Jo-Wilfried Tsonga - Roland-Garros 2012
Jo-Wilfried Tsonga devra revenir lundi pour finir son match | AFP - PATRICK KOVARIK

Tsonga fait durer le suspense

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Jo-Wilfried n'était pas si loin d'obtenir pour la première fois son billet pour les quarts de finale à Roland-Garros, lorsque la nuit a interrompu les débats alors que le Français menait 6-4, 7-6, 3-6, 3-6, 4-2 face à Stanislas Wawrinka. Mais il n'était pas aussi près que cela non plus, la faute à son jeu qui s'est délité au fil de la rencontre et à des sautes de concentration qui ont remis le Suisse dans le match. Il reviendra lundi pour essayer de conclure.

Jo-Wilfried Tsonga dont on craignait quelques mésaventures contre Wawrinka, n'a pas manqué à son habitude, avec des moments intenses et d'autres où il est sorti du match, des jeux bien négociés et d'autres où on l'a senti friable sous la pression, dans une partie qui était forcément un piège face à ce même joueur qui l'avait sorti du tournoi l'année dernière au 3e tour. Cette fois-ci pas de fioritures ni d'approximation pour le Français qui est entré immédiatement dans le vif du sujet , avec une envie de revanche. Porté par le public du central sous un soleil revenu, le Manceau a rapidement trouvé ses marques, en s'appliquant sur ses services pour enchaîner rapidement. Wawrinka qui sortait d'un match marathon deux jours plus tôt contre Gilles Simon a semblé subir dans cette première rapidement enlevé par Tsonga en 39'.

Mais loin de courber la tête, le Suisse a su élever son jeu, en venant conclure plus souvent sur son premier service, et en prenant davantage sa chance au filet. Tsonga heureusement  gardait le fil du match et ne cédait rien sur sa mise en jeu. Poussé au tie break, le Français s'en sortait avec un peu de réussite (8/6) et empochait le deuxième set. Mais déjà, il accusait quelques signes de nervosité en commettant des fautes par excès de précipitation.

Cette impression allait se confirmer dans le 3e set que le Suisse menait alors à sa main, profitant d'une carence de Tsonga à venir prendre le point sur son premier service alors que dans cette phase de jeu, Wawrinka connaissait 78% de réussite sur les retours. Il prenait réglièrement le Manceau, en insistant sur les montées aux filets. Cette variation  de coups dans un registre plus offensif mettait à mal la confiance de Jo-Wilfried Tsonga qui se faisait breaker deux fois et devait abandonner la 3e manche 6-3. Malheureusement pour lui, les choses ne s'amélioraient pas dans la manche suivante, puisqu'il se faisait breaker deux fois et se trouvait rapidement mener 4-O avant d'effacer un break avec beaucoup de volonté et de puissance mais pas tellement de gestes convaincants de nature à laisser penser qu'il allait pouvoir reprendre la direction du jeu. Dès que l'échange durait un peu, Wawrinka se sortait le mieux de la situation tandis que Tsonga tendait davantage à prendre la balle tôt pour conclure vite. Cette tactique lui permettait de rester en course (5-2) mais Wawrinka  remettait un coup d'accélérateur avec plusieurs coups droits qui faisaient mouche en prenant Tsonga à contre-pied. Le N.5 mondial lançait  ses forces dans la bataille, pour tenter un retour fracassant et éviter un cinquième où la fraîcheur risquait de devenir un facteur déterminant. Mais ses choix n'étaient pas toujours très judicieux. Pas assez percutants en tout cas, pour empêcher Wawrinka de revenir à deux sets partout (6-3 dans le quatrième) malgré qu'il ait eu une balle de break à 5-3.

Wawrinka sauvé par la nuit
Le cinquième set inévitable s'annonçait terrible entre deux joueurs amis dans la vie mais qui allaient encore une fois devoir en découdre. Tsonga démarrait pied au plancher mais avec toujours autant d'irrégularité puisqu'elle laissait filer cinq balles de break avant d'enfin réussir à prendre le sgervice de son adversaire un peu plus tard pour mener 3-1. Le Français toujours sous tension n'avait surtout pas envie d'en rester là et voulait finir avant la nuit. Il tentait alors des coups impossibles dont quelques uns déstabilisaient Wawrinka. Mais après deux ou trois bons enchaînements, c'est bien là le péché mignon de Tsonga -et souvent des joueurs français incapables de prendre les points décisifs dans les moments cruciaux- il se faisait reprendre et devait  de nouveau tout refaire au prix d'efforts qui laissaient des traces. Malgré tout, son jeu qui s'était délité lors deux sets précédents, retrouvait de la consistance alors que le Suisse accusait le coup. Tsonga n'était guère mieux physiquement et finalement, même s'il eût sans doute voulu plier les choses, la tombée de la nuit lui permettait d'en terminer là après 3h45 en se disant qu'il ne lui restera plus que deux jeux à inscrire pour enfin aller en quarts de finale à Roland-Garros.

Christian Grégoire