Yvon Sanquer portrait 2012
Yvon Sanquer | Maxppp

Yvon Sanquer : "chercher une victoire avec Nacer"

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Le manageur de Cofidis, Yvon Sanquer, a construit toute son équipe autour de Nacer Bouhanni, un personnage « timide » et « attachant ». Pour le patron des hommes en rouge, l’objectif sur ce Tour de France est d’aller « chercher une victoire d’étape » avec son leader. Promise à un sprinteur, cette deuxième étape disputée aujourd'hui entre Utrecht et Zélande, pourrait déjà être la bonne.

Avec Nacer Bouhanni dans vos rangs, comment avez-vous construit votre équipe ?
Yvon Sanquer : La présence de Nacer a été un axe prioritaire sur la composition de l’équipe, sachant qu’il faut trois coureurs dans le train minimum. Et nous avons avec Daniel Navarro une sorte de bipolarité, Daniel nous permettant d’être présent dans la montagne. Il nous fallait un ou deux coureurs polyvalents, et donc trois coureurs plutôt axés sur la montagne, mais parmi ces trois coureurs, deux sont capables de travailler en plaine pour aider Nacer.

L’essentiel de votre Tour de France va se jouer lors de la première semaine…
YS : C’est certain que sur tout ce qui va se jouer au sprint, on va être concerné. C’est vrai que l’on compte aller chercher une victoire d’étape avec Nacer. Après, on a deux ou trois éléments capables de s’illustrer aussi à titre individuel sur le reste des étapes, là où Nacer sera plus en retrait. Il est important d’avoir quelques éléments polyvalents. « Dani » aura un coup à jouer dans la montagne, je pense aussi à Julien Simon sur une étape de moyenne montagne.

Dans quel état étiez-vous lorsque vous avez appris que Nacer pouvait être forfait après sa chute dimanche ?
YS :
Dimanche soir, c’était compliqué. Quand on a focalisé un travail et mis en place des choses depuis des mois, que cela se construit… que l’on sélectionne aussi des coureurs pour ce projet… On a recruté des jeunes coureurs pour ça ! Quand il arrive un tel événement, c’est sûr que là on se demande comment on peut rebâtir au plus vite quelque chose, comment on peut redistribuer les cartes. Evidemment, en perdant un leader de la trempe de Nacer, les ambitions ne sont plus les mêmes. Cela aurait été une grosse déception. Même si trouver des solutions, c’est aussi notre job, cela aurait été difficile de remettre ça en place.

Quelles sont les principales qualités de votre leader ?
YS :
Malgré son jeune âge (bientôt 25 ans), Nacer est un grand professionnel. Le vélo, c’est sa vie. Il consacre tout au vélo, ne laisse rien au hasard, dans la diététique, à l’entraînement… Ensuite, c’est un mental hors norme. Il est entièrement focalisé sur la victoire, a des capacités à se surpasser, à se battre jusqu’à la dernière minute. Et quand il se met quelque chose en tête, c’est à 110% qu’il s’investit.

On le sent souvent sur la défensive, comment l’expliquez-vous ?
YS :
Le personnage est, au premier abord un peu dur comme ça. Je pense que Nacer est quelqu’un de timide, et encore jeune. Il a des responsabilités importantes, et par moments, on peut voir qu’il a des réactions épidermiques, mais au fond, c’est une personnalité attachante pour les gens qui le côtoient de près. C’est sa manière à lui de se protéger, d’avoir cet attitude un peu bourrue, mais dans la vie de l’équipe, c’est quelqu’un de convivial. Il aime bien rigoler avec les copains. Une fois qu’il connaît les gens, il arrive à se lâcher plus facilement.

Romain Bonte