Camille Lacourt et Jérémy Stravius
Camille Lacourt, nouveau champion du monde du 50m dos, devant Jérémy Stravius, 2e à égalitéé avec Matt Grevers | AFP - FRANCOIS XAVIER MARIT

Un bilan des Français à la hauteur

Publié le , modifié le

Auréolée de sept médailles dont 4 titres aux JO de Londres, l'équipe de France était venue à Barcelone pour viser les 9 ou 10 médailles et les trois en or, et faire aussi bien qu'aux Mondiaux de Shanghaï en 2011. Elle en repart avec neuf breloques, dont quatre d'or, remplissant parfaitement l'objectif fixé.

Un contrat rempli

En 2011, à Shanghaï, la France avait ramené dix médailles, dont deux en or. En 2012, à Londres, elle avait décroché sept médailles, dont quatre couronnes olympiques. A Barcelone, grâce à une deuxième journée salvatrice et héroïque du duo Lacourt-Stravius, elle est passée de 6 à 9 médailles, dont 4 d'or. "On veut faire au moins aussi bien qu'à Shanghaï", annonçait Lionel Horter, le Directeur technique national, avant la compétition. A une médaille près, c'est fait. "C’est un bilan magnifique", se réjouissait Francis Luyce, le président de la Fédération française. "Je retiens l’enthousiasme du public français. Je n’ai jamais assisté à un tel engouement."

Les déceptions

• Bronze, argent et or, Camille Muffat avait ramené tous les métaux de Londres. Elle représente le symbole du résultat global de l'équipe de France, avec ses deux médailles de bronze (400m nage libre, relais 4x200m nage libre), alors qu'elle avait dominé la saison sur le plan mondial. A 23 ans, c'est un petit coup d'arrêt.

• Champion olympique du 50 nage libre, Florent Manaudou a échoué à décrocher son premier podium mondial. Ses meilleurs temps des séries et des demi-finales ne lui ont pas servi. En revanche, il a joué son rôle sur le relais 4x100m nage libre, et a atteint la finale du 50 papillon.

• Vice-champion du monde et vice-champion olympique en titre, le relais 4x200m nage libre masculin n'est pas parvenu à monter sur la boîte, après une dernière longueur fabuleuse du Chinois Sun Yang. Mais les relayeurs ont surtout payé le fait qu'ils ont dû nager séries et relais par manque de remplaçants.

• Champion de France du 100m nage libre, William Meynard avait une chance d'imposer sa patte sur le sprint français, si dense. Sorti du relais 4x100m après les séries et éliminé dès les séries en individuel, le Marseillais a traversé ces Mondiaux comme un fantôme. Il devrait d'ailleurs prendre du recul la saison prochaine.

• Le brasseur Giacomo Perez Dortona, champion du 50 et du 100m brasse, n'est pas parvenu à franchir la moindre série, alors qu'il en avait les moyens. Il s'est néanmoins rattrapé en participant de très belle manière au relais 4x100 4 nages en or, faisant jeu égal avec l'Australien Sprenger, champion du monde du 100 brasse.

Les satisfactions

• La plus belle réalisation française de ces Mondiaux, c'est cette victoire du relais 4x100m nage libre. Avec des nageurs moins rapides que les adversaires cette saison, le staff tricolore a pris tous les risques, faisant entrer ses trois jokers (Agnel, Manaudou, Stravius) en finale après que le quatuor Leveaux-Meynard-Mallet-Gilot ait assuré la qualification qui n'était pas gagnée sur le papier. Champion olympique en titre, la France est devenue pour la première fois de l'Histoire championne du monde. Un sacre collectif, englobant le staff tricolore.

• Après avoir annoncé qu'il ne nagerait que les relais, après avoir changé d'entraîneur et de méthodes, après avoir clamé qu'il ne venait que pour "s'éclater", Yannick Agnel est reparti de Barcelone avec deux médailles d'or (relais 4x100m nage libre et 200m nage libre). Et il a posé les bases de sa collaboration avec Bob Bowman à un niveau très élevé.

• Il n'était pas le plus en forme cette saison, mais Camille Lacourt a su être présent au bon moment. Cinquième du 100 dos alors qu'il était champion du monde en titre, il est resté champion du monde, sur 50 dos, avec la manière. Un peu court physiquement sur les plus longues distances, il est revenu dans le coup, et l'a prouvé lors du relais 4x100 4 nages.

• Véritable locomotive de la natation tricolore masculine cette saison, Jérémy Stravius a été impressionnant en relais, incroyable dans ses virages, mais s'était lancé dans un énorme défi: nager tous les jours en compétition. Résultat, il repart avec l'or du relais 4x100 et celui du relais 4x100 4 nages (où il a nagé le papillon), l'argent sur 50 dos (encore à égalité) et le bronze sur 100m dos, où il visait légitimement l'or. 

• Mal en point cette saison, à 31 ans, Frédérick Bousquet a conquis le bronze sur 50m papillon, dix ans après sa première médaille planétaire, en relais 4x100m, ici-même.

• Satisfecit également pour Fabien Gilot, opéré de l'appendicite et de l'épaule en 2012 et donc avec une préparation tronquée, qui a été le plus rapide des relayeurs en or sur 100 nage libre, et qui a dominé à la touche le double champion du monde Magnussen sur le relais 4 nages. Et il s'est hissé en finale du 100m individuel (7e).

 Charlotte Bonnet, à 18 ans, a pris part à ses premiers Mondiaux, et s'est hissée en finale du 200m nage libre, prenant une part active dans la médaille de bronze sur relais 4x200m nage libre. Avec Camille Muffat, Mylène Lazare, Coralie Balmie et Isabelle Mabboux, les filles du relais se sont maintenues sur cette 3e marche du podium, comme lors des JO. Une belle performance qui les rapproche des Américaines et des Australiennes.