Vendée Globe - Sam Davis : "Nous sommes toutes de très bons marins !"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Gael Robic
Samantha Davies
Samantha Davies | NATACHA FAVREAU / AFP

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Confinée depuis le 1er novembre, Sam Davies est l’une des six femmes au départ de cette 9e édition du Vendée Globe. Dans le sillage d’Ellen Mc Arthur (2e en 2001) Mike Golding (3e en 2005) et Alex Thomson (2e en 2016), l’anglaise du Finistère revient huit ans après un abandon précoce. Avec l’idée de faire aussi bien que ses illustres compatriotes…

Comment vivez-vous cet isolement précoce ? 
Sam Davies : "Je suis à la fois en quarantaine et en vacances ! J’avais prévu cette pause quoi qu’il arrive. On a pas mal navigué ces derniers temps. Les deux derniers mois ont été intenses. La pause est la bienvenue."

Quelle est l’ambiance sur les pontons ? 
SD : "C’est différent ! C’est un peu triste, frustrant de ne pouvoir partager ces moments avec le public. Après, une fois partis, on sera à huis clos, ça ne changera rien !"

"Après trois ans de préparation, je suis sereine"

Vous voilà de retour, huit ans après (2012, démâtage après une semaine de course)…
SD : "Je prends autant de plaisir que lors de ma première participation (en 2008, Sam Davies avait terminé 4e). Je me rends compte de cette chance de partir, cette fois plus encore. J’ai plus d’expérience, mais aussi plus de fierté. Je suis fière de ce projet, sportivement et humainement. Il est question de performances et de solidarité. Après trois ans de préparation, je suis sereine, heureuse."

Vous partez avec un bateau éprouvé…
SD :
 "Le bateau a subi une grosse optimisation. Il a bien changé depuis trois ans! C’est un bateau qui a fait ses preuves, solide et fiable (mis à l’eau en 2010 pour Michel Desjoyeaux, 2e en 2012 avec Armel Le Cléach, 3e en 2016 avec Jérémie Beyou) Il connaît bien la route (rires) !" 

Après une édition 2016 100% masculine, six femmes prennent le départ de cette 9e édition… Un record !
SD : "C’est une satisfaction. Un signe positif envoyé à la course au large. N’oublions pas que notre sport est mixte ! On peut se répartir en deux groupes : trois pour la « performance » (Isabelle Joschke, Clarisse Crémer et elle-même) et trois plus typées « aventure » (Alexia Barrier et ses compatriotes Pip Hare et Miranda Merron). Mais ce sont toutes de très bons marins. Elles ont toutes beaucoup d’expérience, elles vont toutes marcher !"

"Les Français vont peut-être accepter qu’on gagne ce coup-ci ! "

Comment est née votre passion pour la voile ? Vous suiviez les exploits d’Ellen MacArthur ?
SD :
"A l’époque, je connaissais un peu Ellen. Je l’ai croisée un jour, je rentrais d’un tour du monde (Trophée Jules Verne 1998. Membre de l’équipage 100% féminin mené par Tracy Edwards. Démâtage au large de la Nouvelle-Zélande) J’avais du temps libre, je lui ai proposé un coup de main!  Résultat, j’ai intégré son équipe technique pour la Route du Rhum 2018. J’ai suivi son Vendée Globe, bien sûr, mais sans plus. Je l’ai suivi de loin, je n’avais pas envie de çà à l’époque ! Je rêvais de Volvo, de Whitbread (course autour du monde, mais en équipage et avec escales). C’est mon côté anglo-saxon ! Pour moi, la voile, c’était la régate, la Solitaire du Figaro, pas plus. Je n’avais pas le niveau à l’époque. En 2004, on est venu me chercher. Difficile de refuser !"

On compte 11 skippers étrangers au départ, avec 9 nationalités différentes. Et si c’était enfin la bonne année pour briser l’hégémonie française depuis 1989 ? 
SD :
 "Ellen a fini 2e, Alex Thomson aussi. Les Français vont peut-être accepter qu’on gagne ce coup-ci ! Alex, on ne l’a pas trop vu, j’ai hâte de voir ce que ça donne ! Bon, il n’avait sans doute pas prévu de rester aussi caché ! La situation actuelle ajoute un peu de mystère ! Personnellement, c’est difficile de fixer un objectif. Il y a huit bateaux neufs, quatre bateaux d’ancienne génération très optimisés… On forme un super groupe, on se tire tous vers le haut, je suis impatiente d’être dans cette bagarre. Le bateau a mis 74 jours la dernière fois. C’est tout à fait réalisable. Perso, j’ai vraiment envie de finir. Finir à tout prix pour les enfants, c’est mon 2e objectif. Ne pas baisser les bras."

Gael Robic gael_robic