Wiggins en jaune avec ses coéquipiers Cavendish et Froome
Wiggins en jaune avec ses coéquipiers Cavendish et Froome | JOEL SAGET / AFP

Une semaine estampillée sprints et Sky

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La première semaine du Tour de France 2012 vient de s'écouler. S'il n'est pas encore l'heure des conclusions, les neuf étapes déjà courues ont apporté leur lot d'enseignements, dessinant certaines tendances.

Wiggins
L'homme de ce début de Tour. Arrivé grandissime favori sur la Grande Boucle, le Britannique s'accommode pour le moment sans problème de ce statut. Son chef d'œuvre sur le contre-la-montre entre Arc-et-Senans et Besançon hier lui a offert la première victoire de sa carrière sur les routes du Tour. Avant cette démonstration de force, le coureur de l'équipe Sky s'était déjà arrogé une seconde place lors du prologue puis montré imperturbable dans les deux premières étapes de moyenne montagne. Et pour ne rien gâcher, le bougre ne se prend pas au sérieux. "Les gars de Kilburn (quartier du Nord de Londres dont il est issu) ne deviennent pas des favoris pour le Tour. Ils deviennent facteurs, laitiers ou travaillent à Ladbrokes (boutique de paris)",  ironisait-t-il avant le départ du Tour de France face à une foule de journalistes.

Peter Sagan
"Quand on me dit de gagner, je gagne". Le jeune slovaque de 22 ans n'a pas froid aux yeux. Mais il a surtout du talent. Déjà vainqueur de trois étapes sur le Tour d'Espagne l'an dernier pour sa première participation, il a égalé ce chiffre sur le Tour de France en six étapes seulement. Premier à couper la ligne à Seraing, Boulogne-sur-Mer puis Metz, le coureur de la Liquigas est déjà grand. Et les surnoms pleuvent. De "Tourminator" à "Peter Pan" en passant par "Pistol Pete", la saga Sagan ne fait que commencer.

André Greipel
Cavendish a certes les faveurs de tous les bookmakers. Pourtant, aujourd'hui à Mâcon l'homme de Man ne compte qu'une victoire quand celui de Rostock en a deux. La puissance brute du géant allemand a fait mouche, derrière un train LottoBelisol efficace.

Thibaut Pinot
Comme chaque année les Français montrent le maillot et sont érigés en perdants magnifiques. Le Benjamin de cette édition 2012 a lui fait mieux, désobéissant aux consignes pour aller s'imposer en solitaire à Porrentruy. S'il récupère bien, ce grimpeur de talent pourrait encore procurer quelques frissons. A 22 ans, attention tout de même à ne pas trop en attendre de lui.

L'équipe Sky
Son coup de force dans le chrono d'hier n'est que l'apogée d'une fin de première semaine dominée par l'équipe du Maillot Jaune Bradley Wiggins. Imposant son rythme dans la Planche des Belles Filles pour décramponner un à un tous les outsiders, le squad britannique présente un casting impressionnant autour de son leader. La maîtrise affichée dans le dernier Critérium du Dauphiné n'était donc pas qu'un feu de paille. A voir comment il s'accommodera de la défense du maillot de leader pendant les deux prochaines semaines, une situation inédite pour lui.

Les chutes massives
Cette première semaine a été particulièrement nerveuse. Dans des fins de course houleuses où chacun voulait protéger son leader ou mettre son sprinteur dans les meilleures dispositions, les chutes ont pris une part importante, laissant sur le carreau de nombreux coureurs. Tyler Farrar est sûrement le meilleur symbole de ces premières arrivées agitées, goûtant quatre fois le bitume depuis le départ. Bernaudeau et Voeckler ont incriminé les oreillettes, responsables selon eux de cette tension.

Des leaders français décevants
On attendait Jérôme Coppel et Pierre Rolland, Thomas Voeckler étant diminué par des douleurs au genou. Pour l'instant, les deux locomotives supposées du cyclisme français ont déçu. Le coureur Saur-Sojasun s'était même fait distancer dès la première arrivée à Seraing. Respectivement 18e et 25e au général à 8'31" et 10' de Wiggins les deux hommes n'ont plus rien à perdre. Considérant leur première semaine, intégrer ne serait-ce que le Top 10 serait déjà une belle réussite.


 

Jerome Carrere