La class Ultim arrive en course sur la Route du Rhum
La class Ultim arrive en course sur la Route du Rhum | vincent curutchet / DPPI Media / DPPI

Route du Rhum : Ultim, la toute dernière folie multi

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Ils ont un et trois ans,  d'autres sont encore en gestation, et ces multicoques capables de voler pour livrer des performances fantastiques, appartenant à cette nouvelle famille très select des Ultim, vont s'affronter en course, pour la première fois de leur jeune histoire,  sur la Route du Rhum.

Portée par François Gabart (Macif), Thomas Coville (Sodebo), Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) mais aussi Francis Joyon (Idec), la course au large est dans une nouvelle ère. Celle des bateaux dits "volants", qui s'élèvent au-dessus de l'eau grâce à des appendices (les foils) permettant de filer à des vitesses affolantes de 85 km/h (environ 45 noeuds).

Et ces machines seront, donc, en confrontation en course, le 4 novembre, pour les 40 ans de la Route du Rhum, la transatlantique emblématique en solitaire reliant Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). 

"Ca va être une révélation pour le grand public. Il va être servi, se réjouit auprès de l'AFP Gabart. S'il y a bien une course qui représente bien ce qu'est la classe Ultim, c'est la Route du Rhum. C'est elle qui a vu la victoire des multicoques depuis le début de son histoire, toutes les histoires des multicoques se sont écrites dans l'histoire de la Route du Rhum."

Les foils, les précurseurs

Les Ultim, ce sont des maxi-trimarans devant mesurer entre 24 et 32 m de long pour une largeur maximum de 23 m. Il en existe très peu au monde. Leur père fondateur a été le Groupama 3, skippé par Franck Cammas, mis à l'eau en 2006 pour un record sur le tour du monde en équipage en 2012, puis une victoire en solo sur la Route du Rhum en 2010. Jusqu'à Groupama 3, on construisait des bateaux géants pour le mode record en équipage, mais ceux-ci n'étaient pas maniables par un seul homme.

Il y a donc d'abord eu une première génération avec Groupama 3 (devenu Idec aujourd'hui) et Sodebo. Et puis, l'ère du volant s'en est mêlée. "Il y a eu les foils qui sont arrivés, issus de la Coupe de l'America. Cette technologie a été adaptée d'abord avec François Gabart. Et récemment Gitana (Edmond de Rothschild) est devenu le premier bateau conçu complètement pour voler", raconte Franck Cammas.

Le bateau Macif de Gabart a été mis à l'eau à l'été 2015 avec un mode semi-volant. Il a explosé le record du tour du monde en solitaire en décembre 2017 (42 j) avant de modifier sa monture. De nouveaux foils plus grands lui permettent désormais de voler.  

10 à 12 millions le bateau

Le Cléac'h a reçu en octobre 2017 son nouveau maxi équipé de foils et défini comme 'polyvalent', trois mois après la mise à l'eau du bateau skippé par Josse, le plus volant de tous.

Ces bateaux sont très coûteux -10 à 12 millions pièce avec des budgets annuels en moyenne de 5 millions pour les sponsors- ce qui explique qu'il y en ait peu, et ils ne sont pas à mettre entre toutes les mains. La catégorie Ultim reste donc une affaire d'élite, ils seront six au départ de la route du Rhum, dont cinq qui joueront la victoire.

Mais la machine est lancée et Coville aura un nouveau bateau à la fin de l'année alors que Gabart disposera d'un maxi trimaran flambant neuf en 2020. A ce jour, la classe Ultim compte quatre bateaux, qui sont "adhérents": Macif, Sodebo, Banque Populaire et Actual (skippé par Yves Le Blévec, absent à la Route du Rhum), également aux commandes de la classe. Et deux autres sont "éligibles": Edmond de Rothschild (qui n'adhère pas en raison d'un désaccord technique) et Idec (qui ne souhaite pas entrer dans une course à l'armement technologique).

AFP

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