Rudy Pevenage - 2006
Rudy Pévenage, ancien entraîneur de Jan Ulrich | AFP - FRANCK FIFE

Ullrich et l'affaire Puerto : Acte II

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Jeudi, Rudy Pévenage, l'ancien mentor de Jan Ullrich, vainqueur du Tour de France en 1997, a reconnu dans un long entretien accordé à l'Equipe avoir organisé les voyages de son protégé chez le Dr Fuentes, le personnage central de l'affaire de dopage Puerto.

"Jan ne pouvait pas se permettre d'être battu par des coureurs de seconde classe"

Rudy Pévenage relance les suspicions de dopage autour de Jan Ullrich. Jamais contrôlé positif, le coureur allemand avait toujours démenti son implication dans l'affaire Puerto, scandale dans le monde du cyclisme en 2006. Mais lundi, c'est l'un de ses proches, son ancien entraîneur belge Pévenage qui a révélé qu'il "organisait les voyages d'Ulrich chez Fuentes". Des affirmations étayées par un rapport d'enquête sorti fin 2009 dans la presse allemande, qui avaient établi qu'Ullrich avait consulté Fuentes à 24 reprises entre 2003 et 2006.

Le Flamand justifie le dopage du champion allemand, par des obligations de victoire, en plus de sa grande rivalité avec l'équipe de Lance Armstrong. "Avec tout l'argent qu'il gagnait, Jan ne pouvait pas se permettre d'être battu par des coureurs de seconde classe. Jan était stressé et il prenait même du poids à cause de ça. Aujourd'hui qu'il ne court plus du tout, il est plus maigre qu'en plein milieu de la saison. Le stress a empoisonné sa carrière".
A propos de Lance Armstrong, qui a dominé Ullrich dans le Tour de France de 2000 à 2005, Pévenage qualifie sa "métamorphose", après son cancer, de "tellement extraordinaire": "Je suis toujours convaincu que Jan était nettement plus fort physiquement."

Et d'ajouter : "A quoi ça servirait aujourd'hui de continuer à mentir ? Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'à ce moment-là, je n'avais pas l'impression de commettre une faute. Je connaissais beaucoup de clients de Fuentes, parmi lesquels des bons coureurs qui, eux, étaient au départ du Tour 2006. J'en connaissais aussi qui se oignaient chez d'autres médecins que Fuentes", affirme Pévenage.