L'équipe de France
Le Roux, Rouzier, Grebennikov, Tillie et Toniutti, les cadres de l'équipe de France | AFP - VANDERLEI ALMEIDA

Russie, Pologne, France, dans l'enfer du TQO de Berlin

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Pour la première fois, les champions olympiques en titre (la Russie), les champions du monde en titre (la Pologne), et les champions d'Europe et vainqueurs de la Ligue mondiale (la France) vont batailler pour se qualifier pour les Jeux Olympiques. A Berlin, seule l'équipe victorieuse du tournoi qui réunit huit équipes (Belgique, Allemagne, Serbie, Bulgarie et Finlande en plus) aura son ticket pour Rio-2016.

"Il y a beaucoup de rancoeur, mais on ne peut rien changer. Elle va peut-être nous donner un coup de pouce parce que c’est une forme d’injustice. Et moi, l’injustice c'est ce qui me répugne le plus au monde. Ca nous motive encore plus." Antonin Rouzier, pointu de l'équipe de France sacré MVP du dernier Euro, nous faisait part, en octobre dernier, de son état d'esprit face à un mode de qualification incompréhensible dans le volley. En effet, la Fédération internationale a réussi à mettre sur pied un système qui aboutit au fait que, à ce jour, le champion olympique en titre, le champion du monde en titre, et le champion d'Europe en titre, n'ont pas leur qualification en poche pour les prochains Jeux Olympiques. Et s'ils veulent voir Rio, le choix est simple: remporter ce TQO européen, ou au pire, finir sur le podium pour disputer un autre tournoi de qualification olympique, intercontinental celui-là, qui se déroulera au Japon du 14 mai au 5 juin, et qui délivrera trois tickets pour les Jeux.

Aujourd'hui, trois équipes ont déjà composté leur ticket pour le Brésil: les Etats-Unis et l'Italie, respectivement 1er et 2e d'une Coupe du monde à laquelle la France n'a pas participé, et l'Argentine, victorieuse du TQO sud-américain. Le Brésil, en tant que pays organisateur, y est également. A Berlin, le droit à l'erreur sera interdit. Le tirage au sort a placé les Français dans le même groupe que les champions olympiques russes (également champions d'Europe 2013), qu'ils affrontent d'entrée mercredi, mais aussi les Bulgares, que les Bleus avaient éliminés en demi-finale de leur Euro en octobre dernier après avoir été menés (2-0), et les Finlandais. De l'autre côté, la Pologne, championne du monde à domicile en 2014, devra se coltiner la Serbie, éliminée par les Français en quarts de l'Euro après avoir pris le bronze en 2013 et l'or en 2011, l'Allemagne, en quête d'une troisième qualification olympique consécutive, et la Belgique, qui a passé un cinglant (3-0) en amical aux Français la semaine dernière. Seuls les deux premiers de chaque groupe intègre les demi-finales, où le 1er du groupe A affronte le 2e du groupe B et inversement.

Pour la France, la qualification passe par cinq matches en cinq jours

Première équipe dans l'Histoire à avoir remporté coup sur coup la Ligue mondiale et l'Euro, l'équipe de France aura un handicap majeur. Elle est en effet la seule, avec la Bulgarie, à avoir un calendrier qui ne lui laisse aucun jour de repos de son entrée dans la compétition à la finale. Pire encore, lorsqu'elle affronte la Finlande à 20h30, elle aura joué la veille à 20h30 contre les Russes tandis que les Finlandais auront joué le même jour à 15h. Et le lendemain, les Bleus défieront la Bulgarie, qui aura disputé son match contre les Russes à 18h.

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Après un été chargé en raison de son long parcours en Ligue mondiale puis de l'Euro, avec des joueurs qui disputent presque tous la Ligue des Champions avec leur club, les organismes, déjà fatigués, seront soumis à un rythme infernal. "On a réussi a retrouver une certaine fraîcheur physique et mentale", a indiqué Laurent Tillie à la veille du début du TQO. Suffisant pour être parmi les trois meilleures équipes à Berlin ? En décidant de se passer d'un libéro remplaçant (Nicolas Rossard) pour avoir un réceptionneur-attaquant (son cousin Thibault Rossard), le sélectionneur s'est offert une option de plus: "Avec cinq matches en cinq jours, j’ai plus besoin d’un réceptionneur-attaquant supplémentaire", a-t-il expliqué. "C’est aussi pour parer à d’éventuels soucis, sachant que certains joueurs, ces dernières semaines, ont eu quelques problèmes physiques, je pense à Julien Lyneel, Kevin Tillie et Nicolas Maréchal."

Les Russes sans Muserskiy

Pour être en capacité de défendre son titre olympique, la Russie a rappelé du monde: Vladimir Alekno, qui avait mené l'équipe à l'or à Londres, a repris les rênes de la formation qui avait fini la Ligue mondiale avec une seule victoire au compteur cet été. A l'Euro, cela n'a pas été suffisant pour franchir le cap de l'Italie en quarts de finale. Des joueurs importants ont été rappelés, mais Dmitriy Muserskiy, la star de l'équipe et ses 2.18m, a préféré décliner la sélection pour des raisons familiales, provoquant de grands débats dans le pays et même l'intervention de Vladimir Poutine. Rien n'y a fait. Mais les Russes demeurent les grands favoris pour remporter cette compétition avec, un cran derrière, la Pologne de Stéphane Antiga et la France de Laurent Tillie. Voir ses trois équipes sur le podium serait logique, au vue de leurs titres ces dernières années. Mais le sport réserve souvent des surprises.

Les group​es

Groupe A: Allemagne, Pologne, Serbie, Belgique
Groupe B: Russie, Bulgarie, France, Finlande

Le programme

Mardi 5 janvier
Finlande - Russie (15h)
Belgique - Allemagne (18h)
Serbie - Pologne (20h30)

Mercredi 6 janvier
Bulgarie - Finlande (15h)
Allemagne - Serbie (18h)
Russie - France (20h30)

Jeudi 7 janvier
Pologne - Belgique (15h)
Bulgarie - Russie (18h)
France - Finlande (20h30)

Vendredi 8 janvier
Serbie - Belgique (14h)
France - Bulgarie (17h)
Pologne - Allemagne (20h)

Samedi 9 janvier
Demi-finales à 16h30 et 19h30

Dimanche 10 janvier
Finales à 13h30 et 16h30