Warren Barguil résiste, contre vents et marées

Warren Barguil résiste, contre vents et marées

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Rien ne semble affecter Warren Barguil, pas même la chaleur ni la pluie qui ont perturbé l’ensemble du peloton lors de la 12e étape qui menait au Plateau de Beille. Pour son premier Tour de France, le vainqueur du Tour de l’Avenir 2012 n’en finit pas de surprendre.

Barguil, c’est d’abord un sourire malicieux. La veille, il avait d’ailleurs fait rire les journalistes venus l’interviewer en déclarant qu’il avait « regardé dans les yeux » une vache qui aurait pu le renverser en traversant la route. Cette fois encore, il gardait cette fraîcheur, cet état d’esprit à la fois léger et combatif. Si son visage reste celui d’un jeune homme de 23 ans, le jeune champion en impose déjà par une grande maturité, sans doute le signe d’un avenir très prometteur.

Pointant à la 11e place, et conscient qu’il a une chance de bien figurer au classement général final, le Breton n’était pas très rassuré en début d’étape. « J’ai vraiment eu peur de connaître un gros jour sans. Quand ça a accéléré, je n’avais pas assez d’énergie pour y aller », a-t-il admis. Professionnel depuis trois ans, vainqueur de deux étapes sur la Vuelta 2013, et 8e du général du Tour d’Espagne l’an passé, Barguil a d’ores et déjà une bonne expérience des Grands Tours, et connaît bien ses sensations sur le vélo. « Je ne sens pas que j’ai les jambes de la Vuelta de l’an passé. Je n’ai pas trop récupéré après ma chute mais j’ai limité les dégâts », a –t-il résumé.

Mende dans le viseur

Comme un vieux briscard, Barguil a compris qu’il lui fallait un soutien pour terminer sans trop perdre de temps. Et ce soutien, il l’a trouvé sans difficulté en la personne de Tony Gallopin. « Avec lui, on s’entend bien. On ne se flingue pas. On essaie de perdre le moins de temps possible », a-t-il dit. Alors que les deux Français s’entendent bien, c’est moins le cas avec Andrew Talansky et Laurens Ten Dam, qui les accompagnaient. « Je pensais qu’ils allaient nous flinguer à la fin mais ils étaient un peu justes », a indiqué Barguil, un brin soulagé de ne compter que 9’43’’ de retard sur Chris Froome.

Les Pyrénées désormais dans le rétroviseur, le coureur de l’équipe Giant se prépare à une vivre une troisième semaine intense dans les Alpes. Sa priorité est donc la récupération, et l’étape de transition de vendredi arrive au bon moment. « A Mende, je peux espérer prendre du temps sur certains », a-t-il affirmé. « Les jambes, elles vont peut-être revenir. Avec l’enchaînement dans les Alpes, la fatigue se fera peut-être sentir et j’espère que je serai encore présent », a-t-il dit, conscient qu’il a sûrement les armes pour espérer boucler un belle Grande Boucle.

Romain Bonte