Michel Desjoyeaux
Michel Desjoyeaux | JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Michel Desjoyeaux: "je reviens par plaisir"

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Triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, un record, Michel Desjoyeaux sera à nouveau au départ de cette course dimanche à Pauillac, en aval de Bordeaux, "pas par nécessité mais pour le plaisir".

Une flotte de 41 skippers, tous sur des moncoques Figaro Bénéteau 2 (10,10 m), participent cette année à la grande classique, passage quasi obligé pour prendre ensuite les commandes de bateaux de taille supérieure comme les Imoca (18,28 m) du Vendée Globe.

- Qu'est-ce qui motive votre retour sur cette course, que vous avez gagnée en 1992, 1998 et 2007?
Michel Desjoyeaux : "Ma motivation principale n'est pas d'être le premier à gagner 4  Figaro, c'est plus le plaisir de la course. J'aurais pu rester le c... sur mon  canapé, à voguer sur ma notoriété mais ce n'est pas le genre de la maison et ça n'aurait pas été très efficace pour mes projets futurs car je veux continuer à naviguer avec le trimaran (MOD70, ndlr). Je ne reviens donc pas par nécessité mais par plaisir".

- La Solitaire du Figaro est-elle une course difficile et si oui, pourquoi?
Michel Desjoyeaux : "On a tous les mêmes bateaux et il y a assez peu de technologie. Ça parait simple parce que ce sont de petits bateaux, assez rustiques. Mais la compétition est très dure sur le plan sportif et même le Vendée Globe, à côté, c'est presque facile. C'est sans doute la course au large où l'on dort le moins mais c'est pas forcément celui qui dort le moins qui va gagner. Il y avait un vieux dicton -'le veilleur gagne'- mais il faut (aussi) être capable d'aller se reposer, de se ressourcer au moment le plus opportun, quand le bateau sous pilote automatique va aller aussi vite. C'est une alchimie entre le temps passé à faire avancer le bateau et le bon état de vigilance, de lucidité".

- Y a-t-il des concurrents que vous craignez plus que d'autres?
Michel Desjoyeaux : "Il y a des petits jeunes qui vont bien et qui ont à coeur de bouffer du vieux briscard. C'est peut-être l'année où jamais, où il faut s'arracher... Un  'Figaro' avec un tel niveau, c'est encore plus méritant de le gagner. On est 41  bateaux (au départ), il y a en a donc 40 à surveiller. Il ne faut pas non plus se faire emporter par des contrôles inefficaces car tout concurrent peut être bien ou mal inspiré. Il ne faut pas se laisser embarquer sur une voie de  garage. Il faut avoir son libre arbitre, sa propre philosophie de course, bien analyser les phénomènes qui nous entourent".

AFP