Laurent Tillie
Laurent Tillie, le sélectionneur de l'équipe de France de volleyball | AFP - JOHN MACDOUGALL

Les hommes de Laurent Tillie sur tous les fronts

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Après avoir vécu ses plus belles années, l'équipe de France ouvre mercredi contre l'Islande (20h30) un nouveau chapitre de son histoire à Lyon lors des qualifications pour le Mondial-2018, en préambule d'un véritable marathon estival.

De mai à septembre, quatre compétitions sont inscrites au calendrier des Bleus, qui joueront cinq matches d'ici dimanche dans le Rhône. "Ce programme est pire que celui de l'an dernier", estime Benjamin Toniutti, passeur et capitaine du "Team Yavbou", qui avait offert ses deux premiers titres à la France, la Ligue mondiale 2015 puis le Championnat d'Europe la même année. En 2016, les Bleus avaient livré trois campagnes durant l'été avec la Ligue mondiale, un tournoi de qualification olympique puis les Jeux de Rio achevés dès la phase de poules. "Cette année, on peut potentiellement disputer une cinquième compétition si on ne se qualifie pas à Lyon", détaille Toniutti, en évoquant un autre "TQCM" si son équipe ne termine que deuxième dimanche au Palais des sports de Gerland. "Cela devient carrément dangereux pour nous physiquement mais cela faisait combien de temps que nous n'avions pas été dans cette situation, avec la possibilité d'étoffer notre palmarès? C'est compliqué, c'est sûr, mais en même temps c'est beau", affirme Earvin Ngapeth, la vedette de l'équipe de France qui espère organiser l'Euro-2019 et est invitée à la "World Grand Champions Cup" au Japon (12-17 septembre).

Gare à l'Allemagne

Cette compétition se déroule tous les quatre ans, l'année suivant les jeux Olympiques, et ne rassemble que des grandes équipes. Le podium des Jeux de Rio (Brésil, Italie, États-Unis) y sera représenté pour cette édition. C'est le signe que les Français ont "changé de dimension", souligne Toniutti qui jouera aussi avec sa bande la Ligue mondiale (2 juin - 9 juillet) et l'Euro en Pologne (24 août - 3 septembre). Avant, il y a ce "TQCM" à domicile où la première place, uniquement, est synonyme d'accession au Championnat du monde (10-28 septembre en Italie et Bulgarie). Seule l'Allemagne, "le gros morceau" dixit Ngapeth, s'annonce dangereuse parmi les concurrents. Le duel aura lieu le dernier jour et sera sûrement décisif. "Cela risque d'être chaud. Mais si on fait un match sérieux, on peut les battre. Il ne faudra pas se laisser submerger par la pression", prévient la vedette de Modène, battue lors de la "petite finale" du Mondial-2014 par la "Nationalmannschaft".

Renouvellement

En dehors de l'écueil allemand, la France devrait assez facilement se frayer un chemin vers la victoire contre ses autres concurrents. L'Islande et l'Azerbaïdjan ne pèsent pas lourd sur le papier. "Mais il faut se méfier de l'Ukraine et de la Turquie, deux équipes bien armées physiquement", souligne le sélectionneur Laurent Tillie qui a dû renouveler son effectif. Le jeune pointu Stephen Boyer (21 ans), champion de France avec Chaumont, remplace le titulaire indiscutable qu'était Antonin Rouzier, en retraite internationale depuis septembre. Nicolas Maréchal a lui fait un "break" et Kévin Tillie est en convalescence (épaule gauche et genoux).
Mais le réservoir est bien plus fourni qu'il y a quatre ans lorsque Laurent Tillie, alors nouveau sélectionneur, avait entamé la reconstruction après deux absences consécutives aux JO (2008, 2012). A Rio, les Français sont arrivés avec un nouveau statut qu'ils n'ont pas su honorer avec une médaille, à cause notamment d'une usure physique. Ils en ont reparlé, lors de la préparation à Tours, pour la première fois. "Nous avions besoin d'exprimer notre déception en famille, nos ressentis, c'était un deuil collectif pour rebondir", explique Laurent Tillie, qui espère alléger (un peu) son marathon estival en décrochant la pole position à Lyon.

AFP

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