Yelena Isinbayeva
La perchiste russe Yelena Isinbaeva | AFP - FRANCK FIFE

Toute la Russie attend la Tsarine

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Ce mardi n'est pas un jour comme les autres pour Yelena Isinbaeva: c'est son jour, celui au terme duquel elle devrait en toute logique se retrouver auréolée d'un nouveau titre de championne du monde, avant peut-être d'abandonner sa perche. Celle que toute la Russie attend pour son apothéose n'a pas le droit de passer à côté.

Ce n'est pas un hasard si Yelena Isinbaeva est surnommée la Tsarine : elle attire les regards autant qu'elle inspire le respect. Et sans nul doute, un échec de sa part serait un tremblement de terre à Moscou. Assez discrète depuis le début des Mondiaux, la double championne du monde et championne olympique a tenu tout de même à apparaître rapidement dans les médias russes pour rassurer l'énorme public qui la soutient et l'encourage. C'est pour cette foule qui sera entièrement derrière elle au stade Loujniki que Yelena veut "une sortie triomphale". Pour cela, elle s'est parfaitement préparée, et la douleur à la jambe qui l'avait perturbée ne semble être qu'un mauvais souvenir: "ma jambe ne me pose plus de problème, je peux sauter à 100% de mes capacités".

"Pas de pression"

C'est que la diva de la perche sait qu'elle aura bien besoin d'être portée pour retrouver les sensations qui lui manquent depuis maintenant près de cinq ans et le titre olympique à Pékin. A 31 ans, elle n'a plus beaucoup de possibilités de rebondir. L'aura ne saurait suffire pour le peuple russe. Il lui faut un sacre. La demoiselle de Volgograd joue donc très gros, elle a rassuré son public autant qu'elle a tenté de se rassurer elle en déclarant sobrement: "je suis en bonne forme et il ne m'a fallu qu'un saut à 4,55 m pour me qualifier. Je n'ai pas la pression".   

Elle essaie de se persuader que c'est une épreuve comme les autres. C'est que derrière ce concours et le titre qu'elle attend, se pose aussi la question de sa fin de carrière. Une question qu'elle aborde volontiers mais sans donner de réponse. Elle ne veut en tout cas pas entendre parler de fin de carrière. Elle évoque plutôt "un break pour fonder une famille, avoir un enfant, et éventuellement revenir aux Mondiaux de Pékin en 2015". Tout dépendra peut-être de ce qui se passera ce mardi dans le ciel de Moscou. La championne aux 18 records du monde aura-t-elle ou non tenu son rang ?

Vidéo: fidèle au rendez-vous

Christian Grégoire