Romain Vadeleux
Romain Vadeleux | AFP-Sorlin

La France en quarts de l'Euro

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En battant la Turquie trois sets à un (25-19, 25-23, 19-25, 25-21), l'équipe de France masculine a remporté une victoire importante qui la qualifie pour les quarts de finale du championnat d'Europe. Les Bleus affronteront demain la Serbie pour un quart dans lequel ils auront le statut d'outsider.

Le début de compétition avait placé la France sur une pente savonneuse. Mais elle a su réagir au bon moment pour gagner son ticket pour les quarts de finale du Championnat d'Europe, et espérer encore d'un beau final et également d'un été olympique. Pour y parvenir, le sélectionneur Philippe Blain avait profondément modifié son six de départ en incorporant Maréchal à l'aile, Grebennikov en libéro, et Toniutti à la passe. Mais l'inconstance a encore prévalu.

Les Bleus ont parfaitement attaqué la rencontre en se détachant au score asssez rapidement avec un jeu agressif, un contre présent et des réceptions soignées. Les hommes de Philippe Blain ont mené 8-2 puis 15-10 avant de voir les Turcs revenir à 19-17. Un énorme dunk de Nicolas Maréchal a permis aux Français de creuser un écart déterminant (21-18) avant que Romain Vadeleux ne conclut sur un ace ce premier acte rondement mené (25-19).

Le deuxième set était plus accroché. La Turquie montait clairement en puissance avec quelques blocks importants même si les Bleus réussissaient des "pipes" spectaculaires. Soutenus par un maigre public, les Rouge et Blanc menaient 7-4 mais Earvin N'Gapeth et ses coéquipiers recollaient à 7-7. Idem quelques minutes plus tard lorsque les Bleus égalisaient à 13-13 après le 11-8 en faveur des Turcs. Une belle attaque de José Trèfle, deux aces importants de Rouzier et de belles séquences en attaque (Maréchal encore) permettaient à la France de s'imposer dans le money time (16-14 puis 23-19 et finalement 25-23 sur un beau petit coup de Benjamin Toniutti). Le service bleu avait encore fait la différence (7 aces à un) malgré le block adverse (2-5). 

Désireux d'assister à un match un peu plus long, le public autrichien encourageait les Turcs à revenir dans la partie. Les deux équipes ne se lâchaient pas en début de troisième manche (4-4 puis 7-7 sur un contre de José Trèfle). Une attaque de Coskun permettait aux Turcs de rester devant (13-12) mais les Français ne lâchaient rien (15-14 sur une nouvelle frappe de Maréchal). Le contre blanc faisait une première différence pour passer à 19-16 malgré les efforts de N'Gapeth, formidable d'aisance. La Turquie menait même 21-17 au terme d'un superbe échange. Malgré la défense acharnée des Bleus, les Turcs relançaient la partie en revenant à deux sets à un (25-19).

Dans le quatrième set, les Français faisaient la course en tête mais ne parvenaient jamais à vraiment décrocher leurs adversaires au score. Et l'avantage de deux longueurs (16-14) se réduisait rapidement pour arriver à un (19-19) particulièrement périlleux. Le temps mort de Philippe Blain faisait du bien aux Tricolores, qui creusaient enfin le trou, profitant également des largesses récurrentes des Turcs en défense. Earvin Ngapeth portait l'estocade avec son service-smashé redoutable, et la France finissait ensuite par l'emporter (25-21). La deuxième bonne nouvelle du jour est d'avoir pu assister au retour de Pierre Pujol en début de deuxième set, alors que le passeur était très incertain en raison de son dos douloureux. Son expérience et son talent seront précieux pour la suite, à condition que son corps ingurgite sans conséquence l'enchaînement avec ce quart de finale dès demain.

Les Bleus, vice-champions d'Europe en titre, retrouveront jeudi en quarts (19h00) la Serbie, médaillée de bronze au Mondial-2010. Avec cette victoire, ils ont atteint leur objectif minimal. Une accession aux demi-finales leur garantirait quasiment à coup sûr une place pour la Ligue mondiale, le premier des trois tournois qualificatifs pour les JO de Londres

Déclarations

Antonin Rouzier (pointu de l'équipe de France): "On est en quarts, l'essentiel est fait. C'était un match difficile à jouer. Ces Turcs ne lâchent rien. On a un peu galéré. Personnellement, j'ai bien commencé, mais après je me suis complètement effondré. Je ne sais pas pourquoi, je ne me suis pas relâché dans la tête. Avec +Totti+ (le passeur Benjamin Toniutti, ndlr), c'était notre premier match depuis plusieurs mois. Il fallait s'adapter. On était un peu crispé, on ne s'est pas libéré. C'est un match à oublier. On gagne 3-1, même si on aurait dû gagner 3-0. L'objectif est rempli".
Pierre Pujol (passeur de l'équipe de France): "Jean-Paul Andrea (le kinésithérapeute de l'équipe de France, ndlr) a fait du super-boulot. Il m'a permis d'être beaucoup mieux. J'y suis allé, c'était un peu compliqué. On a atteint l'objectif, c'est l'important. J'espère que maintenant l'équipe va se libérer. (Face à la Serbie) il faut qu'on sorte notre meilleur volley et qu'on soit convaincu qu'on peut gagner. Si on réussit notre plus belle prestation, on peut les embêter".
Philippe Blain (entraîneur de l'équipe de France): "On est ravi d'avoir pris notre billet pour les quarts. On est très bien parti dans ce match. Mais comme à chaque fois contre des équipes comme ça, on se grippe. La manière n'a pas forcément été là. On a joué sans pointu. Antonin (Rouzier) a forcé toutes ses frappes. Benjamin (Toniutti) a très bien débuté, mais lui aussi s'est grippé, on ne sait pas trop pourquoi. Sur la fin, Earvin (Ngapeth) nous libère. Son ace nous fait du bien. On aurait dû trouver plus de continuité sur leurs services flottants. On n'a pas trouvé la solution face à leur pointu. Jusque-là on a été plutôt été meilleur face aux grosses équipes. Les Serbes ont une équipe avec beaucoup de joueurs d'expérience. C'est une équipe très joueuse. Il va falloir être capable de jouer à notre meilleur niveau tout le match".