Vendée Globe: Charlie Dalin (Apivia) reste en tête avant le passage au Cap de Bone-Espérance

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
Charlie Dalin, toujours en tête
Charlie Dalin, toujours en tête | Maxime Horlaville/Disobey/Apivia

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A la mi-journée lundi, Charlie Dalin est toujours en tête du Vendée Globe. Le skippeur d'Apivia devance Thomas Ruyant et Kévin Escoffier. Mais devant la meute se dresse désormais le premier obstacle de taille sur le parcours, le passage au Cap de Bonne-Espérance et ses conditions météo difficiles.

Pour son premier tour du monde en solitaire, Charlie Dalin file toujours en tête de flotte alors qu'il vient de parcourir un quart du Vendée Globe et que se profile devant lui, sous avis de tempête, le Cap de Bonne-Espérance, premier des trois caps à valider. Dalin et son bateau "volant" (Apivia) naviguent en première position depuis une semaine et s'apprêtent à rejoindre l'océan Indien.

"Je suis heureux d'être là et d'être en tête même si franchement, j'y accorde peu d'importance. Il y a encore des dizaines de milliers de kilomètres à parcourir", a souligné Dalin lors d'une vacation avec le PC Course lundi midi. "J'ai profité aussi de certains déboires de mes adversaires pour me retrouver dans cette situation. Je reste humble devant la tâche qui reste à accomplir, il y a encore des choses qui vont se passer durant ce Vendée Globe", a poursuivi le marin normand de 36 ans.

36 heures de tempête en vue

Dalin devrait se retrouver dans l'océan Indien lundi en fin d'après-midi dans des conditions qui s'annoncent musclées. "Je me prépare pour ma première tempête australe ! Je vais prendre pas mal de vent, une belle grosse tempête pendant 36 heures", a-t-il expliqué, assurant qu'il allait faire attention à son bateau.

Le monocoque de 18 mètres barré par Dalin est l'un des huit voiliers de toute dernière génération sur ce Vendée Globe. Equipés de foils (grands appendices latéraux), ces machines peuvent filer à des vitesses impressionnantes en ayant la coque quasiment hors de l'eau. Et Apivia est le seul de cette flotte dernier cri a n'avoir eu aucun pépin. L'ancien leader britannique Alex Thomson (Hugo Boss) a été contraint à l'abandon samedi en raison d'avaries. Autre favori, Jérémie Beyou (Charal) a dû faire demi-tour deux jours après le départ pour réparer plusieurs casses avant de repartir; il est aujourd'hui classé dernier, à 3377 nm du premier (6255 km).

Dalin est suivi d'un autre bateau "volant", celui de Thomas Ruyant (LinkedOut), qui a perdu de sa vélocité après une avarie sur l'un de ses foils, qu'il a dû tronquer. Ruyant reste cependant dans le sillage de Dalin, à 242 milles nautiques (450 km) En troisième position, évolue un bateau +"volant" mais de première génération (les foils ont été ajoutés après construction alors que pour ceux de la dernière génération, les foils ont été pensés dès la conception). A son bord, Kevin Escoffier a réussi à déloger Jean Le Cam (Yes We Cam!) du podium et se rapproche de plus en plus de Ruyant (écart de 25 nm soit 40 km), tout en évitant de naviguer trop près du Cap de Bonne-Espérance pour ne "pas se prendre un tourbillon avec le vent contre le courant".

"Nous avons un premier coup de vent, mais c'est surtout le deuxième avec un passage de front qui influe sur la trajectoire à suivre... Charlie Dalin devrait d'ailleurs éviter la deuxième dépression, mais nous, le groupe des poursuivants, on va l'avoir ! Le passage du front le 4 décembre risque d'être assez solide... Mais on va d'abord affronter notre premier coup de vent avec 35 noeuds fichier et six mètres de creux", a indiqué Escoffier, dont le bateau est sorti des chantiers il y a tout juste 11 ans.

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Un peu plus loin derrière, la navigatrice franco-allemande Isabelle Joschke (MACSF) a fait une belle progression, elle pointe lundi à mi-journée en 13e position, à 587 nm (1087 km). Elle est entrée dans les mers sud, impressionnée mais aussi inquiète par la houle qu'elle affronte.

"C'est un peu grisant mais je vous avoue que je me demande combien de temps je vais tenir avec cette mer ! Je vais devoir beaucoup prendre sur moi. Sincèrement je n'en mène pas large. Ça va être difficile et long. Je ne sais pas encore comment je vais le vivre", a-t-elle soufflé.

AFP