Hubert Henno

Hubert Henno : "À domicile, les Bleus peuvent battre n'importe qui"

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Ancien joueur de l'équipe de France de volley-ball (254 sélections) et double vainqueur de la Ligue des champions dans les années 2000, Hubert Henno est revenu pour France tv sport sur le début d'Euro des Bleus, l'absence d'Earvin Ngapeth mais aussi sur les dérives de l'évolution de son sport.

L'équipe de France affronte la Grèce ce samedi pour son deuxième match à l'Euro, comment analysez-vous ce début de compétition ?

Hubert Henno : "Pour leur entrée en lice face à la Roumanie, les Bleus ont eu un adversaire pas compliqué mais ils ont su l’aborder avec sérieux.  La Grèce est un autre calibre car ils ont fait un bon match face à l’Italie et leur ont même pris un set. Même si les Français partent favoris, tous les points, tous les sets comptent. Cet Euro va aussi être une opportunité pour l’équipe de France pour se jauger et se rattraper par rapport aux dernières échéances."

Comment gérer le cas Ngapeth, blessé et forfait pour ce début de compétition ?

H.N : "Je ne sais pas quelle est la gravité de sa blessure et où il en est. Ngapeth en forme ou pas, ça conditionne le jeu de l'équipe de France qui est fortement focalisé sur lui. C'est un joueur capable de faire la différence tout le temps et il a un avantage psychologique sur les adversaires. L'avoir, c'est une sécurité. Après, je sais qu'il y a eu un précédent avec lui lors de l'Euro 2017 et ils ont voulu le faire revenir trop vite. Il n'était pas du tout en forme et ça avait été un vrai souci. Il faut le ménager au maximum pour qu'il soit à 100%."

Earvin Ngapeth lors des championnats d'Europe en 2017
Earvin Ngapeth lors des championnats d'Europe en 2017 © AFP

Comment expliquer ses blessures récurrentes ?

H.N : "Il y a un gros problème de calendrier car les joueurs jouent beaucoup trop. Entre les championnats et les compétitions internationales... c'est n'importe quoi. Il y a des compétitions tout le temps. C'est qu'une histoire de pognon. On ne prend pas en compte l'intégrité physique des joueurs. Ngapeth a commencé sa carrière internationale à 18 ans, il en a désormais 28. Mais il a un physique de mec de 38 ans parce qu'il a enchaîné sans s'arrêter. Pour durer, c'est impossible. À 33 ans, les joueurs en ont marre. Il y a une usure. Il faut souffler car enchaîner c'est au détriment du spectacle."

Ces championnats d'Europe sont-ils toujours une priorité pour les Bleus en raison de ce calendrier surchargé et à 4 mois des TQO ?

H.N : "On est obligé de hiérarchiser les compétitions à cause du calendrier. Maintenant, pour avoir parler avec Laurent Tillie, il fait de ce tournoi une priorité. Parce que c'est en France et que ça fait plus de trois décennies qu'on attendait ça (33 ans). Il ne faut pas se louper et surtout bien représenter le volley français. Le tournoi olympique, on y pensera après."

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La France fait-elle partie des favoris pour cet Euro ?

H.N : "La France n'est ni favorite, ni outsider. Les Bleus sont dans les cinq prétendants au titre avec la Russie, la Pologne, la Serbie et l'Italie. Même si ces derniers sont solides mais pas imbattables. Les Russes et les Polonais sont vraiment très forts. Ils ont des effectifs pléthoriques et sont vraiment au-dessus. Les Bleus à domicile peuvent cependant battre n'importe qui."

Jenia Grebennikov est l'autre star de cette équipe de France. Quel regard portez-vous sur lui, vous qui étiez, comme lui, libéro ?

H.N : "C'est un garçon que j'aime beaucoup. Il est très souriant et fait plaisir à voir. Cette joie de vivre, mine de rien, ce n'est pas souvent qu'on voit ça au plus haut niveau. Au delà de ça, il est très performant. Il a des qualités athlétiques en termes de déplacement absolument hors norme. C'est ce qui fait la différence avec les autres. Il a aussi un très bon contact avec la balle. C'est pour ces raisons qu'il est l'un des meilleurs libéros de la planète."