Roland-Garros prétexte
L'enceinte du court Philippe Chatrier | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Une nouvelle délibération pour l'extension de Roland-Garros

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Le Conseil de Paris a sans surprise adopté une nouvelle délibération concernant l'extension et la modernisation de Roland-Garros, la précédente ayant été jugée illégale.

Le Conseil de Paris a voté en juillet 2011 une délibération autorisant la Ville à signer avec la Fédération française de Tennis (FFT) une convention encadrant le projet de "Nouveau Roland-Garros". Cette délibération a été jugée illégale par le tribunal administratif de Paris le 28 février, au double motif que l'information des conseillers de Paris au moment du vote n'avait "pas été suffisante" et que le taux de redevance demandée par la Ville à la FFT était "manifestement trop faible au regard des
avantages de toute nature consentis". La Ville de Paris a fait appel de ce jugement, mais a néanmoins décidé de soumettre au vote des élus mardi une délibération faisant droit aux demandes de la justice administrative.

La nouvelle délibération informe de manière plus complète les élus, et revoit à la baisse les conditions accordées par la Ville à la FFT. Ainsi la durée de la future convention est-elle réduite de 99 à 50 ans, et la FFT a-t-elle renoncé à une indemnité de 20 millions d'euros en cas de blocage irrémédiable et définitif du projet. Le groupe EELV au Conseil de Paris, hostile au projet porté par la FFT et la Ville, a fait part de sa déception face à cette nouvelle délibération. Celle-ci "fait fi de l'engagement pris il y a un mois par le Conseil de Paris de réaliser rapidement une contre-expertise pour recouvrir partiellement l'A13, conformément au souhait de nombreuses associations, afin d'épargner le jardin des serres d'Auteuil", a regretté le groupe dans un communiqué.

"La redevance demeure très en-deçà des préconisations de l'Inspection générale de la Ville de Paris", a en outre déploré Yves Contassot. Plusieurs associations de défense de la nature et du patrimoine critiquent le projet de la FFT, qui porte selon elle atteinte au jardin botanique du Bois de Boulogne, et ont ressorti des cartons en mars un projet alternatif, qui permettrait de préserver les serres en couvrant partiellement l'autouroute A13. La ville a demandé le mois dernier à la FFT la réalisation d'une expertise indépendante sur ce projet alternatif, mais a néanmoins redit son approbation pour le projet actuel dans la délibération votée mardi. Les associations ont annoncé leur intention de déposer un recours contre la nouvelle délibération.

AFP