Yvan Bourgnon
Le skipper suisse Yvan Bourgnon | JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Yvan Bourgnon: "Pas là pour faire un coup médiatique"

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Quatre mois après la disparition de son frère Laurent en Polynésie, Yvan Bourgnon sera dimanche au départ de la 12e Transat Jacques-Vabre, en tandem avec le Cancalais Gilles Lamiré. Les deux hommes concourront dans la catégorie Multi50. Leur objectif : "s'entendre et travailler ensemble à l'avenir", confie Bourgnon qui embarque pour cette course avec un navigateur qu'il considère comme un ami. Un ami avec lequel il souhaite s'imposer à Itajai (Brésil) mais aussi former un duo susceptible de remporter d'autres courses dans le futur.

Quand et comment avez-vous décidé de faire équipe pour la TJV-2015 ?

Yvan Bourgnon : "C'est avant tout une histoire d'amitié. C'est ça qui est sympa. Ce  n'est pas une alliance professionnelle. Ca s'est décidé le 25 août, quand  Gilles m'a appelé à mon retour de Polynésie (où il était parti à la recherche  de son frère, NDLR). Quand tu es un +pro+, tu n'as pas de mal à t'entendre avec  un autre équipier. Mais nous, on voulait plus que ça, on voulait qu'il y ait  une continuité et on n'est pas là pour faire un coup médiatique et au revoir.  Notre objectif, c'est de s'entendre et de travailler ensemble à l'avenir."

Après des raids comme celui que vous venez de boucler autour du monde,  est-ce que vous allez revenir à des formats de courses plus classiques, comme  ceux que vous avez largement pratiqués avec votre frère Laurent et en solo ?

Y. B. : "La compétition, je n'ai jamais arrêté d'en faire. En 2012, j'ai fait 28  régates dans l'année. Ce qui m'a manqué un peu, depuis 2013, c'est la course au  large que j'ai énormément pratiquée entre 1990 et 2007. Mais j'ai +bouffé+  beaucoup de transats (...) et il n'y a pas de soucis, ça revient vite. J'espère  qu'on va continuer en Multi50, il y a des courses comme Québec - Saint-Malo  l'année prochaine, la prochaine Transat Jacques-Vabre (2017), il y a de la  matière pour s'amuser encore. Ainsi qu'un projet un peu personnel, le tour du  monde en solo avec un trimaran de 23 m, contre les vents dominants. Avec comme  première échéance possible un départ en novembre-décembre 2017. Ce sera très  engageant physiquement car il y aura beaucoup de près mais moins risqué que ce  que je viens de faire."

La disparition de votre frère va-t-elle vous amener à prendre un peu  moins de risques que dans le passé ?

Y. B. : "Oui. Si je fais le bilan du tour du monde que je viens de boucler en  catamaran de sport, je constate qu'à cinq reprises j'ai failli y laisser ma  peau. Et donc je me dis que j'ai vécu quelque chose d'extraordinaire. J'ai  joué, c'est passé, j'ai eu une réussite insolente mais il ne faut peut-être pas  pousser le bouchon trop loin. Il faut que je baisse le curseur et la  disparition de Laurent me donne moins envie de faire des trucs très risqués.  Mais j'ai autant soif d'aventure, de records, de compétition. Il y a encore  plein de choses à faire qui sont sportivement moins dangereuses mais hyper  intéressantes."

AFP