Oracle Team vs Team New Zealand
Oracle Team vs Team New Zealand | JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Que l'America's Cup commence, enfin !

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Nous y sommes enfin ! Après des mois de palabres, de recours, d'abandons, et un décès. Après une Coupe Louis Vuitton insipide. Il est grand temps de démarrer la Coupe de l'America, 34e du nom. Début samedi dans la baie de San Francisco.

Rarement une Coupe de l'America n'aura si peu fait parler d'elle sur le plan d'eau. Agitée en coulisse, la course au trophée sportif le plus vieux du monde a perdu un peu de son lustre en attendant un nouveau départ. En choisissant les AC72 comme bateaux, tout était réuni pour une édition exceptionnelle. Ces catamarans de 22 m  de long sont des machines fabuleuses, qui ont révolutionné l'architecture navale (aile rigide, foils, etc...) et relégué au rayon des antiquités les  poussifs monocoques des coupes précédentes. Il est pourtant peu probable qu'on les retrouve dans le futur. Trop chers, trop extrêmes, trop dangereux, les AC72 n'ont pas convaincu et cèderont sans doute leur place à d'autres bateaux pour la 35e Coupe. La plus frappant a été d'assister à une parodie de Coupe Louis Vuitton qui détermine le Challenger devant affronter le détenteur, à savoir les Américains d'Oracle. Trois challengers seulement contre 11 en 2007, la dernière "Cup" disputée  avec des monocoques, on s'est profondément ennuyé. Après une rapide mise en bouche entre Artemis et Luna Rossa, la finale a été très vite tranchée entre les Italiens et Emirates Team New Zealand. 7 manches à 1, il n'y a pas eu le moindre suspense.

Oracle sanctionné

Les spécialistes savaient que les Kiwis n'auraient pas de mal à s'imposer dans les éliminatoires des challengers. Mais contre les Américains d'Oracle Team USA, détenteurs de la "Cup" depuis 2010, ce sera une autre paire de manches. Mardi, Team New Zealand a gagné une première manche sur tapis vert. Accusée d'avoir triché lors des America 's Cup World Series (ACWS) de 2012  -régates préfigurant celles de la "Cup" mais courues avec des catamarans AC45  de 13,45 m de long seulement-, Oracle, l'équipe du multi-milliardaire américain Larry  Ellison, a été sévèrement sanctionné. Et le jury international a eu la main très lourde: pour conserver la Coupe de l'America , Oracle Team USA devra remporter 11 régates, deux de plus que les Kiwis ! Trois membres de l'équipe ont en outre été exclus de la compétition, dont le régleur de l'aile rigide, un poste stratégique.

Bataille de milliardaires

Avec des moyens supérieurs à ceux des kiwis, Oracle devrait s'en relever. Pour conserver l'aiguière d'argent remise au vainqueur depuis 1851, Ellison n'a rien laissé au hasard. Le directeur exécutif d'Oracle est le  transfuge néo-zélandais Russell Coutts, quadruple vainqueur de la Coupe de  l'America , et le barreur numéro 1 est l'Australien Jimmy Spithill, un surdoué  qui a déjà gagné en 2010. Le tacticien est l'Américain John Kostecki, qui a engrangé une dizaine de  titres de champion du monde, une médaille d'argent aux JO de 1988 et une  victoire dans la Volvo Ocean Race 2001-2002. Le barreur numéro 2 est le  Britannique Ben Ainslie, quadruple champion olympique. L'équipe d'Ellison, dont la fortune a été estimée à une quarantaine de  milliards de dollars, a aussi écopé d'une amende de 250.000 dollars, une goutte  d'eau dans un budget compris entre 170 et 200 millions de dollars.

Face à cette impressionnante machine de guerre yankee, 'Emirates Team New Zealand (ETNZ) alignent une équipe beaucoup plus modeste, au budget  estimé à environ 84 millions de dollars. Un tiers provient du gouvernement, un autre tiers de partenaires commerciaux et le reste de donateurs privés. ETNZ, qui court sous les couleurs du Royal New Zealand Yacht Squadron (RNZYS), est dirigé par le charismatique Néo-Zélandais Grant Dalton et le  barreur est son compatriote Dean Barker, deux fois finaliste de la Coupe de  l'America  (2003 et 2007). Le défi néo-zélandais dispose lui aussi de deux bateaux, même si un seul  navigue (Aotearoa) et a accumulé des heures de navigation. Le fait d'avoir  remporté la Coupe Louis-Vuitton est évidemment un avantage: rien à voir entre s'entraîner sans enjeu -même avec deux bateaux comme Oracle- et disputer des régates où chaque fausse manoeuvre, chaque hésitation, se paie cash. La première manche samedi devrait donner la première tendance.

Vidéo: la coupe est prête

Coupe de l'América