BWR foncia 05012011
A bord de Foncia | FONCIA-Michel Desjoyeaux

Foncia abandonne après la casse du mât

Publié le , modifié le

Michel Desjoyeaux et François Gabart, 2e encore ce matin de la Barcelona World Race, ont cassé le mât de leur bateau Foncia. Ce bris, à 6m du sommet du mât, a contraint les deux hommes à se dérouter vers Le Cap, à 619 milles de là, après avoir déjà dû faire un arrêt à Recife pour refaire la mousse du caisson d'absorption des chocs derrière l'étrave. Et finalement, ils ont décidé d'abandonner la course toujours menée par Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron.

Ils étaient les seuls à tenir le rythme du leader. A 4h du matin, Michel Desjoyeaux et François Gabart n'avaient que 42 milles de retard sur Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec). Mais un peu plus tard, ils ont dû se résoudre à laisser partir le duo de tête. Le mât de leur bateau Foncia s'est en effet brisé, à 6m du sommet, sans que les deux hommes ne soient blessés. Foncia, alors positionné par 41°13S et 09°03E, marchait sous grand voile à 1 ris et trinquette dans un vent de 30 noeuds de Sud Ouest. Le mât s'est cassé entre l'étai de trinquette et l'étai de Solent, il reste environ 24 m d'espar, les restes du mât sont sur le pont. Le bateau n'a apparemment pas d'autres dégâts constatés. L'équipage est sain et sauf. Le bateau fait route vers Cape Town distant de 619 milles, à une vitesse d'environ 10 noeuds. C'était la deuxième avarie de Foncia sur cette course, après avoir déjà fait relâche à Recife, au Brésil, pour refaire la mousse du caisson d'absorption des chocs situé derrière l'étrave. Celle de trop.

Quelques heures après, le duo annonçait: "Nous abandonnons la Barcelona World Race". "Je n'ai pas l'habitude de faire mal à mes bateaux, on ne pensait pas finir la course en Afrique du Sud, c'est un peu l'histoire qui s'arrête là. C'est un peu dur mais c'est comme cela. On se bagarrait tout en restant raisonnable, sans tirer sur la machine comme des idiots", a dit Michel Desjoyeaux, avec des sanglots dans la voix. "On peut tout imaginer, mais cela n'a pas beaucoup de sens de réparer et de repartir avec un problème technique que l'on n'a pas analysé. Il y a un moment, où il faut savoir s'arrêter, a-t-il répondu sur la décision d'abandon. Je me vois mal partir dans les mers du sud dans ces conditions. On a décidé d'abandonner".

Moins démonstratif dans sa déception, François Gabart racontait l'incident: "J'étais à la barre. On avançait tribord amure (le vent qui vient de la droite du bateau). Il y avait 25 à 30 noeuds de vent et la mer n'était pas exceptionnelle. On partait dans des surfs (progression au sommet la vague venant de l'arrière) de 23 à 24 noeuds. Il y a eu une vague un peu plus forte que les autres, on est parti au lof (embardée), et il y a eu un grand bang. Michel s'est réveillé et tout de suite nous avons pensé que le mât était cassé. On ne s'est même pas posé la question, on s'est dit qu'il fallait aller en Afrique du Sud sans en avoir parlé entre nous, tellement c'était évident. Nous avons cherché à ramener sur le bateau tout ce qui dépassait et notamment le solent (une des voiles d'avant), cela a été difficile mais nous avons réussi à le saucissonner et à le caler derrière la grand voile. Nous allons essayer de monter dans le mât, dès que la mer sera moins forte pour descendre le solent". Dick et Peyron ont donc la voie libre pour s'imposer.