Voeckler micros sueurs
Thomas Voeckler tout colère | Laurent Brun / IN YELLOW consulting / DPPI media

Voeckler : "Je me suis fait énormément huer"

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Rouge d’un effort intense et de colère Thomas Voeckler à l’arrivée de la première étape du Tour de France, un contre-la-montre de 13,8 km. Le coureur d’Europcar s’est donné presque à fond sous une forte chaleur et s’est fait huer tout au long du parcours à cause d'une chute au cours d'une étape du Tour 2011 dont un néérlandais avait été victime et qui avait permis à Voeckler de terminer en jaune. « Il y avait de quoi péter les plombs », a indiqué l’un des chouchous du public français à l’arrivée.

C’était une arrivée d’étape classique. Face à nous, Thomas Voeckler reprenant son souffle. Marqué par l’effort et un gros hic en travers de la gorge, il a vite allumé la mèche en direction des supporters néerlandais. La foule immense n’a pas fêté tous les coureurs. Voeckler a été la cible de sifflets et hués pendant toute sa course. « Une fois n’est pas coutume. C’est pour les 99% des courses dans l’année ou je suis encouragé. Là je me suis plus fait huer. Enormément même », raconte Voeckler.

"Le pubic hollandais ne m'aime pas"

Dans les mémoires du public batave, la 9e étape du Tour 2011. Sur les routes auvergnates, Voeckler est échappé avec Flecha, Leon Sanchez, Casar et Hoogerland quand une voiture suiveuse veut doubler et fauche le Néerlandais et Flecha. Les « survivants » continuent et vont au bout. L’étape est pour Sanchez et le maillot jaune pour Voeckler. Le début d’une belle épopée née dans le chaos pour le Français. Le public orange avait décidé de lui faire payer. Il continue encore aujourd’hui. « Je sais que le Hollandais aime le vélo et qu’il ne m’aime pas depuis que Hoogerland est tombé en direction de St-Flour, explique le coureur d’Europcar. Je n’ai pas d’excuse à présenter. Si j’avais pu faire en sorte qu’il ne tombe pas, j’aurais été le premier à le faire. D’ailleurs on a gardé de très bons rapports. Malheureusement, le public n’a pas l’air de suivre. »

"Qu'ils restent chez eux"

Touché par ces huées, Voeckler a lutté pour se maîtriser. Le coup de sang n’était pas loin. « Je peux comprendre le ressenti de certains footballeurs quand ils pètent les plombs sur un terrain parce qu’aujourd’hui, même si ça n’a duré que 20 minutes et pas 90, j’ai essayé de ne pas perdre mon sang froid mais il y avait de quoi, avoue-t-il. Vous vous faites mal aux pattes et vous vous faites huer… Si ils ne sont pas là pour encourager tous les coureurs, le plus beau spectacle gratuit du monde, qu’ils restent chez eux. »