Rogers, Wiggins et Evans sur le podium du Dauphiné
Rogers, Wiggins et Evans sur le podium du Dauphiné | PASCAL PAVANI / AFP

Un Tour sous le joug anglo-saxon ?

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En l'absence d'Alberto Contador, dont la suspension pour dopage prend fin le 6 août, et d'Andy Schleck, blessé, les deux grands favoris pour la victoire finale sont l'Australien Cadel Evans, victorieux en 2011, et l'Anglais Bradley Wiggins, aux ambitions décuplées par un beau printemps.

Cadel Evans, la sagesse du tenant

L'Australien, vainqueur sortant, part favori à sa succession. Il aura à ses côtés cinq des coéquipiers qui l'ont épaulé l'an passé plus le grand espoir américain Tejay Van Garderen. "Nous avons un seul objectif: défendre le titre de Cadel et l'amener sur le  podium à Paris", a déclaré John Lelangue, responsable sportif de la formation  américaine. "Je sais maintenant que je peux gagner et mon parcours cette année est  presque identique à ce que j'avais fait l'année dernière", a estimé pour sa part Evans (35 ans). Il compte le même  nombre de succès (trois) que l'an passé mais ses victoires sont moins prestigieuses que celles acquises l'an  passé dans des courses du calendrier mondial (étape et classement général de  Tirreno-Adriatico, Tour de Romandie).

L'Aussie a acquis une assurance qui se traduit par une  sérénité supplémentaire, à entendre son entourage de l'équipe BMC. Sur le  terrain, il se montre opportuniste, prêt à saisir toutes les ouvertures comme  il a su le faire dans le final de la première étape du Critérium du Dauphiné. Deux fois 2e (en 2007 et 2008), le natif de Katherine figure également parmi les spécialistes du chrono ce qui va compter cette année avec plus de 100 km contre-la-montre répertoriés. Evans sait surtout qu'un Tour, c'est très long: "La troisième semaine sera très  importante. Il faudra davantage d'énergie à ce moment-là, avec les JO aussitôt  après." La solution, peut-être, pour devenir le deuxième vainqueur le plus âgé  de l'histoire du Tour, 90 ans après le succès du Belge Firmin Lambot (36 ans en  1922).

Bradley Wiggins, l'orgueil du prétendant

Le Britannique a accompli un  parcours quasi sans-faute en 2012 au long des courses qui figuraient à son  programme d'avant-Tour. Hormis le Tour de Catalogne, qu'il a abandonné fin mars, le Londonien a répondu présent à tous les  rendez-vous intermédiaires qu'il s'était fixés. Wiggins a dominé les trois courses par étapes majeures dans lesquelles il s'est aligné, Paris-Nice en mars, le Tour de Romandie fin avril, le Critérium  du Dauphiné début juin. En bâtissant à chaque fois son succès dans l'exercice  du contre-la-montre, sa spécialité d'origine. Une bonne répétition avant les chronos du Tour. Fait notable, l'Anglais de 32 ans n'a disputé cette saison que des courses  par étapes. Il a renoncé à toutes les classiques pour se focaliser sur la  préparation du Tour. Surtout il ne se cache pas. Dès la Vuelta 2011, l'Anglais avait affirmé ses ambitions: "L'important n'est pas de savoir si je vais gagner le Tour, mais quand".

Le Britannique est le seul dans l'histoire contemporaine du cyclisme, c'est à dire depuis la reprise en 1947, à avoir réussi la métamorphose de pistard sur-titré à routier surdoué. Et il possède avec le Team Sky l'équipe capable de contrôler la course. Quatrième du Tour 2009, victime d'une fracture de la clavicule en 2011, Wiggins, à 32 ans, est prêt pour devenir le Britannique à s'imposer sur le Tour. Reste tout de même quelques points faibles: la haute montagne si une coalition de grimpeurs décide de dynamiter une étape, les descentes (il y en a des très difficiles), et son état de forme qu'il va probablement avoir du mal à maintenir durant trois semaines.