France - Russie
L'attaque d'Earvin Ngapeth au-dessus du contre russe | AFP - JOHN MACDOUGALL

La France surclasse les champions olympiques russes au TQO

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Au terme d'un match de très haut niveau, plein d'intensité, l'équipe de France a réalisé un exploit en battant la Russie 3-1 (25-15, 20-25, 25-17, 25-18) au Tournoi de qualification olympique. Pour leur entrée en lice dans cette épreuve qui ne délivre qu'un ticket pour les Jeux de Rio, les Français de la Team Yavbou ont tout simplement fait tomber les champions olympiques en titre, grâce à une défense collective fabuleuse et un Earvin Ngapeth sur une autre planète (26 points à lui tout seul). Une démonstration tricolore qui la place sur de bons rails pour aller en demi-finales. Vainqueurs de la Ligue mondiale et de l'Euro en 2015, les hommes de Laurent Tillie débutent parfaitement 2016. Jeudi, au tour de la Finlande.

Le champion olympique face au champion d'Europe. L'affiche était alléchante. Elle aurait pu être celle d'une finale aux Jeux Olympiques. Mais ce n'était que pour espérer y aller, en août prochain, à Rio de Janeiro. La pression était donc énorme de chaque côté. Mardi, Arnaud Josserand, l'adjoint de Laurent Tillie, nous disait que la Russie était la seule équipe que la Team Yavbou n'avait pas encore battu. C'est désormais chose faite, au meilleur moment, et avec la manière.

Vidéo: La décontraction des Bleus avant le match

Dans sa causerie d'avant-match, le sélectionneur avait beaucoup insisté sur l'importance des challenges vidéos. Ses hommes l'ont parfaitement entendu. A 3-3, au début du match, ils n'ont pas hésité à faire appel à la vidéo, pour prouver une faute de fil d'un Russe suite à un gros service d'Antonin Rouzier. Ce point dans la poche grâce à la technologie, la France créait le premier écart, dans le sillage de leur pointu très en verve à l'engagement, qui se permettait de délivrer un service gagnant sur le légendaire mais vieillissant capitaine Tetiouchkine (6-3). MVP de l'Euro-2015, Rouzier trouvait aussi la bonne carburation au smash, et Kevin Le Roux lui emboitait le pas avec cette attaque rapide plein centre (9-6), puis un magnifique contre après une grosse défense de Kevin Tillie (11-6). Ce dernier point contraignait le coach russe à poser son premier temps-mort. Cela souriait à ses troupes qui recollaient à (11-8), avant que le N.4 français ne passe un contre (13-8), puis une courte-croisée (14-9) avant un service court (16-10) puis un smash dans les mains du contre russe (18-11). Après une énorme défense du libéro Jenia Grebennikov, Earvin Ngapeth, trouvait une nouvelle fois l'ouverture. Et en tentant de contrer, le passeur remplaçant, Kovalev, se tordait la cheville. S'ensuivait une longue pause pour l'évacuer sur une civière. Cela ne modifiait pas la tendance de cette première manche. Ngapeth terminait en trombe, avec une attaque flottante (23-14), un smash dans le contre adverse (24-15) et une merveille de service gagnant sur la balle de set (25-15). le tout en 23 minutes.

Les Russes haussent le ton physiquement au 2e set

La Russie tentait de hausser le ton physiquement, avec des attaques de plus en plus puissantes. Mais sur un superbe contre de Le Roux, suivi d'une attaque aux 3m de Ngapeth sur une passe manchette de Le Goff, la France menait (7-5). Mais les Russes recollaient immédiatement grâce à Mikhailov (8-8), et créaient à leur tour le trou sur un contre face à Ngapeth (10-8). Une énorme "pipe" aux 3m de Ngapeth, et un ace de Le Roux replaçaient la France à hauteur (11-11), avant qu'un contre de Rouzier les remette devant (12-11). Le chassé-croissé se poursuivait avec un contre sur Le Goff (14-13) puis une attaque monstrueuse de Mikhailov (15-13). Et là, la Team Yavbou sortait son joker: l'énorme défense collective. Après plusieurs attaques infructueuses, la Russie, perdue, finissait par commettre une faute très moche pour redonner le dessus aux Bleus (16-15). A 18-17 pour la Russie, la France demandait un nouveau challenge, qui lui donnait encore raison sur une attaque de Rouzier (18-18). Et Ngapeth contrait, en individuel, le géant Mikhailov (19-18). Mais un contre de Volvich puis une mauvaise réception offraient deux nouveaux points d'avance aux champions olympiques en titre (21-19). Laurent Tillie demandait un temps-mort, mais Ngapeth était ensuite contré (22-19), pour donner la plus grosse avance aux hommes d'Alekno. A (24-20), le sélectionneur français demandait un nouveau temps-mort. sans succès, puisque le contre tricolore ne pouvait maîtriser l'attaque de Volvich (25-20), après 25 minutes.

