Vendée Globe : Kevin Escoffier, enfin seul !

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Auteur·e : Gael Robic
Kevin Escoffier
Le skipper Kevin Escoffier | Yann Riou / Polaryse

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Confiné en famille à Larmor-Plage (Morbihan), Kevin Escoffier poursuit sa préparation pour sa première grande course en solitaire. Longtemps étiqueté "équipier modèle", il navigue désormais à son compte. Le 8 novembre prochain, aux Sables d’Olonne, à l’heure de remonter le fameux chenal, il sera seul maître à bord, enfin. A tout juste 40 ans (fêtés la semaine dernière!). Y’a pas d’âge pour se lancer dans le grand bain ! Après une excellente campagne 2019 (3 courses, 3 podiums), on mettrait bien une petite pièce sur le skipper malouin l’hiver prochain...

Kevin, question désormais rituelle : comment vivez vous ce confinement ?
Kevin Escoffier : "Je suis en famille. Je gère quelques dossiers concernant le bateau, je fais un peu de météo, du sport…Mais ça ne remplace pas la navigation. Ca fait un an que je suis tourné vers le Vendée Globe. J’y pense, même en quarantaine! C’est l’objectif principal de l’année !"

Comme la majorité de la flotte, vous avez procédez à un long chantier cet hiver…
KE : "PRB est à Port-La-Fôret. On l’a sorti de l’eau en décembre pour être totalement dénudé. On est sur un gros chantier depuis quatre mois. Il avait beaucoup navigué en 2019 (3 transatlantiques dans la quille!) et la job-list était conséquente. On a travaillé sur la fiabilité, le  plan de voilure…Les foils sont les mêmes, on a juste touché aux réglages. On a refait tout l’électronique. On lui a même offert une nouvelle peinture ! Il restait 2 semaines de travail avant la mise à l’eau. Le plus gros du job avait été fait."

Vous avez remporté la Transat Jacques Vabre (2005, avec son père), le Trophée Jules Verne (2011, avec Loïck Peyron), la Volvo Ocean Race (tour du monde en équipages, avec Charles Caudrelier, en 2018). Toujours bien accompagné ! Le solitaire, c’est une grande première ?
KE : "J’ai fait 3 tours du monde complets, avec pas mal de milles sur différents supports : multicoques, monocoques…L’utilisation de ce type de bateaux ne m’inquiète pas trop. Ma plus grosse lacune, c’est le solitaire. Je scénarise un petit peu, je pense aux manœuvres, à tout ce que je peux améliorer. J’ai hâte de découvrir ce que je peux faire en solo ! Dès que je peux, je navigue !"

2019 : 3 courses, 3 podiums

Le Vendée Globe, vous connaissez pourtant… 
KE : "J’ai fait deux campagnes planétaires avec Armel Le Cléach’, en 2012 (2è) et 2016 (1er) (il était à l’époque directeur du bureau d’études du Team Banque Populaire). J’assurais les vacations à terre. Ce sont évidemment deux positions différentes. Je travaille beaucoup la préparation mentale, tout ce qui est prise de décision. Tu es tout seul,  tu n’as pas d’échange, de confrontation avec l’autre…En temps normal, le timing est déjà serré, alors là…Si on arrive à faire une transat cet été, plus les séances d’entraînement à Port Laf’, je pense qu’on saura partir sur le Vendée. On a beaucoup plus navigué que certains bateaux neufs. Mais le temps va être compté."

Votre bateau a été mis à l’eau en 2009, mais est loin d’être ridicule face aux monocoques dernière génération. Difficile de faire mieux que la saison dernière ?
KE :  "En 2019, c’était compliqué de faire mieux. Je n’ai aucun regret sur la Transat Jacques Vabre. On finit 2è avec Nico Lunven, en laissant beaucoup de bons bateaux derrière. PRB est un bateau très polyvalent, il reste encore le plus léger de la flotte et on continue à l’optimiser."

Gael Robic gael_robic

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