pierre rolland thomas voeckler 2012
Pierre Rolland discute avec Thomas Voeckler | AFP

Une semaine française

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Au cours d’une deuxième semaine marquée par l’ascension de nombreux sommets alpestres, les Français ont brillé plus que de raison sur le Tour de France, alignant trois victoires d’étapes sur les six disputées. Avec quatre victoires au compteur, la colonie française a déjà réussi sa Grande Boucle.

La forme des Français

Depuis la dernière journée de repos mardi dernier à Mâcon, les Français tiennent la grande forme. Présents dans de nombreuses échappées depuis le départ de Liège, les Tricolores ont choisi d’imiter Thibaut Pinot, seul vainqueur bleu en première semaine. Thomas Voeckler montrait l’exemple le premier, gagnant la 10e étape successive au jour de relâche, à Bellegrade-sur-Valserine.

Le lendemain, Pierre Rolland l’imitait dans l’étape reine des Alpes à La Toussuire quand Thibaut Pinot sautait Christopher Froome sur la ligne pour accrocher la deuxième place. Ces deux coureurs ont d’ailleurs intégré le Top 10 au général (9e et 10e) grâce à leurs performances de haute tenue en montagne, confirmant leur potentiel. Leur compatriote Pierrick Fédrigo a remis l’expérience au goût du jour, suivant le chemin tracé par ses aînés en levant les bras à Pau hier.

Le team Europcar

L’équipe Europcar n’a pas chômé. Attendue au tournant après un Tour 2011 prometteur, deux victoires d’étapes en deux jours (Voeckler et Rolland) sont venues couronner une forte présence des « Verts » à l’avant de la course. Tour à tour, Arashiro, Kern, Gautier, Malacarne, Bernaudeau puis les deux leaders ont animé l’épreuve. Sans oublier le travail de titan de « Kernasse » au profit de Rolland pour le porter vers la victoire.

Christopher Froome

Si Bradley Wiggins a le Maillot Jaune, son équipier Christopher Froome a trouvé comment faire parler de lui. Dans la montée vers La Toussuire, « Froomey » portait une attaque aussi violente que furtive qui laissait son leader sur la paille, avant de se relever. Officiellement, un problème de radio et de compréhension au sein du team Sky. Pourtant, le lendemain, « Wiggo » lui rendait la monnaie de sa pièce en accélérant brièvement au sommet du col du Granier, comme pour taper du poing sur la table. Néanmoins, tout le monde a vu qu’en haute montagne le meilleur était Froome. Un coup de génie.

Cadel Evans

La Croix de Fer aura été son tombeau. Voulant forcer son naturel, Cadel Evans est passé à l’attaque dans ce col appuyé par son équipier Tejay Van Garderen. Incapable de suivre le rythme de son partenaire américain, l’Australien paiera ses efforts dans la montée vers La Toussuire, perdant plus de deux minutes sur Wiggins et Nibali. Avec 3’19 de retard sur le Maillot Jaune, le vainqueur du Tour 2011 a vraisemblablement perdu son titre.

Les revenants

David Millar a inauguré ce Tour des revenants. Suspendu deux ans pour dopage en 2004 après être passé aux aveux, le repenti britannique a renoué avec la victoire sur le Tour de France lors de la 12e étape. Son dernier succès remontait à 2003. Pas de dopage pour Pierrick Fédrigo mais une traversée du désert. Malade l’an dernier, le coureur de la FDJ peinait à retrouver son niveau avant de revenir triomphant sur des terres paloises qui lui réussissent. Dans ce flot de résurrections, Luis Leon Sanchez a sa place. Touché à un poignet dès la première étape et proche de l’abandon, le coureur espagnol s’est retapé pour finir en vainqueur à Foix.

Les maux bleus

Les étapes de montagne n’ont pas épargné les organismes. Certains coureurs en difficulté ont donc mis pied à terre, au bout du rouleau. Parmi eux, l’équipe de France de cyclisme peut s’inquiéter des défections de Sylvain Chavanel et Tony Gallopin à un peu moins de quinze jours des Jeux Olympiques. Retenus par le sélectionneur Laurent Jalabert, les deux hommes ont dû abdiquer face à des problèmes de santé. Le coureur Omega Pharma confiait même ce matin à nos confrères de l’Equipe douter de sa participation à Londres.

 

Jerome Carrere