Kevin Tillie
Kevin Tillie face au mur brésilien | AFP

La finale échappe d'un rien aux Bleus

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L'équipe de France s'est inclinée en demi-finale de la Coupe du monde de volley-ball face au Brésil (25-18, 23-25, 25-23, 22-25, 15-12). Les joueurs de Laurent Tillie ont bien fait trembler les triple champions du monde en titre, les poussant jusqu'à un tie-break, mais l'expérience des Auriverde a fait basculer la rencontre. Les Brésiliens retrouveront en finale -leur quatrième d'affilée- la Pologne, qui a eu raison de l'Allemagne 3 sets à 1 (26-24, 28-26, 23-25, 25-21).

Une entame crispée

Les Bleus qui ont dominé de bout en bout les trois premiers tours en réalisant des performances contre l'Iran et les Etats-Unis s'attaquaient ce samedi à la référence du volley mondial depuis une décennie. Louée pour la qualité de son jeu depuis le début du tournoi, la France a toutefois eu du mal à entrer dans son match. Probablement impressionnés par le palmarès du Brésil, triple champions du monde en titre, les Bleus étaient menés rapidement 13-6 dans la première manche.

Le mur infranchissable des Brésiliens forçait les Tricolores à varier les combinaisons, mais rien n'y faisait et, malgré le soutien des supporteurs, l'équipe auriverde maintenait ses distances. Les puissants services adverses donnaient également du fil à retordre aux hommes de Laurent Tillie, perfectibles sur les réceptions. Peu à peu, les Français commençaient à trouver leurs repères sur le terrain de Katowice, grâce notamment aux premiers aces signés N'Gapeth (aux alentours de 120 km/h). La première manche était néanmoins remportée logiquement par les champions du monde (25-18) après 19 minutes de jeu.  

Mory Sidibe à l'attaque
Mory Sidibe à l'attaque

Les champions du monde bousculés

Les 10 000 spectateurs ne pouvaient qu'apprécier le spectacle, d'autant que le jeu s'équilibrait en début de deuxième set et la France prenait même les devants pour la première fois (2-1). Libérés, les Français emmenés notamment par Le Roux parvenaient à faire plier la défense brésilienne jusque là impériale. Les outsiders comptaient même jusqu'à cinq points d'avance (11-6) face à des Brésiliens en proie au doute et commettant des erreurs inhabituelles. L'écart se réduisait pourtant (22-22), mais les coéquipiers de N'Gapeth tenaient bon et enlevaient la deuxième manche (25-22).

Le jeu s'équilibrait dans le troisième set et alors que le public polonais avait visiblement choisi d'encourager la France, un véritable bras de fer s'engageait. Aucune des deux équipes ne parvenait à faire la différence (8-7 au premier temps mort technique). Les blocks s'enchaînaient d'un côté comme de l'autre, le Brésil réussissait à breaker (15-17), mais les protégés de Laurent Tillie marquaient trois points d'affilée et revenaient dans la course. Les services de Lipe permettaient au Brésil de prendre l'avantage, et sur leur première balle de set, les Auriverde remportaient cette troisième manche (25-23). 

Rouzier face à Wallace
Rouzier face à Wallace

Sidibé obtient ​le tie-break

Menés deux sets à un, les Tricolores n'avaient d'autre choix que celui de hausser encore leur niveau de jeu. Peu en verve sur leur engagement et leurs attaques, les tenants du titre mondial étaient de nouveau bousculés par les Français qui comptaient trois points d'avance (7-4). Même si N'Gapeth n'était pas non plus le plus performant sur son service, les Français gardaient le cap (14-12), les prises de risque portaient leurs fruits et même si la défense brésilienne se réveillait, les camarades de Sidibé –décisif sur la balle de set- obtenaient le droit de disputer un tie-break (25-23).

La Seleçao sentait le vent tourner en sa défaveur, et haussait le ton dès le début de la manche décisive pour mener 4-2 à la faveur d'une défense hermétique. Si les Français tenaient bon face aux champions du monde, c'était une nouvelle fois ces derniers qui réalisaient le break (7-9). Conscients que l'exploit leur échappait, les Tricolores se crispaient et perdaient quatre points de suite (8-13). Les visages français se fermaient, et même si ils effaçaient deux balles de match, l'espoir s'envolait définitivement sur une dernière attaque brésilienne (12-15). Les Brésiliens pouvaient triompher, et préparer leur quatrième finale d'affilée face à la Pologne, tombeuse de l'Allemagne.

Réactions:

Mory Sidibé, pointu de l'équipe de France: "On part avec quelques points de retard au tie-break et on a passé notre temps à courir après le score. On y croyait quand même, on s'est battu jusqu'au dernier point.  Il y a juste eu quelques manques, quelques points en "side out" que nous avons ratés. Maintenant on va aller chercher cette médaille de bronze pour redresser la tête et continuer à être fiers de ce que nous avons accompli."
   
Benjamin Toniutti, passeur et capitaine de l'équipe de France: "Il nous a peut-être manqué un peu d'expérience de ce genre de match. Les Brésiliens en vivent tous les ans alors que c'était la première demi-finale de Championnat du monde pour notre génération. Il faudra apprendre à mieux maîtriser ça. Malgré cela, on a su bien gérer les deux sets que nous avons gagnés. C'est vraiment frustrant de perdre après avoir été si proche. Cela s'est joué sur des petits détails. Ils ne nous ont pas fait de cadeaux. Quand ils étaient devant, ils ont su conserver leur avance, alors que nous nous sommes fait rattraper quelques fois."

Romain Bonte

Championnat du monde de Volley