Le bateau d'Armel Le Cleac'h, Banque Populaire VIII
Le bateau d'Armel Le Cleac'h, Banque Populaire VIII | DPPI - JEAN-MARIE LIOT

Vendée Globe: les foils, grands vainqueurs technologiques

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Majestueux mais jusque-là encore un peu lents, les bateaux du Vendée Globe ont pris des allures de bolides lors de cette 8e édition, grâce à une petite révolution: le foil. Cette sorte d'aile rétractable située de chaque côté du bateau, qui pèse environ 150 kg pièce et que le skipper peut utiliser à la demande, complète l'armement technologique dont se sont petit à petit dotés les monocoques depuis la première édition il y a 27 ans. Résultat Le Cléac'h s'est imposé avec 35 jours de moins que Lamazou, vainqueur en 1990.

Les ingénieurs  ont longtemps étudié l'évolution des bateaux et pensé qu'ils pourraient peut-être un jour "voler sur l'eau". Ils se sont servis de ce postulat pour travailler sur une sorte de structure qui porterait le bateau, et pourrait en soulager le poids en appui sur la mer. Sur les 29 bateaux au départ, 7 étaient équipés de foils . Depuis, Armel Le Cléac'h le premiert a profité de ce progrès tout comme les trois concurrents qui le suivent. De quoi répondre positivement aux interrogations qui entouraient leurs capacités à répondre à des conditions météorologiques délicates.

"Ca va aller de plus en plus vite"

Banque Populaire VIII et Hugo Boss ont été spécialement conçus pour cette édition du Vendée, avec cette innovation majeure. Ils ont mené la course depuis le départ, le 6 novembre, même si Thomson a perdu un foil dans l'aventure en heurtant mi-novembre un objet flottant non identifié. Troisième de la course, Jérémie Beyou se félicite d'avoir un bateau (Maître Coq) équipé de foilst, qu'il estime avoir utilisé 70 % du temps. "On sent le bateau accélérer tout d'un coup et s'alléger. Ça ne vole pas, on n'en n'est pas encore là, mais ça va arriver vite. Au début, ça fait bizarre, ce n'est pas naturel. Il faut aimer aller vite, ça peut être flippant, le bateau part vite. Mais faut s'y faire, ça va aller de plus en vite", relève-t-il. 

Car même s'il il y a encore sans doute des choses à améliorer notamment, le fait "qu'il ya a quand  même une quille au bout de laquelle il y a plusieurs tonnes de plomb. Et le plomb ça n'aide pas vraiment au vol !", explique Ronan Lucas, team manager de l'équipe Banque Populaire de Le Cléac'h, il s'agit indéniablement d'une avancée technique de premier plan.  

Le foil est une part très importante du bateau et de son succès. Il a véritablement changé la discipline qui se trouve, de fait, dans un nouveau cycle de développement dans cette classe de monocoques. C'est une progression majeure qui permet au monde de la voile d'évoluer à la vitesse grand V. Et sans doute la politique d'innovation en la matière n'est pas encore terminée. La recherche se poursuit, y compris sur l'amériloration des foils. Ce qui promer une course enore plus exictant dans les prochaines années. 

Christian Grégoire