Stéphane Le Diraison VG2016
Le skipper français Stéphane Le Diraison (Compagnie du Lit / Ville de Boulogne-Billancourt). | JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Le point Vendée Globe : Armel Le Cléac'h fait le break, le calvaire de Le Diraison et Ruyant

Publié le , modifié le

Si Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) s'envole en tête du Vendée Globe avec plus de 510 milles d'avance sur Alex Thomson (Hugo Boss), à l'arrière de la course, le week-end s'est montré beaucoup plus virulent. Stéphane Le Diraison (La Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt) a vécu un vrai calvaire après avoir démâté en plein Océan Indien à plus de 800 miles des côtes australiennes alors que Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine) a été victime d'un problème structurel entraînant une voie d'eau. Le Diraison a notamment lutté pendant de longues heures pour "sauver sa peau"...

Stéphane Le Diraison "voulait sauver sa peau"

J’étais à l’intérieur, je suis parti dans un surf à 28 noeuds, j’ai entendu un grand fracas. J’ai cru que c’était l’outtrigger, je suis sorti en chaussettes car j’étais dans mon duvet en train de tenter de m’endormir. Je croyais le bateau partait à l’abattée mais quand je me suis tourné je suis sorti, j’ai pris la barre et là j’ai vu que j’avais plus de mât. Ca fait un sacré choc surtout que là il ne reste vraiment plus rien ! Dans un démâtage, les mâts cassent habituellement au niveau du 1er ou 2ème étage de la barre de flèches, moi il est carrément parti du pont, sectionné à la base ! Il ne reste rien ! [...] J’ai rarement autant galéré de ma vie… C’était infectissime. Il y avait 35 noeuds de vent dans une mer croisée dans un front. J’étais gelé, le bateau se faisait brasser dans les vagues malgré ses 9 tonnes et ses 18 mètres de long ! C’est vraiment violent de tout gérer, j’étais complètement épuisé, ça demande d’aller chercher des ressources en soi qu’on ne soupçonne même pas… Il fallait sauver ma peau car j’étais quand-même à la dérive dans l’océan austral pas très loin des glaces donc ce n’est vraiment pas confortable psychologiquement.

J’étais à l’intérieur, je suis parti dans un surf à 28 noeuds, j’ai entendu un grand fracas. J’ai cru que c’était l’outtrigger, je suis sorti en chaussettes car j’étais dans mon duvet en train de tenter de m’endormir. Je croyais le bateau partait à l’abattée mais quand je me suis tourné je suis sorti, j’ai pris la barre et là j’ai vu que j’avais plus de mât. Ca fait un sacré choc surtout que là il ne reste vraiment plus rien ! Dans un démâtage, les mâts cassent habituellement au niveau du 1er ou 2ème étage de la barre de flèches, moi il est carrément parti du pont, sectionné à la base ! Il ne reste rien ! [...] J’ai rarement autant galéré de ma vie… C’était infectissime. Il y avait 35 noeuds de vent dans une mer croisée dans un front. J’étais gelé, le bateau se faisait brasser dans les vagues malgré ses 9 tonnes et ses 18 mètres de long ! C’est vraiment violent de tout gérer, j’étais complètement épuisé, ça demande d’aller chercher des ressources en soi qu’on ne soupçonne même pas… Il fallait sauver ma peau car j’étais quand-même à la dérive dans l’océan austral pas très loin des glaces donc ce n’est vraiment pas confortable psychologiquement.

Quentin Ramelet @Quentin_Ramelet

Vendée Globe