Transat jacques vabre, port du Havre
La flotte réunie dans le bassin Paul Vatine au Havre en 2011 | MAXPPP/TEAMSHOOT

Jacques Vabre 2013: c’est alléchant

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Un plateau relevé et un parcours piégeux présentés mardi au cinéma Max Linder Panorama à Paris, l’édition 2013 de la Transat Jacques Vabre laisse augurer une bataille de tous les instants au cours des 5 400 milles de course entre Le Havre et Itajai au Brésil. Quatre catégories de bateaux (CLASS40, MULTI50, IMOCA60, MOD70) s'élanceront le 3 novembre de Normandie.

Pour son 20e anniversaire, la Transat Jacques Vabre a mis les petits plats dans les grands. Présentée dans le très cosy cinéma Max Linder Panorama à Paris mardi, la course suivant la route du café réunira 14 des 20 skippers engagés sur le dernier Vendée Globe. Un signe de bonne santé pour une épreuve qui fête sa 11e édition. "En 1993, il n’y avait que 13 bateaux contre 45 aujourd’hui", témoigne Clotilde Bednarek, trésorière de l’Association Transat Jacques Vabre. Cette flotte de 45 embarcations est la deuxième plus importante de l’histoire de la course, qui s’élancera du Havre le 3 novembre en direction d’Itajai. Une toute nouvelle destination après les arrivées à Carthagène, Salvador de Bahia et Puerto Limon dans le passé.

Le parcours le plus long 

La ville du sud du Brésil sera le juge de paix des 5400 milles de course, plus grande distance jamais parcourue sur la Transat. "Avec ce long parcours, nous envoyons les skippers plus au Sud, vers une zone de 1000 milles où ils ne sont pas habitués à naviguer", explique le directeur sportif de la course Manfred Ramspacher. Entre la sortie de Manche où le trafic est toujours dense, le Golfe de Gascogne, les Açores, le Pot au Noir ou encore la Côte Atlantique au large du Brésil, les pièges seront nombreux pour les 90 marins engagés en duo dans 4 catégories différentes. "Le parcours est intéressant. Il va y avoir deux parties très compliquées aux extrémités : dans la Manche où l’on peut avoir une mer assez forte en cas de basse pression. Et à l’arrivée où l’on peut avoir des circulations bizarres de vent, analyse Alessandro di Benedetto, 11e du Vendée Globe 2012. La course sera très ouverte."

Autre facteur favorable à une course indécise, l’absence de marque sur le parcours. Pour cette édition, la direction de l’épreuve n’impose donc aucun passage de portes ou de bouées aux bateaux. "C’est bien d’avoir un peu de liberté et quelque chose d’assez simple avec une ligne de départ et une ligne d’arrivée que l’on doit franchir le premier", se félicite François Gabart, l’œil rieur. Impatient d’en découdre, le vainqueur du dernier Vendée Globe sera l’un des favoris de la catégorie IMOCA60 avec son équipier Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Tour du monde en solitaire. Mais la concurrence sera rude, entre les duos Riou-Le Cam, de Broc-Boissières, Beyou-Pratt ou Bidégory-Guillemot et les marins chevronnés qui s’élanceront du Havre en compagnie de co-skippers moins expérimentés (Stamm, de Lamotte, di Benedetto). "Il y a le gotha de la voile. Dès que je me retourne, je vois les meilleurs skippers du monde, juge di Benedetto. Il y a des petits frissons qui me rappellent la préparation du Vendée Globe."

Quatre classes et de nombreux favoris

Ce plateau relevé en IMOCA60 est toutefois lesté de Jean-Pierre Dick, triple vainqueur de la Transat (2003, 2005, 2011) dans la catégorie. Pour le retour des grands multicoques sur l’épreuve (MOD70), le Niçois a choisi de monter en gamme et formera avec Roland Jourdain une paire redoutable sur le 70 pieds Virbac-Paprec. Si les Class40 et Multi50 abritent de nombreux concurrents novices, la présence de pointures telles que Le Blevec, de Pavant, Roucayrol, Eliès, Féquet, D’Ali, Seguin, Richomme, Merron, Thompson, Jenner, Escoffier ou Manuard promet une lutte acharnée. Et le respect de la devise de la Transat Jacques Vabre : 4 classes pour 4 vainqueurs. Des futurs lauréats que les Havrais auront le privilège de voir longuement le 3 novembre, jour du départ. Afin de "montrer les bateaux" au public, l’ensemble de la flotte effectuera un parcours le long des côtes, entre le Cap de la Hève et Etretat. Avant de lancer les grandes manœuvres plus au large. Direction Itajai.

Jerome Carrere