Earvin Ngapeth
Le volleyeur français Earvin Ngapeth | AFP - GUSTAVO SEREBRENICK

Nouveaux ennuis pour N'Gapeth

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Décidément, le dossier des frasques et des ennuis extrasportifs commence à devenir épais concernant Earvin N'Gapeth, l'enfant terrible du volley français, qui a reconnu devant la justice italienne avoir renversé la semaine dernière trois hommes avec sa voiture, à la sortie d'une boîte de nuit à Modène, ville où il évolue en club. L'une des victimes se trouve toujours dans un état grave.

Quelques jours après le renvoi en février  de son procès à Paris pour l'agression d'un contrôleur SNCF cet été, le réceptionneur-attaquant de 24 ans, a donc commis un autre méfait, mais celui-ci pourrait avoir des conséquences plus importantes. N'Gapeh s'est présenté au parquet après l'accident et a été laissé en liberté pour la durée de l'enquête, une disposition habituelle en Italie. "Je suis bouleversé et vraiment désolé" a écrit le joueur dans un communiqué diffusé par les médias italiens, exprimant l'espoir que les blessés soient vite guéris. Si deux des trois victimes n'ont été que légèrement blessées, le troisième, un homme de 41 ans, a dû être hospitalisé dans un service de réanimation. "Je demande pardon aux personnes impliquées, à leurs proches, au club, à mes coéquipiers, aux sponsors et aux supporteurs pour mon comportement", a insisté le joueur. Son club de Modène a annoncé sa suspension temporaire, en apportant son  soutien aux victimes mais en saluant aussi le fait qu'Earvin Ngapeth "assume ses responsabilités".

Incidents en série

Joueur au talent hors norme, doté d'un mental de fer et d'un bras en titane, Earvin Ngapeth a été le principal artisan du titre européen de l'équipe de France de volley en octobre. Mais ce nouvel épisode ternit encore un peu plus une image déjà largement écornée par plusieurs coup d'éclats peu reluisants et une série d'affaires judiciaires. En 2010, alors âgé de 19 ans, il était devenu le paria du volley français après avoir été débarqué de l'équipe de France en plein Mondial en Italie pour avoir insulté le sélectionneur de l'époque, Philippe Blain. Autre embardée dans sa carrière, son départ avec grand fracas de son ancien club, Kemerovo (Russie), pourtant entraîné par... son père, l'ancien international d'origine camerounaise Eric Ngapeth.

Hors terrain, et plus grave, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Montpellier pour une rixe dans une boîte de nuit en  août 2013. En Italie, il a écopé d'une amende pour conduite sans permis après avoir montré un faux permis camerounais lors d'un contrôle en 2011. Plus récemment, il devait comparaître le 2 novembre devant le tribunal correctionnel de Paris, accusé d'avoir frappé en juillet un contrôleur de la SNCF, pour tenter d'obtenir que le train attende un ami retardataire. L'incident lui avait valu d'être entendu par la police, deux jours après avoir été élu meilleur joueur du tournoi de la Ligue mondiale au Brésil. L'audience a été renvoyée au 22 février. Cette affaire d'accident à Modène, qui donnera sans doute lieu là aussi à une information judiciaire, vient s'ajouter à une liste qui pourrait bien finir par lasser  les responsables du volley français.

Christian Grégoire