groupama 4 volvo ocean race 2012
groupama 4 volvo ocean race 2012 | Groupama - Yann Riou

Groupama 4 dans l'histoire

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Franck Cammas et ses dix équipiers de Groupama 4 ont remporté samedi à Auckland (Nouvelle-Zélande) une victoire historique dans la 4e étape de la Volvo Ocean Race, la première d'un voilier français depuis 35 ans dans la capitale mondiale de la voile. Un succès acquis non sans mal après avoir été heurté par un objet qui a provoqué un impact dans l'épave.

Le VO70 (monocoque de 21,50 m) orange et vert, en tête de la flotte des six bateaux de la course depuis le 26 février, a franchi la ligne d'arrivée dans le golfe d'Hauraki à 23h33 locales (11h33 heure de Paris), après 19 jours 15 heures et 35 minutes de mer. "On a bien navigué, on a fait un beau travail, a déclaré Cammas à son arrivée au ponton. Auckland est une ville particulière, la Nouvelle-Zélande est un pays de marins, de connaisseurs, de fans de voile. Alors gagner ici, c'est bien mieux que nulle part ailleurs et ça marque les esprits".

Le départ de cette 4e étape, longue de 5.220 milles (9.670 km) et dure pour les bateaux comme pour les équipages en raison de conditions météo particulièrement difficiles, avait été donné le 20 février à Sanya (Chine). Groupama 4 -un plan de l'architecte franco-argentin Juan Kouyoumdjian- a pris la tête des six VO70 (monocoques de 21,50 m) de la course au sortir de la mer de Chine, à la faveur d'un superbe coup tactique. Cammas et son navigateur Jean-Luc Nélias avaient alors décidé de se décaler dans le nord-est de la route directe pour trouver du vent, quitte à parcourir plus de milles.

Grosse émotion et réparations en vue

L'équipage de Groupama 4 s'est offert une ultime émotion samedi, lorsqu'une voie d'eau -vraisemblablement provoquée par un OFNI (objet flottant non identifié)- a été découverte dans la "crash box" du bateau, un compartiment étanche situé à l'avant. Le voilier avait déjà embarqué une tonne et demie d'eau et commençait à piquer du nez. Sur des images tournées peu après depuis un hélicoptère, un impact était visible à droite de l'étrave, avec un début de délaminage de la "peau" de carbone. La voie d'eau a pu être colmatée, l'eau évacuée et le voilier a poursuivi sa marche victorieuse vers Auckland. Emotion maximale et beaucoup de travail en perspective pour l'équipe technique...

L'escale néo-zélandaise sera courte. Le départ de la 5e étape Auckland - Itajai (Brésil) via le redoutable cap Horn, la plus longue (6.705 milles/12.418 km) de la course, sera donné le 18 mars. Et une régate côtière aura eu lieu la veille.

Le premier (et le dernier) skipper français à avoir remporté à Auckland une étape de la course autour du monde en équipage avec escales était Alain Gabbay lors de l'édition 1977-78 de la Whitbread Round the World Race, comme elle s'appelait alors.

Avec cette victoire, les Français, troisième au départ de Sanya avec 73 points, en engrangent 30 de plus. Il faudra attendre l'arrivée des autres concurrents (dimanche) pour savoir s'ils ravissent aux Néo-Zélandais de Camper la 2e place au classement général. La joie française contraste évidemment avec l'immense déception des supporters néo-zélandais, qui rêvaient d'une victoire de Camper, le bateau kiwi. Lorsque Groupama a franchi la ligne d'arrivée, Camper (NZL/Chris Nicholson/4e) était encore à environ 130 milles d'Auckland, derrière Puma (USA/Ken Read/2e) et Telefonica (ESP/Iker Martinez), le leader du classement général. Les deux derniers concurrents, Abu Dhabi (UAE/Ian Walker) et Sanya (CHN/Mike Sanderson), pointaient en 5e et 6e positions.

AFP