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Thomas Voeckler (Europcar) | JOEL SAGET / AFP

Une victoire à la Voeckler !

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En vert et contre tous, Thomas Voeckler a fait parler sa science de la course et son punch pour s’imposer en solitaire à Bellegarde-sur-Valserine.

On l’avait tous vu venir. Dans pareille position, Thomas Voeckler rate rarement l’occasion de mater ses rivaux. C’est surement pour ça que personne ne voulait rouler avec lui dans le Grand Colombier. Sur de sa force, le leader d’Europcar avait forcé l’allure pour mettre un grand coup de canif dans le groupe de tête. Parmi les six échappés, il était le plus dangereux avec l’Italien Michele Scarponi. Plusieurs fois Voeckler a tenté d’isoler le Lampre mais sans succès. « Il y avait cette coalition ‘’on ne roule pas avec Voeckler’’ », analyse Bernaudeau. Après le col de Richemond, les quatre hommes de tête se marquaient au cuissard. Lancé dans un contre-la-montre incroyable, le vétéran Jens Voigt faisait son retour à l’avant. Pas forcément une bonne nouvelle quand on connaît les qualités inaltérables de l’Allemand. « Voigt en a mis une puis ce fût au tour de Devenyns, qui a fait le coup qu’il fallait faire », ajoute JRB le manageur d’Europcar.

Tous les voyants au vert

Voigt menait la chasse puis Voeckler en briscard, la socquette légère et le genou aérien. La blessure n’était plus qu’un vilain souvenir. « Ça fait trois jours qu’il va vraiment mieux et qu’il n’a plus mal, révélait son directeur sportif Andy Flickinger. Tous les voyants étaient au vert. Ce n’est pas facile de prendre les échappées et les Sky ne laissent pas beaucoup de marge. On savait qu’il avait envie. Il connaissait parfaitement le final. » Cette bosse d’arrivée serait donc le juge de paix de cette 10 étape. « Dans la voiture, Andy (Flickinger) lui a dit qu’il avait le maillot des grimpeurs, que tout allait bien et qu’il aurait des regrets ce soir s’il n’attaquait pas, reprend Bernaudeau. A 1,6 km de l’arrivée, Thomas a mis en route. Tout le monde était fatigué mais Thomas en avait encore un peu. »

L'histoire n'est pas finie

Voeckler en avait suffisamment pour prendre la poudre d’escampette et s’assurer une nouvelle victoire pleine de punch et d’intelligence. « Il pue le vélo, ajoute son directeur sportif. C’est une histoire à la Thomas Voeckler. Il revient de loin. Une semaine avant le Tour on ne faisait pas les fiers. C’est notre leader et le fer de lance du cyclisme français. » A 33 ans, le quatrième du Tour 2011 connaît bien son corps et ses capacités. Après une semaine au calme dans la chaleur du peloton et une journée de repos sans vélo mais en famille, les accus s’étaient rechargés. SuperVoeckler était bel et bien de retour. « L’histoire de Thomas est magnifique. Et elle n’est pas finie car il a encore de belles années devant lui. » Pourvu que ça dure !