Les skippers, le règlement, le temps à battre... Quatre choses à savoir sur la tentative de record du Trophée Jules Verne

Publié le , modifié le

Auteur·e : Célia Sommer
Thomas Coville (Sodebo)
Thomas Coville va tenter de devenir le premier homme à passer sous la barre des 40 jours pour le tour du monde en équipage. | Eloi Stichelbaut

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Les équipages du Maxi Edmond de Rotschild et du Sodebo Ultim 3 se sont élancés à la conquête du Trophée Jules Verne dans la nuit de mardi à mercredi. Le défi récompense l’équipage qui aura établi ou amélioré le record du tour du monde à la voile, sans escale et sans assistance, sur une distance minimale de 21 760 miles, soit 40 300 km. Voici les quatre choses à savoir sur cette course mythique.

► Qui sont les skippers en lice ?

Les deux maxi-trimarans volants, celui de Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) et celui de Franck Cammas et Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild), sont partis à une demi-heure d'intervalle dans la nuit de mardi à mercredi en quête du record du tour du monde en équipage (Trophée Jules Verne). Les deux multicoques de dernière génération ont dans leur viseur les 40 jours et 23 heures de Francis Joyon et ses 5 hommes d'équipage établis en janvier 2017 (Idec Sport), soit le record absolu autour de la planète.

Coville et ses 7 membres d'équipage (François Duguet, Sam Goodchild, Corentin Horeau, Martin Keruzoré, François Morvan, Thomas Rouxel, Matthieu Vandame) ont été les premiers à partir. Ils ont passé la ligne au large d'Ouessant (Finistère) à 02h55 heure française (01h55 GMT). Le duo Cammas-Caudrelier et leurs 4 équipiers (Yann Riou, Erwan Israël, Morgan Lagravière et David Boileau) ont suivi à 3h26 (2h26 GMT).

► La fenêtre météo : un facteur crucial 

Les skippers ne s’élancent pas à n’importe quel moment. Les conditions météorologiques sont déterminantes pour effectuer un bon départ, et mettre toutes les chances de son côté pour espérer battre le record du monde. Avant de mettre les voiles, l’équipage est en stand-by pendant un certain temps. Et l’attente est parfois très longue… Les skippers Franck Cammas et Charles Caudrelier avaient fixé une période de stand-by allant du 1er novembre aux premiers jours de février 20201. L’annonce des changements de situation météorologique et d’un possible départ se fait via un système de codes couleurs : 
Noir = pas de départ possible avant 96h 
Rouge = observation d’un départ possible entre 72 et 96h
Orange = observation d’un départ possible entre 48h et 72h 
Jaune = départ probable entre 24 et 48h 
Vert = départ dans les 24h

► Tout est autorisé… enfin, presque

Pour tenter de remporter le trophée Jules Verne, le concurrent doit posséder un bateau et un équipage non-restreint, capable d’effectuer un tour du monde sans assistance et en moins de 80 jours. Un équipage peut ainsi être composé de 2, 5, 8, ou même 15 personnes. Les promoteurs du Trophée Jules Verne ont imaginé une épreuve ouverte à tout voilier, sans limite de taille. Contrairement à d’autres courses, les skippers jouissent donc d’une grande liberté pour choisir leur navire. Toutefois, une règle importante prévaut : les bateaux sont propulsés par la seule force du vent. Toute sorte d’énergie propulsive est strictement interdite.

Le bateau doit d’abord couper la ligne de départ définie par une ligne reliant le phare de Créac’h sur l’île d’Ouessant et le Phare du Cap Lizard. Puis, faire le tour du monde en laissant à bâbord Le Cap de Bonne Espérance, le Cap Leeuwing et le Cap Horn. Enfin, ils doivent recouper la ligne définie ci-dessus en sens inverse. 

► 40 jours et 23 heures 30 minutes, le record à battre

Depuis la création du Trophée Jules Vernes en 1993, seules 9 tentatives ont été couronnées sur 19. Ces navigateurs, qui ont vu graver leur nom sur la plaque du Trophée Jules Verne sont Bruno Peyron trois fois, Peter Blake, Robin Kno-Johnston, Olivier de Kersauson deux fois, Franck Cammas et Loïck Peyron. D’autres marins les ont défiés et continueront encore. 

La première année, en 1993, le record a été établi par Bruno Peyron et son catamaran Commodore Explorer, en 79 jours et 6 heures. Aujourd’hui, le record Jules Verne est détenu par le Français Francis Joyon et son Trimaran Idec sport, établi en 2017. L’équipage a parcouru le tour du monde en 40 jours et 23 heures. Evidemment, certains skippers dont les bateaux filent à plus de 30 nœuds autour du globe aujourd’hui n’ont rien à envier au voyage à 14,39 nœuds de Bruno Peyron

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Trophée Jules Verne