Le skipper Armel Le Cléac'h
Armel Le Cléac'h à bord de Banque Populaire VIII | Image du bord / BPCE

Le point Vendée Globe: dernière ligne droite pour Le Cléac'h et Thomson

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Pour qui le Vendée Globe ? En tête depuis le 3 décembre, Armel Le Cléac'h est à une semaine de sa première victoire sur l'Everest des mers, lui l'éternel deuxième, mais rien n'est encore joué face au Britannique Alex Thomson dans une course sans équivalent. Après 64 jours de course, Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) tient toujours la position de leader, serré de près par Alex Thomson (Hugo Boss). Le Gallois pointait ce lundi soir à 86,5 milles du Français, sur cette course autour du monde en solitaire sans assistance et sans escale, à bord de monocoques (Imoca), et partie le 6 novembre à 12h02 (GMT) des Sables-d'Olonne.

Selon les dernières estimations des organisateurs, l'arrivée du vainqueur de l'édition 2016/2017 pourrait se faire le 17 janvier en fin de journée, voire le 18. Un calcul partagé par le tenant du titre, François Gabart. "Ils ne vont pas très vite en ce moment, mais comme ils avaient pris pas mal d'avance, je pense qu'ils vont arriver, mercredi ou jeudi. Je les vois bien arriver entre 72 et 75 jours", indique Gabart à l'AFP. François Gabart, le novice, a remporté l'édition 2012/2013 en 78 jours 02 heures 16 minutes 40 sec, établissant un nouveau record de la compétition, qui devrait donc être battu la semaine prochaine. Et selon le classement actuel, c'est Armel Le Cléac'h qui devrait le faire, lui qui attend ce moment depuis 8 ans. 

En 2008 pour sa première participation, il avait terminé deuxième derrière Michel Desjoyeaux. Avant de finir à nouveau 2e en 2013, à seulement trois heures de Gabart. "Jusqu'au bout ça ne va pas être simple", a tenu à prévenir lors de sa dernière liaison radio vendredi avec le PC course, Le Cléac'h, qui tient la tête non stop depuis plus d'un mois. "A moins de deux semaines de l'arrivée, j'essaye de faire attention et de conserver la tête de course. Il ne va pas falloir s'énerver mais ne pas se laisser faire. La dernière ligne droite sera compliquée".

"Quelque chose peut casser jusqu'au dernier jour"

En embuscade, le Gallois Thomson a bien envie d'être le premier étranger à remporter le Vendée Globe, cette course qui le fait tant rêver. "C'est devenu la plus grande course au large au monde. C'est génial et je l'adore", a confié Thomson vendredi à l'AFP. Il y prend part pour la 4e fois, avec à son actif une 3e place en 2012/2013 et deux abandons (2004 et 2008). 

Fort de son expérience, Gabart tient à rappeler que "tant que tu n'as pas coupé cette fameuse ligne, tu n'as pas gagné". "Je l'ai dit avant le départ et je le redis aujourd'hui, le Vendée est une course par élimination, ce qui peut arriver à n'importe quel moment. On n'est jamais à l'abri de ça. Je ne le souhaite évidemment pas, ni pour Armel ni pour Alex, ni pour +Jérém+ (Jérémie Beyou, 3e) ni pour personne mais ils peuvent casser quelque chose jusqu'au dernier jour", étaye Gabart. "Ils peuvent casser quelque chose de grave qui va entraîner l'abandon ou de moins grave mais qui va les faire ralentir pendant 24 heures. Ils vont être au près dans l'alizé donc le bateau va être très sollicité. Il y a pas mal de paramètres qui laissent penser que c'est loin d'être fini". 

Un même son de cloche pour Michel Desjoyeaux, le seul skipper à avoir remporté deux fois la course (2000/2001 et 2008/2009) et consultant pour cette édition sur RMC-BFM TV. "Les conditions sont encore très dures, moi je m'étais fait casser la figure à 4 jours de l'arrivée. On peut très bien se retrouver entre les Açores et les Sables-d'Olonne avec des dépressions qui sont aussi violentes que celles des mers du sud". 29 bateaux ont pris part à cette 8e édition du Vendée Globe. Onze ont abandonné.

AFP