Vendée Arctique : dis, c'est quand le Vendée Globe ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Gael Robic
Les monocoques du Vendée Arctique, le 4 juillet 2020
Les monocoques du Vendée Arctique, le 4 juillet 2020 | AFP

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La première édition de la Vendée Arctique se voulait une répétition générale du tour du monde en solitaire. Entre scénario haletant, nouvelles têtes et avaries majeures, voici les enseignements de cette compétition à quatre mois du Vendée Globe…

● Trois garçons pleins d’avenir

Beyou, Dalin, Ruyant. Le podium final de cette Vendée Arctique ne rapporte que des queues de cerise au PMU de la voile. Nombre d’observateurs touchent le tiercé dans l’ordre. Logique, après tout : ces trois là –séparés par 1h10 à l’arrivée !- sont les plus rapides, et les mieux préparés de la flotte. Déjà prêts à remettre ça autour du monde, les lascars ! "Je sais où je vais et comment y aller", résume Jérémie Beyou.

Son monocoque chromé, très profondément repensé cet hiver, reste le maître-étalon de la flotte. Mais la concurrence fait quasi jeu égal. Alex Thomson et Nicolas Troussel, les deux grands absents de la Vendée Arctique, savent ce qu’il leur reste à faire… Au gré d’une météo joueuse, les bateaux de la génération précédente se sont mêlés, par instants, au trio magique. Impressions trompeuses : les foilers dernière génération évoluent dans un autre monde. Mais attention : être rapide sur deux semaines, c’est bien. Etre fiable pendant deux mois, c’est mieux…

● Tripon, Simon, c’est non !

La Vendée Arctique se voulait un banc d’essai du Vendée Globe. Un bac blanc du tour du monde. Certains skippers savent aujourd’hui ce qu’ils doivent bûcher en priorité : la fiabilité. Passe encore l’atelier couture de Kevin Escoffier, 5e, au chevet d’une grand voile en bout de course. Armel Tripon, lui, remet les mains dans la colle. Son superbe monocoque sérieusement endommagé par une collision avec un OFNI (objet flottant non identifié) dix jours avant le départ, l’atelier commando mis en place pour réparer dans les temps n’aura pas suffi.

Le Nantais a tout de même laissé entrevoir le potentiel supposé de sa machine au départ. Le voilà lancé dans un nouveau contre-la-montre pour assurer sa qualification avant le 16 septembre. Pour Sébastien Simon, l’histoire tourne à la mauvaise blague. Deux courses, trois foils au fond de l’océan ! On ne peut plus parler de hasard. Officiellement, pas de trace de choc, comme sur la Jacques-Vabre. Alors ? Problème structurel ?  La facture commence à être copieuse. On ne doute pas de la volonté du jeune skipper vendéen d’être là le 8 novembre prochain. Mais pourquoi faire ?

● Samanta Davies, Isabelle Joschke, Clarisse Cremer : trois filles dans le vent ! 

4e, Sam Davies et ses foils XXL sont plus que jamais candidats aux places d’honneur sur le tour du monde. Pour sa grande première en solitaire sur ces bateaux-là, Clarisse Cremer termine 12e. Ceux qui ne voient à travers elle qu’une belle opération de com’ en sont pour leurs frais. A ceux qui s’en inquiétaient, la Parisienne a toute sa place dans la catégorie reine. Qu’on se le dise, Clarisse sur l’Atlantique, c’est du sérieux !

Pour sa part, Isabelle Joschke se devait absolument de finir. Solidement installée dans le quinté de tête, la franco-allemande ne doit sa 13è place qu’à une avarie majeure (bôme cassée). Rassurant tout de même pour la protégée d’Alain Gautier (vainqueur du Vendée 1992) après une Jacques-Vabre désastreuse. 

● Maxime Sorel, la belle histoire

Méfiez vous de cette tête blonde : 11e, le Cancalais remporte le classement officieux des « dérives droites », les bateaux sans foils. Une performance tout sauf anecdotique : le jeune Breton se permet de laisser derrière lui des bateaux bien plus performants. Il l’affirme, il « a coché toutes les cases ». A suivre sur le Vendée Globe…

Gael Robic gael_robic