Jean-Paul Aloro portrait gros plan serré 2010
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Jean-Paul Aloro: "On a besoin de salles"

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Jean-Paul Aloro, le président de la Ligue Nationale de Volley-Ball, a accepté de se livrer au jeu des questions avec nous. Il est notamment revenu sur la saison 2010-2011, sur l'évolution du championnat et de sa formule et sur le gros chantier qui attend la LNV dans les années à venir: la construction de nouvelles salles afin d'accueillir spectateurs et télévisions. Instructif.

Comment se présente cette saison de ProA 2010-2011 ?
La Coupe de la Ligue, qui s'est tenue à Tours juste avant le début du championnat, a déjà constitué un beau succès populaire. La Pro A devrait encore être passionnante si j'en juge par les premières journées. Tours est bien sûr le favori numéro 1 mais Poitiers et d'autres ne seront pas loin. Paris sera probablement mieux que prévu et Ajaccio peut surprendre.

Qui sont les favoris pour le titre, les places européennes ?
Tours est clairement le mieux placé pour le titre mais le TVB jouera sur deux fronts, le championnat et la Ligue des champions qui est difficile. Donc ça reste assez ouvert quand même.

La formule du championnat et notamment les play-off vous conviennent-ils ?
La finale se disputera sur un match sec, vraisemblablement à Coubertin. Mon ambition est d'aller à Bercy l'an prochain ou dans quelques années si on voit que l'engouement est là. Le basket et le rugby proposent une finale sur un match et c'est complet à chaque fois. On verra ce que ça donne et on en tirera les enseignements.

Que manque-t-il au championnat de France pour rivaliser avec le championnat d'Italie, la référence ?
Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela. Déjà, le système fiscal français est handicapant pour les sportifs. Le recrutement est donc plus difficile que pour les équipes phares de la Pologne, de la Russie ou de l'Italie. Avant, les Russes s'exilaient. Maintenant, les meilleurs américains évoluent en Russie. Le championnat est plus relevé que chez nous mais seulement au niveau des équipes de pointe. L'avantage de la Pro A, au contraire, est de proposer un plateau homogène. Ce n'est pas la même problématique. Maintenant, c'est sûr qu'il vaut mieux avoir, au niveau européen, un club fort que deux moyens. Mmais c'est sympa aussi d'avoir plusieurs clubs capables de gagner. Ensuite, on déplore le fait d'être les seuls à ne pas être diffusés sur les écrans français. C'est dramatique. On va essayer de bien promouvoir la Coupe de France en faisant les demi-finales et la finale sur un même site afin d'attirer les télévisions.

Que faire pour améliorer le confort dans les salles ? Les agrandir ou en construire de nouvelles ?
C'est important de construire de grandes salles mais il faut les remplir. La première étape est claire: construire des salles de 3500, 4000 places qui sont idéales pour de nombreux clubs de villes moyennes. C'est une ambition à long terme. Vous savez, on s'est battu avec Ajaccio pendant 10 ans pour qu'ils passent de 500 à 2500 places. Montpellier est un très bon exemple avec l'Arena (9000 places) de ce qu'il faudrait faire mais le MUC pourrait le remplir seulement si le club jouait le titre ce qui n'est pas le cas actuellement. Il faut construire des salles accueillantes, modernes. Le sport est devenu un spectacle. Il ne faut jamais oublier cela.

Faut-il développer les synergies avec le hand, le basket ?
C'est plus compliqué qu'il ne semble. Ca semble une bonne idée mais quid des entraînements des différents clubs ? Il faudrait aménager des horaires et que chacun y mettre du sien. Ce n'est pas évident. Pour aider les clubs, et c'était une nécessité, on les laisse jouer le jour et l'heure qu'ils souhaitent, du vendredi soir au dimanche soir. C'est déjà un bon deal afin qu'ils ne rentrent pas localement en concurrence avec d'autres sports.

Ne manque-t-il pas quelques grandes villes pour booster le volley français ? Des clubs puissants à Marseille, Lyon, Lille, Strasbourg, Bordeaux ?
Déjà, Nantes réintègre le haut niveau et c'est une bonne nouvelle. Lyon et Bordeaux ont également eu des résultats dans la passé et peuvent revenir. Le volley n'est pas un sport de riches et certaines petites ou moyennes villes ont plus de facilités à monter rapidement une équipe compétitive. Après, on cherche aussi notre Max Guazzini. Le président qui va arriver avec plein d'idées, de l'ambition et des moyens pour faire bouger tout ça. Notre sport doit continuer de se développer.