Jo-Wilfried Tsonga
Le Français a laissé passer sa chance alors qu'il avait le match en main |

Tsonga laisse passer sa chance

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Alors qu'il menait deux sets à rien et 4-2 dans le troisième set face à Stanislas Wawrinka (N.14), Jo-Wilfried Tsonga (N.17) a laissé revenir son adversaire pour finalement s'incliner au troisième tour des Internationaux de France : 4-6, 6-7 (3/7), 7-6 (7/5), 6-2, 6-3 en plus que 4h de match. De quoi nourrir de légitimes regrets pour le Manceau. Le Suisse retrouvera en huitièmes de finale son compatriote, Roger Federer (N.3).

Un scénario comme on les aime, mais sans le happy-end. Tout semblait sourire à Jo-Wilfried Tsonga en cette fin d'après-midi glacial à Roland-Garros. Face à Stanislas Wawrinka, un adversaire qui ne l'avait jamais battu avant la rencontre, "Jo" récite ses gammes. Fidèle a sa philosophie, il se tourne plus vers l'avant et agresse son adversaire. Toujours décontracté, affichant un sourire complice avec le public même après ses fautes directes, serrant le poing et haranguant la foule après ses coups gagnants les plus spectaculaires. A ce jeu là,  Tsonga mena rapidement 6-4, 7-6 (7/3). Tout allait au mieux dans le meilleur des mondes et on s'imaginait déjà le Manceau rejoindre Monfils et Gasquet, fraîchement qualifiés pour le 4e tour. Mais tout s'est déréglé.

Il a manqué peu de choses à Jo-Wilfried Tsonga ce vendredi pour retrouver les joies d'un huitième de finale à la Porte d'Auteuil et faire aussi bien que la saison dernière. Certainement un peu de concentration lorsque le match ne devait plus lui échapper, au milieu du troisième set. Alors qu'il avait fait le plus dur en ravissant le service de son adversaire pour mener 4-2, Tsonga s'est écroulé. Un excès de confiance ? Peut-être un peu. Mais surtout un formidable réveil de son adversaire, remonté comme jamais et qui a trouvé les lignes avec une réussite qui ne le quitta plus jusqu'à la fin de match. Le Français tînt bon jusqu'au tie-break mais son issue était presque inéluctable vu la physionomie de la rencontre. Coup de froid sur le court Philippe Chatrier qui en plus de devoir résister aux 16° de ce vendredi accompagné de rafales de vent a vu l'ancien chef de file tricolore chuter. D'abord une première fois, au sens propre, lorsqu'il s'arracha pour jouer un passing remarquable de Wawrinka. "Un point m'a fait très mal, commentait Tsonga à l'issue de la rencontre, c'est ce passing qui sort de nulle part (qui permet à Wawrinka de revenir à 4-3 au troisième set). Ensuite j'avais l'impression qu'il ne faisait plus de fautes du tout. A un moment donné il a eu beaucoup de réussite et ça peut faire tourner un match." Ses supporteurs l'ont ensuite lentement observé chuter, au tableau des scores.

Tsonga : "A la fin, j'avais un début de crampes"

Bien sûr, il y eu un sursaut. Au début du quatrième set, certainement un peu émoussé par les efforts consentis, le numéro 2 suisse offrait sa mise en jeu suite à une série de fautes directes. Le Manceau empochait le bien sans se faire prier. Malheureusement pour lui, il servit trop peu de premières balles derrière pour concrétiser son avantage. Perdu sur le court, voyant ses frappes les plus lourdes renvoyées sans difficulté par Wawrinka, Tsonga s'est mis à dégoupiller et a cédé la manche sur un nouveau break : 6-2. Peu adroit en amorties, Tsonga ne parvenait pas à alterner suffisamment son jeu pour s'en sortir et s'inclinait 6-3 dans l'ultime manche après avoir gâché une balle de débreak. De quoi avoir des regrets, tant "Jo" a fait plaisir à voir pendant deux heures avant de peu à peu plier. "Je n'ai pas fait un mauvais Roland-Garros, commentait-il, c'est sûr que j'aurais pu passer aujourd'hui et jouer Federer derrière. Mais je ne suis pas si loin de mon objectif qui était de faire aussi bien que l'année dernière. A Wimbledon je serai encore plus fort. Et ensuite j'aurai six mois où je ne vais avoir aucun point à défendre. Je vais essayer d'en profiter pour atteindre le Top 10 sur la fin de l'année". Tout le mérite revient à Stanislas Wawrinka, impitoyable dans le money-time. En huitième de finale, il retrouvera son aîné, Roger Federer (N.3), face auquel il a souvent montré un sérieux complexe d'infériorité et ne s'est imposé qu'une seule fois en neuf oppositions.