Kevin Le Roux, le central de l'équipe de France, l'une de ses armes
Kevin Le Roux, le central de l'équipe de France, l'une de ses armes | AFP - SYLVAIN THOMAS

Euro 2019 de volley: France-Bulgarie, le match à ne pas perdre

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Après avoir enquillé les victoires en trois manches lors de ses trois premiers matches, l'équipe de France dispute un match crucial contre la Bulgarie (20h45) à Montpellier. Une victoire lui assurerait un 8e de finale abordable. Une défaite la placerait sous une intense pression avant de défier mercredi l'Italie, vice-championne olympique en titre.

"C'est maintenant que ça commence, presque." Laurent Tillie, le sélectionneur de l'équipe de France, savait que ce match contre la Bulgarie serait l'un des premiers virages majeurs de l'Euro 2019. Il fallait encore que ses hommes ne dérapent pas avant. Trois matches, trois victoires, aucun set perdu, les Bleus ont parfaitement négocié leur début de compétition. Mais toute cette bonne dynamique pourrait être réduite à néant si les deux prochains matches se finissaient sur des bouillies contre leurs deux plus grands rivaux dans ce 1er tour. L'enjeu est assez simple: battre l'une des deux équipes, c'est avoir l'assurance de finir parmi les deux premiers, et donc être certain de ne croiser ni la Russie, championne d'Europe en titre, ni la Slovénie, pour l'instant auteur d'un sans-faute, en 8e de finale, mais plutôt la Finlande ou la Turquie. Cela change tout.

Si la France terminait 3e, elle rentrerait dans la "machine à laver" du règlement de la fédération de volley. Accrochez-vous ! Car avec cet Euro qui se dispute en France mais aussi en Slovénie, les pays organisateurs ont reçu l'assurance de disputer tous les matches à domicile (jusqu'au bout pour la France, jusqu'aux demi-finales pour la Slovénie). Or, le groupe A (Italie, Bulgarie, France...) de la France croise avec le groupe C (Russie, Slovénie, Finlande...). En théorie, le 1er du groupe A affronte en 8e le 4e du groupe C, le 2e du groupe A le 3e du groupe C, et le 3e du groupe A le 2e du groupe C. Mais, si la France était 3e, elle ne pourrait pas croiser en 8e la Slovénie (si elle finissait logiquement 2e derrière la Russie) au nom de cette règle des matches à domicile. Du coup, les coéquipiers d'Earvin Ngapeth seraient renvoyés face au 1er du groupe C, c'est-à-dire la Russie, championne d'Europe en titre et lauréate des deux dernières Ligues des Nations. 

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Un match décisif pour la suite

"Ce n'est même pas un test, c'est pour gagner la première place de la poule pour éviter la Russie", souligne Jenia Grebennikov, le libéro de l'équipe de France. "La Bulgarie, c'est une équipe très puissante, ça sert bien, le jour où ça passe c'est compliqué. Il va falloir faire le dos rond. Ça va être un match très difficile, il faudra bien servir pour les faire déjouer en réception". Pour forcer les Bulgares à défendre, le joueur qui évolue dans le club de Trente, en Italie, aura un rôle majeur: ramener les attaques puissantes notamment de son ancien coéquipier à Lube, Tsvetan Sokolov, auteur de 33 points contre le Portugal samedi. Le 9 juin dernier, les Bulgares s'étaient imposés (3-2) en Ligue des Nations. La défense, socle de toutes les conquêtes françaises de ces dernières années, sera mise à rude épreuve. En 2015, lors de sa première et seule victoire à l'Euro, la France avait battu l'Italie en Italie (en poule) puis la Bulgarie en Bulgarie (en demi-finales) avant de dominer la Slovénie en finale. Désormais, c'est à domicile qu'elle doit réaliser le même genre d'exploit. Preuve de l'importance de cette rencontre, Ngapeth, ménagé depuis le début de la compétition pour une lésion musculaire intercostale mais qui s'est entraîné normalement lundi matin, est "prêt à jouer" selon le sélectionneur.

"On est prêt", estime globalement Laurent Tillie. Contrairement aux Bulgares et aux Italiens, les Français n'ont pas cédé la moindre manche depuis le début de la compétition. "On n'a rien gâché", se réjouit-il. Lors de ces deux prochains matches, le gâchis sera encore moins permis.