Alessandro di Benedetto, Team Plastique
Le skipper italien Alessandro di Benedetto | JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Di Benedetto: "Comme le Vendée Globe"

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Heureux de prendre le départ de la Transat Jacques Vabre ce dimanche au Havre, Alessandro di Benedetto "veut prendre du plaisir" à la barre de son 60 pieds Team Plastique. Onzième et dernier du Vendée Globe début 2013, le skipper italien désire également "partager son aventure avec le public."

Comment prépare-t-on une Transat Jacques Vabre ?
Alessandro di Benedetto: J’ai terminé 11e du Vendée Globe mais je n’ai pas poussé le bateau donc il était peu abimé. Nous n’avons pas perdu de temps à le remettre en état et il est quasiment prêt. Avec Alberto Monaco, le co-skipper, on vient de terminer le parcours de qualification de 1000 milles. Il nous a été imposé parce qu’Alberto n’a jamais fait de compétition en 60 pieds. On s’est qualifié et le bateau a terminé en bon état. L’idée est de terminer toute la partie sécurité avant d’arriver au Havre. Dans le programme il est prévu qu’on navigue encore puis on transfèrera le bateau à Ouessant pour la banque d’images avant de prendre la mer au Havre.

Qu’est ce qu’il va falloir pour gagner ?
AdB: Un bon bateau déjà (rires). Comme Gabart et Desjoyeaux, comme Le Cam ou Riou pour n’en citer que quelques-uns. Nous, avec Team Plastique, on a un bateau qui a plus de 15 ans. On va essayer de raconter et de partager cette course avec le grand public. Et d’un autre côté on va essayer de plus pousser le bateau que lors du Vendée Globe. Même si c’est le plus lent de la flotille, il est en bon état. Alors, on va essayer de s’amuser et de prendre du plaisir à naviguer et à communiquer.

Di Benedetto: "C'est le public qui fait les grandes courses"

C’est vrai que le plateau est particulièrement relevé cette année…
AdB: C’est fantastique, j’en suis presque ému ! Regardez derrière moi il y a Kito de Pavant, Lou Roucayrol, Le Blévec, c’est le gotha de la voile. Il y a les skippers les plus performants du monde ici. C’est un honneur d’être parmi eux. J’ai des petits frissons qui me rappellent la préparation du Vendée Globe.

Vous êtes justement l’un des 11 skippers ayant coupé la ligne d’arrivée du Vendée Globe. Que retenez-vous de cette course ?
AdB: C’était extraordinaire. On a repris un vieux bateau avec l’idée de terminer la course et de la raconter au public (il publiait de nombreuses vidéos durant la course, ndlr). On a réussi à le faire avec un très petit budget. C’était d’autant plus fantastique que l’écart entre François Gabart et moi est le plus petit de l’histoire du Vendée Globe (entre le premier et le dernier, ndlr). On a eu beaucoup de connections avec le public pendant la course. Avant on avait fait de nombreuses choses au niveau social. Dans des écoles, des hopitaux psychiatriques, des prisons, pour une meilleure éducation aux massages cardiaques. En un an et demi de préparation j’ai eu l’impression de prendre quinze ans d’expérience. Tout ça c’est grâce au public et il ne faut pas l’oublier. C’est lui qui fait ces grandes courses.

Quelles sont les différences entre une course en solitaire et en duo comme la Transat ?
AdB: Ca change beaucoup de choses parce qu’on peut être plus attentifs. Il y a toujours une personne qui surveille le bateau. C’est très important. En solitaire le principal danger c’est les collisions, que ce soit avec les icebergs dans le Sud ou les chalutiers, les cargots voire la côte si on est très fatigué. A deux il y en a un qui guette pendant que l’autre peut se reposer.

Di Benedetto: "Objectif Vendée Globe 2016"

Le parcours va être très exigeant et il n’y aura aucune marque de course. Qu’en pensez-vous ?
AdB: Le parcours est très intéressant. J’ai découvert que c’était le plus long de toutes les éditions de la Jacques Vabre. Il peut y avoir une partie difficile au départ. S’il y a des basses pressions qui arrivent et rentrent dans la Manche, ça peut donner une mer forte. Ensuite, il y aura le Golfe de Gascogne et le cap Finistère à passer, ce n’est jamais évident. Puis on va se diriger vers les alizées et le pot au noir. Mais pour moi, la partie la plus importante sera l’arrivée. On peut avoir des basses pressions, des circulations bizarres de vent avec des zones déventés influencés par des basses pressions qui remontent de l’Argentine vers Itajai. La course est vraiment ouverte.

Cette année, un équipage australien participe à la Transat pour la première fois. Vous êtes vous-même italien. Quel est votre sentiment face à cette ouverture à l’international ?
AdB: Si la voile peut s’exporter à l’étranger c’est très bien, même si c’est une course française. Ce caractère international est très important. Le Vendée Globe fait partie des 5 évènements sportifs les plus suivis au monde…

Quels sont vos objectifs à plus long terme ?
AdB: J’espère un plus gros sponsor parce que Team Plastique est trop petit pour s’afficher sur le Vendée Globe 2016. Je continuerai à faire naviguer ce bateau mais mon objectif principal est de faire le Vendée Globe 2016 avec un bateau de 2007-2008.

Jerome Carrere