Thomas Coville
Thomas Coville, de retour sur terre | JEAN MARIE LIOT / DPPI

Thomas Coville : "C’est l’histoire humaine et le chemin parcouru que je retiendrais"

Publié le , modifié le

Accueilli en héros à Brest après son incroyable record du tour du monde à la voile en solitaire et sans escale (en 49 jours, 3 heures, 7 minutes et 38 secondes), Thomas Coville a de nouveau les pieds sur terre. Le skipper français est revenu sur sa performance et ce rêve qui se réalise pour celui qui aura dû attendre sa cinquième tentative avant de faire tomber une marque vieille de huit ans. Mais plus que le record lui-même, Coville veut avant tout retenir "l’histoire humaine et le chemin parcouru".

Vous avez passé 49 jours seul en m​er. Comment s'est passé cette première journée et cette première nuit sur la terre ferme ?

Thomas Coville : C’est un sentiment assez bizarre, celui d’avoir l’impression que ton rêve t’échappe et devient celui des autres. La première nuit, elle, est comateuse avec la sensation que tout est terminé. C'est le sommeil de celui qui a accompli quelque chose et qui n'a plus à se projeter.

On vous a vu très ému à votre arrivée à Brest, devant une foule immense venue pour saluer votre record. Est-ce que ce jour restera comme le plus beau de votre vie sportive ?

T.C. : C'est sûr que ce fut une émotion particulière car cela reste ma plus belle victoire en solitaire. Mais ce fut surtout un très grand jour pour moi en tant qu’homme et en tant qu’athlète. J’ai battu ce record lors de ma cinquième tentative mais les quatre précédentes m’ont permis d’avoir l’expérience pour aller jusqu’au bout. J'ai tenté, j'ai échoué, je suis tombé, je me suis relevé... Plus que le résultat et le record, c’est l’histoire humaine et le chemin parcouru que je retiendrais.

Vous avez connu quelques soucis de santé durant cette traversée, notamment une sérieuse infection au genou droit. Cette cinquième tentative a-t-elle été la plus intense physiquement et moralement ?

T.C. : Étant donné les mensurations impressionnantes de Sodebo (31 mètres de long, 21 mètres de large et un mât de 35 mètres de haut, ndlr), cette cinquième tentative a forcément été la plus dure et la plus intense d’un point de vue physique. Pour ce qui est du mental, je n’ai jamais pris autant de plaisir à naviguer, à sentir une telle sensation de glisse pendant ce tour du monde. Moralement, c'était parfait si on peut le dire ainsi.

Vous battez le record de Francis Joyon de huit jours (le précédent record était de 57 jours et 13 heures, ndlr). Aviez-vous dans un coin de votre tête l’objectif de passer sous cette barre symbolique des 50 jours ?

T.C. : Non, jamais. Je suis parti avec un seul objectif en tête : celui de battre le record de Francis Joyon. Que ce soit d’une minute, d’une heure ou d’un jour, cela n’avait pas d’importance tant que je faisais tomber ce record. C’est surtout mon équipe derrière qui a mis la pression en voyant qu’il était possible de passer sous le cap des 50 jours. Ces 49 jours, c’est avant tout à eux que je les dois.

Mathieu Aellen