Henno Hubert Daquin France 2004
Hubert Henno au soutien de Dominique Daquin en 2004 | AFP - Kazuhiro Nogi

Henno arrête les Bleus

Publié le , modifié le

Après 237 sélections et à 34 ans, Hubert Henno a décidé de mettre fin à sa carrière internationale. Emblématique libéro d'un volley tricolore revenu au premier plan (vice-champion d'Europe en 2003 et 2009, 3e des Mondiaux 2002), il suit ainsi le chemin d'Oliver Kieffer, avec qui il avait gagné la Ligue des Champions au Paris Volley en 2001. Le dernier Mondial a été le dernier épisode douloureux d'une belle aventure.

Oliver Kieffer a souffert dans sa chair. Hubert Henno a souffert dans sa tête. Les deux sont désormais rayés des cadres de l'équipe de France. Une semaine après le central, le libéro a donc choisi de mettre fin à sa carrière internationale. Après 237 sélections, une mise à l'écart prolongée des Bleus pour des soucis dans le groupe, et enfin un dernier Mondial traversé en alternance, il s'arrête avec un goût bizarre dans la bouche. "Sincèrement, j'ai vécu une expérience horrible sportivement et humainement. la pire de ma carrière. Un ressort s'est cassé. A mon âge, il est tout simplement préférable que j'arrête", explique-t-il dans L'Equipe.Cette expérience, c'est le choix de Philippe Blain d'instaurer un turn-over au poste de libéro, Jean-François Exiga et lui se partageant alors les matches qui ont conduit la France à une piètre 11e place, avec en prime un gros clash entre le sélectionneur et Earvin Ngapeth. "A un moment, j'ai même failli quitter le groupe à cause de problèmes internes et d'incompréhension. J'ai ressenti un profond malaise à la fin de la préparation, qui s'est accentué lors du Mondial. J'ai vu resurgir les fantômes de 2006, quand on m'avait écarté pour raisons d'incompatibilité avec le groupe", détaille-t-il.

Elu meilleur défenseur du Mondial 2002 et de l'Euro 2003, Hubert Henno s'était hissé peu à peu au sommet de la hiérarchie des libéros, et représentait un peu l'image de cette équipe de France capable de renverser des montagnes surtout avec sa défense. Il en était le premier rempart, ou plus souvent le dernier, l'ultime chance de voir revenir le ballon en jeu. Référence, référant dans le groupe, c'est à contre-coeur qu'il ferme la page de 11 années d'aventures tricolores, lui qui aurait aimé "continuer à encadrer" la jeune génération incarnée par Yannick Bazin, Antonin Rouzier ou Earvin Ngapeth, "un talent qu'il faut exploiter mais aussi gérer". Vainqueur de la Ligue des Champions avec Paris (2001) et Tours (2005), il va pouvoir se consacrer pleinement à son club de Cuneo, dans lequel il évolue pour la deuxième saison.