Nathan Wounembaina à l'attaque
Nathan Wounembaina à l'attaque | Maxppp

Après "le match de la honte", le Tours Volley jouera contre le racisme

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Deux semaines après un 16e de finale aller de Challenge Cup entaché de débordements scandaleux de la part de fans de l’Olympiakos, le Tours Volley Ball se retrouvent pour un match retour placé sous le signe de la lutte contre le racisme. La ministre des Sports, Laura Flessel, sera présente dans les tribunes du palais des sports Robert-Grenon, afin de soutenir cette démarche.

Les stades de football ne sont malheureusement pas les seules enceintes sportives où sévissent parfois des énergumènes plus soucieux de déverser leur haine que de soutenir leur équipe. Le 6 décembre dernier, Nathan Wounembaina, joueur camerounais du TVB avait été copieusement insulté par des « supporteurs » de l’équipe adverse, hurlant des cris de singes à chacune de ses prises de balle. Il avait ainsi alerté l’arbitre bulgare Milan Todorov de ces faits odieux, mais ce dernier n’avait pas réagi. Devant cette situation, Nathan Wounembaina avait alors décidé de quitter le terrain. L’arbitre lui alors signifié son expulsion pour être parti sans autorisation. Double peine, donc…

L’inaction de la CEV

Plus absurde encore est la position dans cette affaire de la Confédération européenne de volley-ball (CEV). Saisie par le club tourangeau, la commission d’appel de cette instance a décidé de le débouter estimant qu’il n’est pas fait mention de manière explicite de cas de racisme dans son règlement. Cette commission ajoute également que le capitaine tourangeau n’avait pas déposé une réclamation. Et depuis, le joueur n'a toujours pas reçu la moindre excuse du club grec... Soutenu par la Fédération française de volley et la Ligue nationale de volley, le TVB qui avait été battu 3-0 au Pirée à l’aller, a donc décidé de réagir à sa manière lors d’un match retour qui sera placé sous le signe de la lutte contre le racisme.

« Pas d’impunité pour les racistes »

Les supporteurs du club tourangeau ont ainsi décidé d’observer un silence total lorsque l’équipe de l’Olympiakos se retrouvera sur le parquet. Puis une banderole longue de cinq mètres sur laquelle sera marqué « pas d’impunité pour les racistes » sera déployée. Sur les réseaux sociaux, le club a d’ores et déjà donné le ton en arborant une photo de Nathan Wounembaina et du hashtag #saynotoracism. Surmotivés par le contexte, les Tourangeaux auront à cœur d’aller chercher leur qualification, sachant qu’il leur faudra s’imposer 3-0 ou gagner 3-1 et remporter le set en or en 15 points. Selon l'entraîneur Cédri Enard, les Tourangeaux "veulent remettre les pendules à l’heure pour Nathan, qui a subi une humiliation restée impunie".

Romain Bonte

Coupe d'Europe de volley