Vissotto (attaquant de pointe de l'équipe du  Brésil): "La plus grande équipe de l'histoire, je ne sais pas. Ce que je sais  c'est qu'on joue avec beaucoup de coeur, on aime le Brésil, on est comme des  guerriers. Ce qui est très beau, c'est qu'on a changé beaucoup de joueurs  pendant toutes ces années sans que le niveau ne baisse. Notre système est  génial. On a une équipe très complète, avec des jeunes qui ont beaucoup de  talent et des anciens qui apportent leur expérience. J'espère qu'on saura garder  ce niveau de jeu pendant longtemps encore. Aujourd'hui, l'expérience a fait la  différence. Cuba a une équipe très forte mais aussi très jeune."

Giba (capitaine de l'équipe du Brésil): "C'est difficile de trouver les mots... Nous sommes très très heureux. On est passé par des moments difficiles pendant ces trois semaines en Italie. Il s'est passé beaucoup de choses, on a eu des adversaires difficiles. Mais nous sommes restés solidaires et unis. On a une nouvelle fois formé une famille. Pour moi, c'est un sentiment incroyable. C'était mon dernier Championnat du monde. Cette fête restera toujours gravée dans mon coeur. Maintenant, il faut continuer à travailler en vue des jeux Olympiques à Londres. Moi, j'ai toujours autant de passion pour ce jeu. Je continue, je suis là pour aider l'équipe. Le Brésil a beaucoup de grands joueurs, je veux être présent pour contribuer au développement de l'équipe."

Orlando Blackwood (sélectionneur de l'équipe de Cuba): "Félicitations à l'équipe brésilienne, elle a fait un grand match, même si on lui a certainement facilité la tâche ce soir. Mon équipe est jeune et les joueurs ont encore besoin de grandir. Le championnat cubain ne dure que trois semaines, c'est très difficile dans ces conditions de travailler la tactique."

Gilles Gaillard