Earvin Ngapeth et Benjamin Toniutti face au Russe Mikhailov et sous le regard d'Antonin Rouzier, le symbole d'une équipe de France unie et combative
Earvin Ngapeth et Benjamin Toniutti face au Russe Mikhailov et sous le regard d'Antonin Rouzier, le symbole d'une équipe de France unie et combative

Le show Ngapeth au 3e set

Le début de la troisième manche gardait cette physionomie, avec des Russes plus puissants et des Français accrocheurs. Le capitaine Tetioukhine montrait que ses 40 printemps ne l'empêchaient pas de faire parler la poudre. Et la France peinait, de plus en plus souvent contrée et lue sur ses attaques (8-6 Russie). "On s'est dit qu'il fallait remettre de suite de l'agressivité et du rythme  pour ne pas laisser la machine russe s'emballer", a expliqué Ngapeth après le match. Un temps mort français remettait de l'ordre dans la maison (9-8 France) sur une malicieuse attaque de Ngapeth, puis sur un contre de Le Goff sur Mikhailov (10-8 France). Alekno posait à son tour un temps-mort. La tension était extrême entre deux équipes si proches. Et le joueur de Modène délivrait une attaque laser dans la diagonale (11-8), avant d'enchaîner une défense au sol et une attaque incroyable (12-8). Un contre de Le Goff sur Tetioukhine aggravait l'écart (13-8). Une défense avec le pied de Le Goff, suivie d'une remise de Toniutti après le filet pour Ngapeth, et le N.9 envoyait encore une mine dans le contre russe (14-8). Et Rouzier s'y mettait aussi (15-9). La France était sur un nuage. Ngapeth sur une autre planète (16-9). Il livrait un festival, avec une claquette de la main gauche face à un contre à deux (17-10), puis une attaque à droite (18-11). Et même quand la Russie haussait le ton sur le plan défensif, elle trouvait à qui parler et un Le Roux intraitable (19-12). Le Goff aussi, au contre (20-12) comme dans une attaque derrière lui (21-13) ou cette attaque plein axe après un énorme échange (23-15). Un service dans le filet de Tetioukhine donnait une balle de set (24-16). Les Français concluaient sur une courte de Kevin Le Roux (25-17) en 25 minutes.

La joie des Français
La joie des Français

Les Russes perdent la tête dans le 4e set

Dans le 4e set, Kevin Le Roux, avec un beau contre, offrait le premier écart significatif à la France (5-3), suivi par Earvin Ngapeth (6-3). Et comme Grebennikov continuait à ramener des ballons impossibles, et que le réceptionneur-attaquant star maintenait le cap, la France restait devant (10-7). La Russie égalisait à (12-12), mais comme presque à chaque fois qu'ils ont été en danger dans ce match, la défense s'illustrait. Et c'est Kevin Le Roux qui concluait dans un contre avec Antonin Rouzier (13-12). Au courage, au talent, à l'improvisation aussi, la Team Yavbou tenait le cap. Et pour une fois, Kliuka commettait une grosse erreur en attaque (17-14), comme Mikhailov (18-14) et encore Kliuka (19-14). Les Russes étaient perdus sur le terrain. Et l'équipe de France s'envolait vers un succès fracassant, qui la place sur un chemin idéal pour atteindre au moins les demi-finales.