Vendée Globe - Damien Seguin, premier participant handisport, termine en 6e position

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Damien Seguin, lors du départ du Vendée Globe 2020 le 8 novembre 2020, est devenu le premier skipper handisport à participer à la course, et en plus à la finir
Damien Seguin, lors du départ du Vendée Globe 2020 le 8 novembre 2020, est devenu le premier skipper handisport à participer à la course, et à la finir | Pierre Bouras / DPPI Media / DPPI via AFP

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C'est sans doute l'une des plus belles histoires de ce Vendée Globe 2020-2021. A 41 ans, Damien Seguin était devenu, le 8 novembre dernier, le premier skipper handisport à prendre part à cette course autour du monde en solitaire et sans escale. Avec une main de moins, il a réalisé une course phénoménale pour devenir le premier également à terminer, à une superbe 6e place sur la ligne d'arrivée au large des Sables d'Olonne.

Ce jeudi 28 janvier, à 12h18, après 80 jours, 21 heures, 58 minutes et 20 secondes de course, Damien Seguin a coupé la ligne d'arrivée virtuelle au large des Sables d'Olonne. Terminer cette course mythique est en soit, et pour chacun, un exploit. Pour lui, peut-être un peu plus. Car le natif de Briançon est un athlète paralympique. Deux fois médaillé d'or aux Jeux paralympiques à la voile, il est devenu le premier skipper handisport à prendre part à cette course, le premier à la terminer.

Et il ne finit pas dans l'anonymat (très relatif) du fond de classement. Comme les autres, il a mené un sprint final incroyable. Et sur la ligne, il s'est emparé d'une formidable 6e place, dépassant dans les dernières heures de course l'Italien Giancarlo Pedote (Prysmian Group), à sa grande surprise. En attendant le passage de Jean Le Cam (Yes we cam!), qui bénéficiera de 10h15 de bonifications après avoir sauvé Kevin Escoffier, il occupe donc la 6e place du classement général. Et ça valait bien le plus grand sourire du monde, et un mot : "Incroyable".

"Je ne me suis jamais mis de barrières et je n'ai jamais accepté qu'on m'en mette", assurait Damien Seguin quelques jours avant le départ, le 8 novembre du port vendéen, disant craindre davantage l'abandon qu'un accident, la fatigue ou la solitude à bord de son monocoque (Groupe Apicil) dont l'unique aménagement a consisté à placer un embout sur le "moulin à café" (winch) du cockpit afin qu'il puisse y placer son moignon.

Damien Seguin a eu la chance d'avoir des parents qui ne lui ont jamais mis de limites. "On s'est toujours dit qu'il saurait tout faire comme tout le monde", se souvient sa mère Isabelle Seguin. Il fera donc du vélo, du ski et même de l'alpinisme avec son père, guide de haute montagne. "En mer il est dans son élément, il est heureux", avance sa femme et responsable de son équipe Tifenn Seguin, certaine de sa volonté de repartir dans un tour du monde dans quatre an avec "l'objectif de gagner, pourquoi pas..." Aujourd'hui, il entre dans le clan des navigateurs qui ont réalisé un tour du monde en solitaire et sans escale. Cela n'est pas donné à tout le monde.