Sébastien Simon : "Le Vendée Globe, je l'attends depuis des années"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Gael Robic
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Si loin, si proche. Le 8 novembre, c’est dans sept mois. Date de départ -confirmée, pour l’instant- de la neuvième édition du Vendée Globe. Pour les trente-cinq candidats potentiels au départ de ce tour du monde en solitaire et sans escale, c’est déjà demain. L’occasion, pour France tv sport, de faire une large revue d’effectif. Premier rendez-vous avec Sébastien Simon. Ça tombe bien, il est Vendéen…

Le Vendée Globe, il connaît. Le Vendée Globe, il va pourtant le découvrir. Pour de vrai, pour de bon. Hasard de l’histoire : à 29 ans, Sébastien Simon, skipper des Sables d’Olonne, sera le premier Vendéen de l’histoire au départ du Vendée Globe ! Huitième de la Transat Jacques Vabre cet automne - malgré la perte de ses deux foils - le vainqueur de La Solitaire 2018 entend jouer les premiers rôles dès sa première participation. Confidences d’une des nouvelles têtes montantes de la classe IMOCA…

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Sébastien, avant tout, comment vivez-vous ce confinement ?
Sébastien Simon :
"Je suis chez moi, aux Sables d’Olonne. On ne peut pas tous être à l’atelier. Le travail continue à Port-La-Fôret. Le team Arkea-Paprec est encore en activité. L’activité est fortement ralentie. Seules 3 personnes travaillent au même moment dans l’atelier. En temps normal, c’est une équipe de 9 à 10 personnes. On a bien sûr appliqué toutes les mesures barrières, avec quadrillage au sol et sens de circulation, et personne ne travaille au même endroit sur le bateau. On avance tant qu’on peut, en prenant toutes les précautions."

Le chantier d’hiver était assez conséquent…
SS :
"Il nous restait cinq semaines jusqu’à la mise à l’eau du bateau (prévue le 20 avril, ndlr). On a lancé cet hiver des travaux ambitieux pour la fiabilité du bateau, sans parler du chantier des nouveaux foils. On a beaucoup bossé sur l’ergonomie. Au départ, on avait fait le choix initial d’un bateau "rudimentaire", un peu simpliste question vie à bord : pas de siège de barre, pas de réchaud à bord (installé au Havre, au départ de la Transat Jacques Vabre), pas de protection de cockpit. C’était sportif ! Aujourd’hui, je suis satisfait du compromis. La casse des foils sur la Transat Jacques Vabre a été un sacré coup dur pour toute l’équipe. Changer de foils implique de modifier beaucoup de choses dans le bateau. Démontage/montage, c’est 6 semaines de boulot pour 4 personnes. On a bien avancé, on a fait les 2/3. Mais on dépend aussi de nos fournisseurs. Les nouveaux foils, par exemple, devaient nous être livrés fin avril. Aujourd’hui, on n’a plus de date ! Le planning n’est plus le même. J’aime bien avoir des dates, un calendrier établi. Là, j’ai ma petite dose de stress."

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Votre préparation est aussi fortement touchée ?
SS : "Cela impacte beaucoup de choses. Au départ, le programme de courses prévoyait deux transats, la transat anglaise (Brest-Charleston, départ initialement prévu le 10 mai) et la transat retour (New York-Vendée-Les Sables d’Olonne, départ le 16 juin). Je ne devais faire que le retour en course, pour me laisser le temps d’une bonne préparation en amont. Aujourd’hui, on parle d’une seule course, une boucle atlantique de 15 jours, trois semaines au mois de juin. Le planning devient serré. Les relations partenaires sont aussi décalées ou annulées, le chantier d’été sera réduit, avec moins de temps de navigation… Nos bateaux neufs (Arkea-Paprec est l’un des huit bateaux neufs au départ du Vendée Globe) sont des engins très technologiques. En temps normal, on est déjà à flux tendu. En général, on n’a pas de temps à perdre. Là, il va falloir faire des choix."

Question entraînement, comment vous organisez vous ?
SS : "La fédération nous interdit tout entraînement nautique jusqu’au 5 mai. Je bosse en liaison avec le Pôle Finistère Course au Large de Port-la-Fôret. Les formations météo se font par visio-conférence, les séances de sport collectif aussi ! C’est plutôt sympa !" 

Vincent Riou est le directeur technique et manager du projet Arkea-Paprec. Avoir un ancien vainqueur (Vendée Globe 2004/2005) à ses côtés, c’est un gain de temps précieux ?
SS : "Vincent est plus dans le feeling, moi je suis plus cartésien, plus appliqué. Sur la gestion mécanique du bateau, je pense être capable de maîtriser. Mes questions sont davantage sur la météo, sur des zones géographiques que je ne connais pas : l’Océan Indien, le Pacifique. Je me pose beaucoup de questions là-dessus. Son expérience m’aide beaucoup."

Vous arrivez à penser au Vendée Globe ?
SS : "J’y pense de plus en plus. Cette course, je l’attends depuis des années. La directrice du Vendée Globe m’a confirmée que le départ était pour l’instant maintenu au 8 novembre. Je me suis mis en tête qu’on part à cette date."

Gael Robic gael_robic

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