Joaquim Rodriguez (Katusha) - Alberto Contador -TDF 2010
Joaquim Rodriguez signe la première victoire Katusha sur le Tour cette année | AFP - PASCAL PAVANI

Victoire de Rodriguez, Contador à l'affût

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Le Tour a passé la seconde. Après deux étapes à la lenteur inquiétante, le peloton a parcouru les 210,5 km du jour à toute vitesse, filant vers Mende. Dans le final de la montée Jalabert, c'est finalement Joaquim Rodriguez (Katusha) qui s'est imposé. Il a devancé Alberto Contador et Vinokourov. Andy Schleck, a limité la casse et concède 10 secondes à son rival. Les maillots vert et à pois changent de porteurs au profit de Thor Hushovd et d'Anthony Charteau.

Contador : "J'avais de très bonnes sensations"

La Côte de la Croix Neuve, dernière ascension de ce vendredi a fait voler le peloton en éclats. Au terme d'une étape mouvementée, ses pentes à 10% de dénivelé ont offert un spectacle remarquable d'intensité. Le mano à mano entre Andy Scheleck et Alberto Contador n'a pas réellement eu lieu puisque l'Espagnol, plus fort en fin d'étape, a montré sa supériorité dans les secteurs les plus durs. Si la victoire revint finalement à Joaquim Rodriguez (Katusha), Alberto Contador fut impressionnant pour terminer deuxième, reprenant 10 secondes à son rival luxembourgeois. Rodriguez signe là le premier succès de l'équipe russe cette année sur le Tour. Mais l'important était ailleurs. Contador, double vainqueur de la Grande Boucle en 2007 et 2009, a envoyé un message fort à la concurrence. Il est prêt à ajouter une nouvelle ligne à son palmarès. Il devient de fait le grand favori de la traversée des Pyrénées, la semaine prochaine. L'Ibère, déçu de ne pas avoir remporté un nouveau succès au sommet de la montée Jalabert, après celui de 2007 lors de Paris-Nice, restait satisfait de sa course. "Cette côte me plait bien, j'avais de très bonnes sensations, j'ai lancé l'attaque très tard. J'ai vu que je pouvais lui prendre quelques secondes." Et d'ajouter : "C'est bien de pouvoir réduire l'écart, même si ça aurait été mieux de prendre dix secondes. " Le coureur de la Saxo Bank, en revanche, avait un discours plus amer. "Je voulais rester juste derrière lui. Je savais que c'était une côte pour lui. C'est très intelligent de sa part parce qu'il sait que quand je ne suis pas juste dans sa roue, c'est plus dur pour moi." Au général, le cadet des frères Schleck conserve cela étant la tête du classement, avec 31 secondes d'avance sur Alberto Contador. Samuel Sanchez complète le podium.

Autres faits de course, Thor Hushovd et d'Anthony Charteau ont repris les maillots vert et à pois aux dépens d'Alessandro Petacchi et Jérôme Pineau. Tyler Farrar, le sprinteur de Garmin Transition, troisième jeudi à Bourg-Lès-Valence, a abandonné.

Auparavant, l'étape à travers l'Ardèche et la Lozère avait fait la part belle à un groupe de 18 coureurs. A son bord, certains prétendants sérieux aux places d'honneurs dont Vinokourov (Astana), Klöden (RadioSchack), Hesjedal (Garmin), Casar (FDJ). Rarement libéré du joug du peloton, ce "peloton" de tête a compté jusqu'à trois minutes d'avance. Bénéficiaire de cette échappée, Thor Hushovd, en profita pour s'imposer lors des sprints intermédiaires et récupérer le maillot vert aux dépens d'Alessandro Petacchi, montrant que la lutte pour le maillot vert était loin d'être fini.
Trop important pour semer le peloton, le groupe de 18 a explosé sous l'impulsion de quatre hommes : Vinokourov, Kloden, Hesjedal et Kiryienka. Le quatuor se détacha irrémédiablement. A dix kilomètres de l'arrivée, le quatuor de tête possédait encore 1'30 d'avance sur le peloton de chasse. C'est ensemble qu'ils ont attaqué l'ascension de la "montée Jalabert", baptisée ainsi en l'hommage du coup d'éclat du coureur Français en 1995. Plus fort que ses compagnons d'échappée, le Kazakh (récent vainqueur de Liège-Bastogne-Liège) a lancé l'offensive sur les dernières pentes en solitaire, tenant tête à un groupe maillot jaune, longtemps attentiste.

Il aura fallu attendre les trois derniers kilomètres pour voir Contador (Astana) placer une mine et dynamiter la course. Andy Schleck (Saxo Bank), pas suffisamment à l'affût dans ses roues lui concéda une dizaine de mètres qu'il ne parvint pas à reprendre. L'Espagnol tel un TGV remonta sur son coéquipier à toute allure, volant au Kazakh une victoire qui lui tendait les bras, avant de se faire dominer au sprint par Rodriguez. Si le classement général reste quasi-identique, l'Espagnol a repris un avantage psychologique sur son adversaire direct.

Demain, la 13e étape, longue de 196 km mènera les coureurs de Rodez à Revel. Avec un profil moins accidenté que ce vendredi, elle pourrait sourire à une échappée de baroudeurs.