Le départ de la Transat Jacques Vabre
Le départ de la Transat Jacques Vabre en 2011 | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

La Jacques Vabre est partie !

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Cela faisait trois jours que les 70 marins engagés dans la Transat Jacques-Vabre rongeaient leur frein. Reporté dimanche en raison d'une forte tempête, le départ de la 10e édition a été donné à 15h, au large du Havre. Avec des vents de 15 à 20 noeuds, le début de cette Transat devrait toutefois se passer à vive allure, et les stratégies adoptées dès les premières heures pourraient s'avérer décisives.

Cette fois, Eole et Poséidon sont tombés d'accord. Le divinités du vent et de la mer ont décidé de laisser un peu de répit aux 35 équipages de la Transat Jacques Vabre. Amarrés depuis plusieurs jours dans le Bassin Paul-Vatine, les 16 monocoques Class 40 de 12,18 mètres, les 13  monocoques Imoca de 18,28 mètres et les six trimarans Multi 50 de 15,24 mètres ont enfin pris la mer. Ils mettent tous le cap vers Puerto Limon, au Costa Rica, avec une arrivée prévue dans une quinzaine de jours. Et cette fois, les conditions météorologiques ont tellement changé, que la vitesse devrait être au rendez-vous lors des premiers jours de mer.

Une course, deux parcours

Pour les plus rapides des concurrents, la course pourrait même se terminer d'ici une douzaine de jours si les conditions sont favorables de bout en bout. Les 35 navires devront avaler au moins 4730 milles, soit 8514 km. De la Manche et ses eaux bien fraîches, ils passeront par l'arc antillais avec des températures nettement plus plaisantes pour rejoindre Puerto Limon. Pour éviter un trop grand décalage entre les différentes catégories en lice, les organisateurs ont mis en place deux tracés. Ainsi, les multis qui sont plus rapides contourneront les îles antillaises de Saint-Barthélémy et La  Barbade avant de replonger vers le Costa Rica, ce qui représente 5323 milles (9581 km).

Selon le représentant de Météo France, Eric Mas, tout devrait se jouer après le premier centre dépressionnaire. "Ensuite, les premières trajectoires risquent de diverger, indique-t-il sur le site de la Transat. Entre ceux qui choisiront de gagner dans l’ouest et devront composer avec l’état de la mer et ceux qui préféreront choquer des écoutes, il y aura des premiers choix. Ensuite, la majorité de la flotte devrait choisir de rester au nord de l’anticyclone des Açores qui est en train de se reconstituer et au sud d’un nouveau centre dépressionnaire. Le tout sera de trouver une route équilibrée entre ces deux systèmes", a-t-il estimé. Ce qui est sûr, c'est que le retard pris avec le report du départ devrait être compensé par un début de course qui se voudra très rapide.

Riou optimiste

Les marins s'impatientaient ces dernières heures, mais ce court répit qui leur était accordé leur a permis de peaufiner leur stratégie de course, à l'image de Vincent Riou. "Nous allons partir bâbord amure vent de travers dans 20 nœuds de vent. Une fois passé la pointe du Cotentin, nous irons dans l’ouest pour chercher le Sud de l’Irlande et la dépression qui nous a empêchés de partir dimanche. Elle aura bien dégonflé", a expliqué le skippeur de PRB. Associé à Hugues Destremau, Riou sait qu'ils devront optimiser les conditions avec des vents de Sud pour 25-30 nœuds à l’avant et derrière du Nord Ouest 25-30 nœuds. "Nous virerons de bord dans la traine de la dépression puis il y aura une petite dorsale à passer. Au Nord des Açores, on devra gérer une deuxième dépression. Je pense qu’on y sera le week-end prochain ou début de semaine prochaine", estime le Breton. "Cette dépression nous emmènera sous l’Anticyclone où on pourra toucher les Alizés. Il s’agit là du scénario parfait mais on sait que ce ne sera pas forcément aussi simple", a-t-il toutefois nuancé. La prudence sera donc de mise.

La Transat Jacques-Vabre sur le site de France 3 Haute-Normandie

Romain Bonte