Earvin Ngapeth
Earvin Ngapeth | AFP

Euro de volley : les Bleus ne laissent aucune chance à l'Italie et s'offrent une demie à Bercy

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Incroyable de solidité et de maîtrise, l’équipe de France s’est logiquement imposée en quart de finale de son Euro, ce mardi, face à l’Italie (25-16, 27-25, 25-14). Dans un Hall XXL de Nantes chaud bouillant, les Bleus ont décroché leur septième succès en autant de matches depuis le début de la compétition, et s’envoleront pour Paris, où ils défieront la Serbie, tombeuse de l’Ukraine, en demi-finale.

Ils voulaient Bercy, ils auront Bercy. Invaincus depuis le début de l’Euro, les Bleus ont parfaitement géré leur confrontation au sommet face à leurs meilleurs ennemis italiens, mardi, en quart de finale. Portée par un public de feu dans un hall XXL de Nantes plein à craquer, la bande à Laurent Tillie a martyrisé la troisième nation mondiale, vice-championne olympique en titre, sans concéder le moindre set. Une victoire qui ouvre à la France les portes du dernier carré de son Euro, presque déjà réussi.

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• Le match : un récital

Ceux qui s’attendaient à un duel de choc entre deux des meilleures nations mondiales doivent être déçus. Ils ont eu droit à un récital tricolore dans une rencontre qui n’avait rien de comparable au France-Italie joué en phase de poules. Les Bleus avaient prévenu, ils voulaient leur vengeance face à une équipe qui leur a souvent fait barrage dans les grandes compétitions (2003, 2016). Portés par un Stephen Boyer exceptionnel  (9 aces), ils se sont rapidement mis dans le sens de la marche, en prenant les devants d’entrée. Incapables de se montrer dangereux offensivement, les Italiens ont été étouffés par le bloc français dans le premier set, grâce notamment à un très bon Kevin Tillie

Faciles, Stephen Boyer et Earvin Ngapeh ont enchaîné les diagonales quand en face, Juantorena coulait sous les assauts français. Logiquement, les hommes de Laurent Tillie ont remporté le premier set (25-16), avant d’attaquer sur le même rythme dans la deuxième manche. Habiles en défense, n’hésitant pas à faire durer les échanges, les Français ont pris le dessus physiquement sur les vice-champions olympiques, menant de 5 points en milieu de set (18-13). C'était sans compter sur l'abnégation transalpine. Bien décidés à ne pas lâcher le morceau, les coéquipiers d'un Ivan Zaytsev bien pâle mardi soir sont revenus à hauteur (22-22), s’offrant même deux balles de set.

Mais un service manqué, puis une faute sur une attaque, ont sauvé les Bleus, qui n'ont eux pas manqué l'occasion de conclure (27-25). La troisième manche a été un récital. Dans un hall XXL de Nantes à tue-tête, les coéquipiers de Benjamin Toniutti ont enchaîné les points de grande classe pour finir une Italie laminée, écœurée par la facilité avec laquelle les Bleus s'expriment à domicile. Vivement la suite. 

• Le joueur : Stephen Boyer 

Meilleur joueur de l'équipe de France depuis le début de l'Euro, Stephen Boyer a continué sur sa lancée mardi soir. Le pointu de Vérone a martyrisé la défense italienne par ses attaques surpuissantes et sa vista au service (9 aces). Il a inscrit la bagatelle de 25 points, soit un set à lui seul. "Il a été incroyable" a réagi son coéquipier Earvin Ngapeth après le match, alors qu'en face, son homologue Ivan Zaytsev  n'a pas exsité. Le colosse d'1 mètre 96 est décidément le facteur X des Bleus dans cette compétition. Sur un nuage, il est pour l'instant le meilleur joueur du tournoi, et cela comptera au moment d'aborder les demi-finales. 

• Le tournant du match : deux balles de set sauvées

Les Bleus ont eu chaud, très chaud dans le deuxième set. Alors que le tournant du match semblait avoir déjà eu lieu sur une incroyable défense du libéro tricolore Jénia Grebbenikov à 6-6, les hommes de Laurent Tillie sont passés près d'une petite correction en fin de manche. Alors qu'ils menaient de cinq points (18-13), ils ont laissé les Italiens revenir à hauteur, leur donnant même deux occasions de servir pour le set (25-23). Sur un bloc en solo quasi-héroïque, Julien Lyneel a d'abord donné un petit sursis à ses coéquipiers, avant que Candellaro ne se manque totalement au service (25-25). Derrière, les Français assuraient et laissaient Ivan Zaytsev commettre une nouvelle faute pour mener deux sets à rien. Ils venaient de s'envoler vers la victoire.

L'instant tactique : Juantorena ciblé

Les Bleus le savaient. Avec Zaytsev, Osmany Juantorena - considéré comme l'un des meilleurs joueurs du monde - était l'une des premières menaces offensives de l'Italie. Laurent Tillie avait ciblé ce point fort, pour le retourner en point faible. Le sélectionneur français n'a pas hésité à demander à ses joueurs de servir systématiquement sur le joueur de Lube, l'obligeant à défendre sur la première balle. Surchargé de réceptions, Juantorena n'a de fait quasiment jamais pu s'exprimer en attaque, et les Français ont pu tranquillement défendre à deux ou à trois, réussissant des blocs très importants. Cette tactique a porté ses fruits dans la première manche, et permis de faire douter les Italiens dans la seconde. 

• Le chiffre : 10 

Toujours invaincue dans la compétition avec 7 victoires en 7 matches, et un seul set concédé, l'équipe de France s'est qualifiée pour la 10e fois dans le dernier carré de l'Euro depuis sa création en 1948. Si les Bleus restaient sur une neuvième place en 2017, ils avaient déjà atteint ce stade de la compétition en 2015, avant d'être sacrés face à la Slovénie. La France avait avant cela disputé quatre fois la finale de l'Euro, en 1948, 1987, 2003 et 2009, pour autant de médailles d'argent. 

• La décla : Ngapeth en veut plus

Excellent depuis son retour de blessure, Earvin Ngapeth s'est montré satisfait après la victoire, mais il ne s'en cache pas, les Bleus en veulent plus. Ils iront à Paris pour gagner. "L’objectif est d'aller plus loin. Cet Euro en France n’aurait servi à rien pour le volley français si on n’était pas à Bercy. Là, on va jouer une demi-finale dans cette salle, pour la première fois. On est super heureux. On va se battre et on va tout faire pour aller chercher la plus belle médaille possible", a-t-il réagi.